La CNTS maintient son mot d'ordre de grève
Aucun compromis n'a été trouvé entre la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) et le ministère chargé du Travail. À l'issue d'une rencontre organisée dans la soirée d’hier, la centrale syndicale a décidé de maintenir la grève générale prévue ce vendredi 10 juillet 2026. Dans un communiqué signé par son secrétaire général, Mody Guiro, la CNTS estime que les échanges avec les autorités n'ont débouché sur « rien de concret », laissant les revendications des travailleurs sans réponse satisfaisante. Considérant que les négociations n'ont pas permis d'enregistrer d'avancées significatives, la centrale syndicale invite ses militants et l'ensemble des travailleurs à poursuivre la mobilisation. La CNTS réaffirme ainsi son appel au respect du mot d'ordre de grève pour ce vendredi, tout en affichant sa volonté de poursuivre son action jusqu'à l'obtention de réponses jugées satisfaisantes à ses revendications.
Alassane Ndoye et Cie se désolidarisent de la grève
Pour n'avoir pas été associée lors de la grève générale de Mars et Avril dernier, la Fédération des syndicats de transport routier (Fstr) de Alassane Ndoye a décidé de se désolidariser de la grève générale nationale des centrales syndicales regroupées autour du Front syndical pour la défense du travail (Fsdt). «Nous n'avons pas été consultés pour cette grève générale des centrales. Donc, nous n'en ferons pas partie», a fait comprendre le coordonnateur du Fstr, Alassane Ndoye, par ailleurs, secrétaire général actuel du syndicat national des travailleurs des transports routiers du Sénégal (Snttrs). Le chargé de communication de la Fédération des syndicats de transport routier ajoute qu’ils n’ont pas été contactés par les centrales syndicales. Justifiant encore leur opposition à la grève, Alassane Ndoye soutient : « Nous avons été en grève générale pendant presque 15 jours seuls au front. Les centrales syndicales n’avaient pas bougé. Elles ont préféré se taire sur nos problèmes. Et, nous nous sommes battus seuls pour obtenir gain de cause».
Coalition Diomaye Président
La Coalition Diomaye-Président a réagi à la décision n°6/C/2026 rendue ce 9 juillet 2026 par le Conseil constitutionnel, qui a déclaré contraire à la Constitution la loi adoptée par l'Assemblée nationale le 29 juin 2026. Dans un communiqué, la coalition félicite le président de la République, qu'elle présente comme le «gardien de la Constitution», pour avoir engagé cette démarche qu'elle qualifie de démocratique. Elle salue également sa détermination à défendre la Constitution et à veiller au respect de la loi. La Coalition Diomaye-Président encourage enfin le chef de l'État à poursuivre les consultations en cours sur les réformes institutionnelles, estimant qu'elles contribueront à consolider la démocratie sénégalaise.
Audience au Palais
Bassirou Diomaye Faye a accordé hier deux audiences à caractère économique au Palais de la République, confirmant la dynamique de mobilisation des partenaires financiers et des investisseurs autour de la Vision Sénégal 2050. Le chef de l'État a d'abord reçu le Dr Fahad Al Dossari, président du conseil d'administration de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA). À l'issue de cette rencontre, cette institution, partenaire historique du continent africain, a réaffirmé son engagement à accompagner la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050, notamment à travers le financement d'infrastructures grâce à des mécanismes innovants. Le Président Bassirou Diomaye Faye s'est ensuite entretenu avec Jaber Mazen, directeur général de COTRAPA, une entreprise spécialisée dans l'exportation de produits de grande consommation vers l'Afrique. Au cours de l'audience, le dirigeant a présenté plusieurs projets innovants destinés à contribuer à la transformation économique du Sénégal et à soutenir une croissance durable. Ces différentes audiences illustrent le renforcement de l'attractivité du Sénégal auprès des partenaires internationaux et des investisseurs privés. Elles témoignent également de la confiance accordée aux réformes engagées par les autorités pour concrétiser les ambitions de développement portées par la Vision Sénégal 2050.
Plus de 1 000 victimes d'accidents du travail
Le Sénégal a enregistré une hausse des accidents du travail et des maladies professionnelles en 2025. Selon le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, 1 041 victimes ont été recensées cette année, contre 975 en 2024. Présentant hier les conclusions du Rapport annuel des statistiques du travail (RAST) 2025, le ministre a souligné que cette augmentation est intervenue malgré les efforts déployés pour renforcer la prévention des risques professionnels. À ce titre, 96 comités d'hygiène et de sécurité du travail ont été installés en 2025, soit quatre de plus que l'année précédente. Mamadou Lamine Dianté a appelé à poursuivre et à renforcer les initiatives visant à améliorer la sécurité et la santé des travailleurs sur les lieux de travail. Abordant également la question de la protection sociale, le ministre a indiqué que l'Institution de prévoyance retraite du Sénégal (IPRES) a enregistré, en 2025, 42 315 adhérents et 582 942 participants, témoignant de l'élargissement progressif de la couverture sociale des travailleurs.
L’Etat perd dans l’affaire Cité Fayçal
Les habitants de la cité Fayçal peuvent désormais souffler. La Cour suprême a définitivement annulé, ce jeudi 9 juillet, les décisions de résiliation des baux pris par la Société de gestion et d'exploitation du patrimoine bâti de l'État(SOGEPA), mettant ainsi un terme à un long bras de fer judiciaire avec l'État du Sénégal. Cette décision consacre la victoire des résidents, parmi lesquels figurent plusieurs anciens hauts fonctionnaires. Assistés par Mes Seydou Diagne et Saer Lo Thiam, ils avaient saisi la justice pour dénoncer une procédure qu'ils jugeaient contraire à leurs droits. L'arrêt de la haute juridiction met fin aux menaces d'expulsion qui pesaient sur eux depuis près de deux ans. À l'origine de l'affaire, la SOGEPA avait lancé, en août 2024, une opération visant à mettre fin aux contrats d'occupation des villas de la cité de Golf Sud, à Guédiawaye. Quelques mois plus tard, en février 2025, les occupants avaient été sommés de quitter les lieux dans un délai de six mois. Pour justifier cette mesure, la société publique estimait que les contrats conclus sous l'ancien régime ne pouvaient être assimilés à des baux emphytéotiques de 99 ans. Selon elle, ces conventions ne remplissaient pas les exigences prévues par la loi, notamment l'absence d'un décret d'approbation et d'une inscription au Livre foncier. Avant cette décision sur le fond, la Cour suprême était déjà intervenue à deux reprises. En août 2025, elle avait suspendu la procédure d'expulsion en référé. Quelques semaines plus tard, elle avait rejeté la demande de la SOGEPA visant à faire annuler cette suspension, laissant les occupants dans les lieux jusqu'au jugement définitif. Avec cet arrêt, la Cour suprême clôt définitivement le contentieux et conforte les droits des résidents de la cité Fayçal, qui conservent leurs logements après plusieurs années d'incertitude judiciaire.
Sonko convoque le Bureau de l’Assemblée
Le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a convoqué les membres du Bureau de l'institution parlementaire à une réunion prévue aujourd’hui à 15 heures. La rencontre se tiendra dans la salle de conférence de la Présidence, située au 4e niveau du siège de l'Assemblée nationale. Selon la convocation datée du 9 juillet 2026, l'ordre du jour porte exclusivement sur un point intitulé «Informations». Aucun autre détail n'a été communiqué sur les sujets qui seront abordés au cours de cette réunion. cause par l'Etat.
L'intersyndicale de la CSS exige la fin de l'anarchie
L’intersyndicale des travailleurs de la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS) a tapé du poing sur la table hier, lors d’un point de presse. Le véritable point de friction réside dans l’estimation des besoins pour la période allant de septembre à novembre 2026. La DCI régionale a évalué le gap à combler par l’importation à précisément 60 000 tonnes. Pour l’intersyndicale, dépasser ce quota relèverait du sabotage économique. Les syndicats gardent en mémoire le traumatisme de la crise de 2025. Une ouverture «trop précoce» des vannes d’importation en juillet avait inondé le pays avec 160 000 tonnes de sucre importé, contre un besoin réel de 60 000 tonnes. «Nous avons dû démarrer la campagne avec nos magasins remplis de sucre», s’est indigné le porte-parole, rappelant que cette mévente généralisée avait paralysé les ventes de la CSS jusqu’en février 2026. Les répercussions financières de cette erreur politique ont été abyssales : au 31 décembre 2025, l’entreprise affichait une dette bancaire colossale de 75 milliards de FCFA. Pour les onze syndicats mobilisés, cette mauvaise gestion des quotas d’importation est une menace directe pour l’emploi local. La CSS fait vivre la région avec plus de 7 500 travailleurs, composés à 99%de Sénégalais et d’Africains, dont la moyenne d’âge est de 45 ans. La crise de la mévente a touché de plein fouet les personnels saisonniers, dont le retour à l’usine a été massivement différé l’année dernière. «Un travailleur qui ne travaille pas est un père ou une mère de famille confronté au chômage. Dans le contexte économique actuel, cette situation expose de nombreuses familles à une grande précarité», a martelé l’Intersyndicale. Refusant que cette «force vive ne soit sacrifiée sur l’autel d’intérêts de tierces personnes», les syndicats ont interpellé le ministère de l’Industrie et du Commerce. Ils réclament le gel des DIPA abusives pour permettre à l’entreprise de démarrer la campagne 2026-2027 sous de meilleurs auspices. Par ailleurs, les représentants des travailleurs ont tenu à lever toute inquiétude sur l’approvisionnement des ménages à l’approche des grands événements religieux que sont le Magal de Touba, le Gamou et l’Assomption. Suite à une réunion tripartite avec la Direction du Commerce Intérieur (DCI) en juin, les stocks disponibles s’élevaient à 70 000 tonnes entre Richard-Toll et Dakar. Les réserves de la CSS tournent encore autour de 50 000 tonnes.
Mort de Abdoulaye Ba
L'intersyndicale des travailleurs du Centre des Œuvres universitaires de Dakar (COUD) est montée au créneau pour défendre les trois agents mis en cause dans l'enquête sur le décès de l'étudiant Abdoulaye Bâ. Réunis en assemblée générale, les syndicalistes ont réclamé un non-lieu en faveur de Cheikh Mbacké Diop, Moussa Thiombane et Makhtar Thiam, actuellement placés sous contrôle judiciaire. Les représentants des travailleurs estiment que leurs collègues sont injustement poursuivis et dénoncent une orientation de l'enquête qu'ils jugent partiale. Selon eux, les trois agents n'étaient pas présents sur les lieux des affrontements survenus le 9 février, jour de la mort de l'étudiant. Le secrétaire général de l'intersyndicale, El Hadji Lamine Seydi, a rappelé que d'autres décès d'étudiants ont été enregistrés par le passé sans que des agents du COUD ne soient mis en cause. Il soutient que les images des événements ne montrent pas les agents du Centre participant aux violences ou aux dégradations observées lors des opérations de maintien de l'ordre. Pour les syndicalistes, les poursuites engagées contre leurs collègues relèvent d'une volonté de faire des agents du COUDdes «boucs émissaires».Ils appellent à une manifestation impartiale de la vérité et estiment que les inculpations pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui ne reposent sur aucun élément cohérent. L'intersyndicale critique également le fait que l'enquête soit conduite par la police, qu'elle considère en situation de «juge et partie». Elle demande au magistrat chargé du dossier de mener ses propres investigations, sollicite l'implication des organisations de défense des droits humains et réclame que l'enquête soit retirée à la police pour être confiée à la gendarmerie nationale. Au nom des travailleurs, El Hadji Amadou Niang a réaffirmé l'exigence d'un non-lieu en faveur des trois agents, tout en appelant les autorités à garantir une enquête indépendante afin d'établir les responsabilités de manière objective.