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Par Mouhamadou Diang Diallo
Les enjeux de l’éducation et de la formation pour un peuple conscient des enjeux
Des indépendances à nos jours, un constat semble établi : la politique semble se faire au détriment du peuple au nom duquel, paradoxalement, tous ses acteurs jurent
 
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1003954
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Des indépendances à nos jours, un constat semble établi : la politique semble se faire au détriment du peuple au nom duquel, paradoxalement, tous ses acteurs jurent. Il est préoccupant de noter que le discours de promesse domine largement celui plus mesuré du réalisme. Même s'il est vrai qu'en politique il faut savoir faire rêver, il faut dire aussi que le contexte africain suscite de profondes interrogations. 

En effet, nos compères asiatiques qui ont pris les indépendances pratiquement dans les mêmes conditions que nous semblent suivre des trajectoires plus prometteuses, ou du moins plus efficaces. Ce qui frappe chez-nous, c'est le sentiment que nos Hommes politiques semblent surfer sur l'ignorance du peuple pour conquérir et exercer le pouvoir. Dans l'opposition, tous les moyens sont bons pour berner l'électorat. Une fois aux affaires, ce qui compte c'est de perdurer. Il n'y a pas de moments de répit, il n'y a pas de moments de travail, il n'y a que des moments politiques. Sitôt qu'une élection est achevée, la campagne pour les joutes suivantes est lancée ! 

Plongeant la République dans un sentiment continu de tiraillements, de conquête ou reconquête. Ces pratiques impactent tout le fonctionnement du pays. Elles se manifestent jusqu'au traitement salarial d'une certaine catégorie de fonctionnaires, parce que considérée faiseur de roi, au détriment d'autres non moins méritantes, mais sans poids électoral apparent. L'une des conséquences majeure est une ébullition constante du front social à travers des notes répétitives de grève sur fond de réclamation d'un système de rémunération plus juste ou d'augmentations de salaire. Quand nos universitaires n'hésitent plus à migrer dans la sous-région, c'est que le mal est certainement profond. La recherche ne s'accommode pas de soucis de locations ou de factures à payer. Il ne s'agit pas d'une simple collaboration entre sachants, il s'agit de trouver de meilleures conditions d'exercice de leur métier. Et c'est une situation qui mérite l'attention de tous. D'ailleurs l'absence de lumières de la trempe de Cheikh Anta Diop depuis les années 1980 illustre à suffisance ce mal-être social de nos penseurs. La réflexion est un art qui nécessite un minimum de sérénité ! 

L’URGENCE DE L'INSTRUCTION ET DE LA FORMATION 

Le devoir de responsabilité voudrait que le combat hautement patriotique d'instruction de la masse soit mené avec le plus grand sérieux. L'idée étant d'avoir un peuple formé dans sa majorité, capable d'analyser les enjeux et de se faire son avis sur des questions aussi fondamentales que celles qui traitent de la destinée de la nation. Pour cela, Il faut nécessairement un sens ultime de l'altruisme. Notamment pour oublier les privilèges de l'exercice du pouvoir et se concentrer sur une tâche qui va définitivement mettre le pays sur le chemin de la véritable liberté : celle de penser par soi-même. D'ailleurs, pendant qu'un pays comme le Singapour frôle les 99% de taux d'alphabétisation, nous peinons à dépasser les 60% par rapport à un pays ayant accédé à la souveraineté universelle cinq ans après nous. Notre situation n'est pas très différente de celle des autres pays africains, indépendants depuis les années 1960 ; l'Afrique accuse un retard criard dans l'instruction de sa population. Cette situation devient alarmante si on la combine à notre forte démographie. 

En effet, les prévisions font état d'une population aux alentours de 2,5 milliards d'âmes à l'horizon 2050, soit le quart de la population mondiale à cette période. Il devient donc extrêmement urgent de nous éduquer, de nous former, pour que ce poids ne devienne pas un fardeau. Au contraire, pour que ce nombre soit une force à tout point de vue. La démocratie, pour Jürgen Habermas, n’est pas seulement un mécanisme électoral ; elle est une pratique de la raison publique, un lieu où les arguments doivent l’emporter sur les cris et les menaces. Il soutient que cette idée est plus fragile qu’on ne le croit. Elle suppose, selon lui, un espace public vivant, une presse libre, des citoyens capables d’argumenter et de contester. Cette dernière caractéristique nécessite un minimum d'instruction et de formation. 

L'URGENCE DE SE METTRE A NIVEAU ! 

Tous les domaines de notre siècle sont une urgence pour nous : des Hi-Tech à l'intelligence artificielle, en passant par les infrastructures modernes, et surtout la vulgarisation de la pratique scientifique. Nous avons beaucoup à faire pour nous permettre de ne vivre que de politique. Et tant que la gestion des affaires de la cité est une affaire de privilèges au lieu d'être un exercice sacerdotal, ce n'est pas demain qu'on sortira de l'ornière. Il ne s'agit pas d'être un oiseau de mauvais augure, mais d'être réaliste et pragmatique. La politique est une affaire de gentleman, dit-on. Elle nécessite beaucoup de noblesse et de hauteur. Elle doit être pratiquée au nom de la République, seule point de référence, pour ne pas dire d'ancrage pour tous les acteurs ! Et c'est effarant de noter qu'elle est devenue le terrain de jeu favori des incultes. Il s'ensuit naturellement des écarts de langage regrettables, et ce sont les institutions de la République qui en prennent pour leur grade ! Et en ces temps de célébration de notre accession à la souveraineté universelle, il serait peut-être bien de s'arrêter et de se poser de sérieuses questions quant à notre rapport avec la chose politique. 

Mouhamadou Diang DIALLO 
Lycée Darou Mouhty

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