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«ON L’A TESTE, IL PEUT PRENDRE BALLA GAYE 2»
TAPHA GUEYE DONNE LE FEU VERT A GRIS BORDEAUX
 
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95358
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Moustapha Guèye, en compagnie de lac rose et de Gris Bordeaux, était dans la région de Kaffrine dimanche dernier plus précisément dans la commune de Nganda pour prendre part à un grand gala de lutte simple. À Kaffrine où il a fait escale à son retour, il nous a accordé un entretien dans lequel il a parlé des combats des pensionnaires de Fass, des brouilles qui parfois secouent l’écurie et de notre sport national dans certaines localités du pays.  Entretien

Quel commentaire faitesvous de l’accueil qui vous a été réservé ?

Oui, permettez-moi d’abord de remercier vivement toutes les populations du Ndoucoumane de cet accueil qui nous a été résérvé. Nous avons parcouru plusieurs kilomètres avant d’arriver dans la région de Kaffrine et partout où nous sommes passés, les populations nous ont très bien reçus. C’est bien d’aller à l’intérieur du pays et je regrette vraiment de ne pas être venu plus tôt dans cette commune de Nganda. De Kaffrine à Nganda, c’est plus d’une trentaine de kilomètres mais chaque cinquante mètres on s’arrête pour communier avec les populations et ça, vraiment, c’est génial. Ce voyage m’a permis de découvrir une autre facette de la culture sénégalaise qu’on ne trouve pas à Dakar, des notes de percussion que je viens de découvrir pour la première fois, des tambours que je n’ai jamais vus, une autre forme de danse des lutteurs (le Prim), une autre forme de lutte (Roffo) propres au Saloum et au Ndoucoumane… Les lutteurs de ces contrées ne sont certes pas des professionnels mais leur forme de lutte est belle à voir. 

il y avait aussi une forte présence des autorités...

C’est une très bonne chose. J’en profite pour demander aux autorités de cette localité d’aider ceux qui aiment la lutte en construisant des infrastructures sportives mais aussi des salles de fitness. En venant ici, nous avons traversé pas mal de villes où les salles de musculation se comptent par plusieurs dizaines alors que dans la région de Kaffrine il n’y en a pas. Il faut aider ces lutteurs de Kaffrine qui, il faut le dire, ne connaissent pas les techniques de l’entraînement et de préparation. Il y a de très bons lutteurs ici. J’ai vu des chutes qui à Dakar feraient partie du top 5. Je félicite le promoteur Aliou Tyson qui nous a invités à ce gala de lutte. Il est en train de faire de son mieux pour faire la promotion de la lutte dans son terroir.

Vous êtes directeur technique de Fass, quelle lecture faites-vous du début de saison de votre écurie ?

Dieu merci, on a eu un combat qu’on a remporté. Maintenant Lac Rose a un combat, de même que Papa Sow, Gris Bordeaux 2 certains espoirs de l’écurie ont chacun un combat. L’objectif, c’est vraiment d’avoir beaucoup de victoires. 

Souvent, on entend des brouilles à Fass. C’est quoi le problème ?

Fass est une écurie bien organisée. Ça veut dire quoi : ce sont les lutteurs qui dépendent de l’écurie et non le contraire. Dans les autres écuries, c’est l’écurie qui dépend du lutteur. Nous sommes une structure où tout le monde respecte le règlement intérieur. Si on n’a empêché Gris d’aller négocier ses combats, c’est parce que l’écurie a ses lois et règlements. Mais parfois il y a des détails qui ne plaisent pas, des propos qui sortent dans la presse malencontreusement, et ce n’est pas bon. Mais toujours est-il que l’écurie Fass est une grande entité, on a tenu des AG où nous avons expliqué à tout le monde le règlement et je crois qu’à ce niveau, tout se passe bien à Fass. La preuve, je suis à Kaffrine avec Gris, Lac ; Papa Sow devait être là mais il est un peu pris. Que les gens prient pour nous.

Lac Rose / Moussa Ndoye est calé pour le 30 avril, où en êtes-vous avec les préparatifs ?

Lac Rose et Moussa Ndoye sont de potentiels adversaires. Si on prend ses derniers combats, Moussa Ndoye a vraiment progréssé. Lac Rose et Moussa Ndoye ont terrassé le même lutteur : Modou Anta de Thiès. Ensuite, Moussa Ndoye a terrassé Tonnerre. Lac Rose avait une défaite et par la suite il avait contracté une blessure. Il est revenu, il a repris les entraînements, le combat est prévu pour le 30 avril et nous préparons notre poulain. 

Et Gris / Balla, pour certains le blocage se situe au niveau de Fass ?

Vous savez pour monter un combat il y a des démarches à faire. En tant que directeur technique de Fass, Luck Nicolaï m’a appelé au téléphone pour me dire qu’il veut ce combat. Ensuite, je l’ai dit au président de l’écurie Fass. Ce dernier m’a demandé d’en parler avec Gris. Mais il s’est trouvé que la veille, Lamine Samba dans son émission sur la TFM avait parlé d’une certaine façon, comme si le combat était effectif. Alors Fass n’était pas content et nous avons demandé à Gris de revenir et de travailler jusqu’à ce qu’il soit au top. Comme ça, les gens le verront et plus tard on acceptera que le combat ait lieu. Maintenant Gris nous a rejoints, il a repris les entraînements. On l’a testé et on pense qu’il peut prendre ce combat. On l’a libéré depuis le vendredi dernier à 2h du matin pour qu’il puisse prendre le combat.

Quelle analyse faites-vous de Papa Sow / Ama Baldé ? 

Initialement prévu au mois de mai, le combat aura finalement lieu au mois de juillet, en fin de saison. Mais là, il va falloir qu’on revoie la préparation parce qu’il reste encore quelques mois. Il a un adversaire qui est une valeur sûre de notre sport national. Pour moi, Ama Baldé est favori à plus de 50% mais c’est à Papa Sow d’user de son expérience. Papa peut sortir de ce combat la tête haute parce que techniquement, il est fort. Et il peut mettre en exergue sa technicité et peut-être qu’il va utiliser sa force pour gagner ce combat. Le public aura droit à un très bon duel.

En venant à Kaffrine, vous êtes passé par Kaolack, qu’avez-vous ressenti ? 

Oui, Kaolack le fief de Mame Ndieumbane et de Tyson ! Pour la petite histoire lors du face-à-face Tyson / Gris en 2015 au stade Lamine Guèye, les Kaolackois avaient concocté un plan : si Gris parle ce sont des huées et si Mike parle c’est des applaudissements. Je suis intervenu en tendant mes mains vers le public et les huées ont cessé. Donc, Kaolack est une ville où les gens aiment la lutte et il y a des sportifs aussi. S’agissant de Tyson, je crois que sa carrière est derrière lui et il ne pourra plus faire ce qu’il a déjà fait. Il a bien défendu les couleurs de Kaolack, il a aussi fait que le nom de Kaolack soit connu partout. Je le salue ainsi que sa famille qui est à Ndangane. Quant à Mame Ndieumbane, on avait lutté en 1992 et je l’avais terrassé. D’ailleurs c’est le plus beau succès de ma carrière. Et bizarrement, cette victoire sur un Kaolackois a eu un effet sur moi car c’est un Kaolackois qui a un peu freiné ma carrière en 1997, et c’est Tyson. Vous voyez, c’est ça le sport aussi. 

Dans le film «l’appel des arènes», vous avez vraiment surpris vos admirateurs, Tapha Guèye va-t-il renouveler l’expérience ?

(Rires) Parfois, on me contacte pour des films mais vous savez le tournage d’un film demande beaucoup de temps et d’énergie, et là vraiment je n’ai plus ce temps. J’ai plein de choses à faire : je voyage beaucoup, j’encadre les lutteurs de notre écurie, il y a les émissions à la télé. Pour le moment, je n’ai pas assez de temps. 

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