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Par Mamadou Koumé
La copie très pâle de Sadio et compagnie
Encaisser six buts en deux matches et les perdre tous les deux : cela n’était encore jamais arrivé à l’équipe nationale du Sénégal en Coupe du monde. Sans un sursaut d’orgueil, le parcours des Lions pourrait s’arrêter sans gloire vendredi à Toronto
 
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Encaisser six buts en deux matches et les perdre tous les deux : cela n’était encore jamais arrivé à l’équipe nationale du Sénégal en Coupe du monde. Sans un sursaut d’orgueil, le parcours des Lions pourrait s’arrêter sans gloire vendredi à Toronto.

Il leur faudra aller chercher un bon résultat contre l’Irak, supposée être l’équipe la plus faible du groupe, mais qui se trouve dans la même situation : aucun point après deux rencontres.

On savait que le Sénégal était tombé dans un groupe très relevé, avec la France, qui vise un troisième titre mondial au regard de la qualité de son effectif, et la Norvège, force montante du football européen emmenée par un attaquant de classe mondiale, Erling Haaland.

On attendait des Lions qu’ils élèvent leur niveau de jeu et défendent pleinement leurs chances. Mais il faut bien l’avouer : Sadio Mané et ses coéquipiers ont rendu une copie bien pâle lors de leurs deux premiers matches. On n’a pas reconnu la belle équipe qui avait émerveillé ses supporters en janvier dernier au Maroc. C’est presque le fantôme de ce collectif séduisant qu’il nous a été donné de voir jusque‐là.

Le collectif manque de cohésion et les individualités censées l’animer ne sont pas dans les meilleures dispositions. Conséquence : l’équipe peine à développer son jeu. Elle apparaît fébrile en défense, peu imaginative au milieu de terrain et impuissante en attaque. Kalidou Koulibaly, Sadio Mané, Idrissa Gana Guèye, Pape Guèye et Krépin Diatta n’ont pas livré les prestations que l’on attendait d’eux.

Les blessures et la méforme constituent des handicaps majeurs dans ce type de compétition. Les joueurs considérés comme des cadres n’ont pas eu les moyens d’assumer pleinement leur statut. L’expérience est précieuse, mais elle ne suffit pas lorsque les capacités physiques ne sont plus au rendez‐vous. Revenir d’une blessure récente ou manquer de temps de jeu est un désavantage évident.

Kalidou Koulibaly et Idrissa Gana Guèye, longtemps éloignés des terrains en raison de blessures, n’avaient pas le rythme de la compétition malgré toute leur volonté. On peut dès lors s’interroger : pourquoi le sélectionneur a‐t‐il insisté pour les maintenir aussi longtemps sur le terrain ?

Le coaching demeure l’affaire des techniciens, mais de nombreux supporters estiment aujourd’hui que Pape Thiaw n’a pas utilisé toutes les ressources dont il disposait lors de ces deux premiers matches. Pourquoi avoir retenu trois défenseurs centraux qui n’ont pas encore disputé la moindre minute ? Abdoulaye Seck, Mamadou Sarr et Antoine Mendy, qui évolue également à ce poste dans son club, l’OGC Nice, sont restés sur le banc alors que l’équipe a souffert dans ce secteur. Son capitaine lui‐même a reconnu avoir commis des erreurs à l’issue du match contre la Norvège

La compétition n’est toutefois pas terminée. Une petite lueur d’espoir subsiste encore pour les Lions à l’approche de ce dernier rendez‐vous, où l’on espère voir l’équipe se transcender et renouer avec la victoire.

Il faudra marquer, mais aussi mieux défendre. La défense a été l’un des points faibles de l’équipe. Sans les interventions décisives d’Édouard Mendy face à la Norvège, la dé‐ faite aurait pu être beaucoup plus lourde. 

Sans inspiration offensive ni rigueur défensive, la mission s’annonce extrêmement difficile vendredi au Canada. 

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