(SenePlus) - La bataille juridique pour l'attribution officielle de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 s'enlise. Saisi par le Sénégal, déchu de son titre sur tapis vert au profit du Maroc, le Tribunal arbitral du sport (TAS) devra trancher dans le cadre d'une procédure classique. Le Maroc s'est en effet opposé à la procédure d'urgence réclamée par Dakar, prolongeant le suspense pour de longs mois.
Le vainqueur de la CAN 2025 ne sera pas connu de sitôt. Près d'un mois après la décision choc de la Confédération africaine de football (CAF) d'attribuer la victoire finale au Maroc sur tapis vert, la guerre des nerfs se poursuit devant les instances internationales. Comme le révèle Sport News Africa ce 14 avril 2026, le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne, devra instruire le dossier selon un calendrier ordinaire, étirant la procédure sur plusieurs mois.
Après le verdict en appel de la CAF le 17 mars 2026, déclarant le Sénégal perdant par forfait (3-0) d'une finale chaotique qu'il avait pourtant remportée sur le terrain (1-0), la Fédération sénégalaise de football (FSF) a logiquement fait appel devant le TAS. Dénonçant le « braquage administratif le plus grossier de l'histoire » de ce sport, Dakar espérait obtenir gain de cause rapidement en sollicitant une procédure accélérée.
Une procédure expresse, possible uniquement avec l'accord de toutes les parties concernées, aurait permis de réduire le délai de jugement à environ deux mois. Mais cette option a été catégoriquement rejetée par la Fédération royale marocaine de football.
Entre 9 et 12 mois d'attente
La partie marocaine a fait valoir son droit à bénéficier d'un temps de préparation suffisant pour élaborer une défense solide face aux enjeux sportifs, juridiques et symboliques colossaux que représente ce dossier. Par ce refus, le Maroc s'assure d'une instruction longue et minutieuse, obligeant les juges du TAS à respecter les délais incompressibles de dépôt des mémoires, des réponses et de l'organisation d'une éventuelle audience.
En l'état actuel du droit, le refus marocain impose le recours à la procédure arbitrale classique. Selon les avocats mandatés par la Fédération sénégalaise, ce type de contentieux tentaculaire s'étire généralement sur une période allant de 9 à 12 mois. Un délai particulièrement long qui installe le football africain dans une situation inédite et juridiquement complexe.
En effet, la saisine du TAS n'étant pas suspensive par nature, la décision du jury d'appel de la CAF reste applicable jusqu'au jugement final. Par conséquent, Sport News Africa souligne un incroyable paradoxe : si le trophée de la CAN 2025 se trouve physiquement toujours à Dakar, c'est bel et bien l'équipe nationale du Maroc qui abordera les prochaines échéances internationales, dont les qualifications pour la Coupe du monde, avec le statut officiel de champion d'Afrique en titre. Une situation ubuesque qui fait peser une lourde hypothèque sur la crédibilité des instances du football continental.