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L'Iran dicte ses conditions à Washington, selon Jeremy Scahill
Le journaliste Jeremy Scahill affirme que Téhéran estime détenir les "trois M" qui mettent Trump en échec : munitions, marchés et midterms
 
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1004524
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  • https://www.youtube.com/watch?v=gaFyF0-eqCA

(SenePlus) - Alors que le conflit entre en son 61e jour, le cofondateur de Drop Site News affirme que Téhéran dicte désormais ses propres conditions tandis que l'administration Trump s'enfonce dans l'impasse.

Les négociations entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre sont au point mort, mais contrairement au récit dominant dans les médias occidentaux, c'est l'administration Trump qui se trouve en état de "chaos total", et non le régime iranien. C'est la thèse défendue par Jeremy Scahill, cofondateur de Drop Site News, dans une interview accordée à Democracy Now.

"Loin d'être en désarroi comme Trump et ses alliés médiatiques l'ont dépeint, c'est l'administration Trump qui est dans un état de chaos total, de crises de nerfs erratiques", explique le journaliste d'investigation. Selon ses sources iraniennes, Téhéran refuse catégoriquement de rencontrer les émissaires américains – que ce soit le vice-président JD Vance, Jared Kushner ou Steve Witkoff – et mène sa propre tournée diplomatique pour établir ses conditions.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s'est ainsi rendu au Pakistan, à Oman et en Russie, où il a rencontré le président Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg. La position iranienne est claire : levée du blocus naval américain dans le détroit d'Ormuz d'abord, discussions sur la réouverture commerciale du détroit ensuite, et seulement après, retour aux négociations nucléaires.

"Les trois M" : la stratégie de l'Iran face à Trump

Jeremy Scahill révèle que les Iraniens estiment détenir ce qu'ils appellent "les trois M" : munitions, marchés et midterms (élections de mi-mandat américaines). "Ils pensent avoir infligé des dommages sans précédent aux capacités défensives américaines dans le Golfe Persique. Ils ont provoqué l'évacuation de 13 bases militaires américaines", rapporte-t-il.

Le journaliste ajoute que les forces iraniennes ont détruit des systèmes radar d'alerte précoce très coûteux et endommagé de nombreux avions américains, une information qui ne fait que commencer à émerger. Face à la posture asymétrique iranienne dans le détroit d'Ormuz, "les États-Unis sont incapables de confronter l'Iran", affirme Scahill.

Concernant les négociations, le cofondateur de Drop Site News dénonce une "construction narrative de propagande totale" reprise par presque tous les médias occidentaux. "Ce qui se passe réellement n'a rien à voir avec cela. Ce que l'Iran a fait, c'est briefer le Pakistan, qui est actuellement le pays médiateur", précise-t-il.

Une crise politique pour Trump, un précédent historique

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a sommé l'Iran d'abandonner "de manière significative et vérifiable" son programme nucléaire, faute de quoi le régime verra "son état économique fragile s'effondrer sous la pression implacable de la puissance américaine". Mais selon Scahill, c'est précisément cette pression qui ne fonctionne pas.

"Les marchés sont en chute libre en ce moment. Peu importe ce que fait Trump, ça ne va pas s'améliorer. S'il recommence à bombarder l'Iran, ils disent qu'ils vont frapper les infrastructures pétrolières du Golfe Persique", alerte le journaliste. L'Iran menace également de couper les câbles internet sous-marins, ce qui "perturberait massivement le commerce et Internet".

Même le chancelier allemand Friedrich Merz, pourtant proche de Trump, a déclaré lundi que l'administration américaine était "déjouée et humiliée" par l'Iran. "Le fait que même les caniches des États-Unis comme Friedrich Merz disent cela ouvertement est un indicateur fort que le jeu est terminé", commente Scahill.

Le Croissant-Rouge iranien a annoncé samedi avoir soumis des preuves à la Cour pénale internationale documentant des crimes de guerre américano-israéliens, estimant à plus de 132 000 le nombre de structures civiles bombardées à travers l'Iran. Malgré cette destruction massive, Jeremy Scahill souligne qu'"il n'existe aucun précédent historique" d'un pays dont les dirigeants ont été assassinés et qui a ensuite mené des frappes de représailles ayant "combattu la superpuissance mondiale jusqu'à l'impasse".

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