(SenePlus) - À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’hypertension artérielle célébrée le 17 mai, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique du Sénégal a lancé un appel à la prévention face à une maladie qualifiée de « silencieuse », mais responsable de graves complications cardiovasculaires.
Dans un message adressé aux populations, les autorités sanitaires ont insisté sur la nécessité d’adopter des gestes simples au quotidien afin de prévenir et contrôler l’hypertension artérielle (HTA), une affection caractérisée par une pression sanguine trop élevée dans les vaisseaux. Selon les spécialistes, une tension artérielle égale ou supérieure à 140/90 mmHg constitue un signe d’hypertension.
Le ministère rappelle que cette maladie évolue souvent sans symptômes apparents, ce qui rend le dépistage régulier indispensable. « La seule façon de savoir si l’on souffre d’hypertension est de faire contrôler sa tension artérielle », souligne le document publié à l’occasion de cette journée mondiale.
Les autorités sanitaires mettent également en garde contre plusieurs facteurs de risque associés aux maladies cardiovasculaires. Parmi les facteurs non modifiables figurent l’âge avancé, le sexe et les antécédents familiaux. D’autres facteurs, en revanche, peuvent être évités ou réduits grâce à de meilleures habitudes de vie, notamment le tabagisme, l’alcool, une alimentation trop salée ou trop grasse, le manque d’activité physique, le diabète, le cholestérol élevé ainsi que le surpoids.
Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique du Sénégal recommande ainsi une alimentation saine et équilibrée, privilégiant les fruits, légumes, céréales complètes, poissons et huiles végétales, tout en limitant fortement la consommation de sel à moins de cinq grammes par jour. Les autorités préconisent également la pratique quotidienne d’au moins trente minutes d’activité physique modérée, l’arrêt du tabac et de l’alcool, ainsi qu’un suivi rigoureux des traitements médicaux prescrits.
Le département de la Santé insiste sur le fait qu’un changement de mode de vie associé à des mesures hygiéno-diététiques peut contribuer à réduire considérablement les risques liés à l’hypertension artérielle.
Les complications liées à cette maladie peuvent être particulièrement graves. Le ministère cite notamment les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les crises cardiaques, l’insuffisance cardiaque, les maladies rénales chroniques, les atteintes oculaires ainsi que certaines formes de déclin cognitif ou de démence.
Les dernières données de l’enquête STEPS 2024 révèlent une prévalence de l’hypertension artérielle de 24,5 % chez les personnes âgées de 18 à 69 ans au Sénégal. Cette proportion augmente fortement avec l’âge, atteignant 42,9 % chez les personnes de 44 à 59 ans et 57,4 % chez les 60 à 69 ans.
Selon le profil pays 2019 de l’Organisation mondiale de la santé, les maladies non transmissibles sont responsables de 53 % des décès au Sénégal, illustrant l’importance croissante des maladies cardiovasculaires dans les enjeux de santé publique du pays.