Dimitri Payet est revenu à l'Olympique de Marseille pour l'aider à gagner ces matches-là, mais la figure de proue du projet américain a toujours perdu ses "Clasicos" contre le Paris SG. Revanche dimanche?
Son bilan est maigre. En quatre défaites, il n'a récolté que deux avertissements et une passe décisive, pour André-Pierre Gignac, lors de son dernier OM-PSG, le 5 avril 2014, quand l'équipe de Marcelo Bielsa s'était inclinée 3-2 au Vélodrome.
Mais "Dim" a changé et s'avance comme l'arme numéro un de Rudi Garcia contre le PSG, surtout en l'absence du buteur Bafétimbi Gomis, blessé.
"Il était déjà bon, mais ce qu'il a fait à l'Euro, c'est extraordinaire, il a passé un cap, atteint le très haut niveau", assure à l'AFP William Vainqueur, qui fut dans la même classe que Payet au centre de formation de Nantes.
Les deux ont d'ailleurs retrouvé une complicité sur le terrain. "Ça fait longtemps qu'on n'a pas joué ensemble, mais on a eu la même formation, je sais à l'avance ce qu'il va faire et lui aussi, ça vient naturellement", explique Vainqueur.
- "Dimitri a besoin de toucher des ballons" -
Rudi Garcia confirme que Payet "a pris de la maturité et de l'expérience", mais il est arrivé stressé et peu en forme fin janvier après un mois sur la touche à West Ham, pendant son interminable transfert. Depuis le Réunionnais est monté en régime et semble arriver proche de son meilleur niveau pour ce match.
Rudi Garcia et son staff, médical compris, ont mis progressivement "des Payet" dans le jeu de l'OM. Après la prolongation contre Lyon (2-1 a.p.) en Coupe de France, il a joué une demi-heure à Metz (défaite 1-0), puis 80 minutes contre Guingamp (2-0), où il a marqué son premier but depuis son remariage, un coup franc dévié.
Ce jour-là il cherchait absolument à marquer, tirant même quelque fois la couverture à lui, mais il avait fini par trouver l'ouverture, comme savent faire les grands joueurs quand ils l'ont décidé.
Depuis, il a joué deux matches complets à Nantes (défaite 3-2) et contre Rennes (2-0), où il fut à l'origine du premier but. Il n'a pas encore frappé de coup de génie, mais le Vélodrome grogne de plaisir sur ses prises de balle, n'attendant plus qu'une étincelle pour s'énamourer de nouveau.
Il a déjà pris le jeu à son compte et tire presque tous les coups de pieds arrêtés, même s'il en laisse un par match à Maxime Lopez et Florian Thauvin.
"Dimitri a besoin de toucher des ballons, explique Rudi Garcia, c'est ce que je lui demande aussi, charge à ses coéquipiers, et à moi, de le mettre dans le bon registre."
- "Pas un meneur pur" -
Souvent disposé en 4-3-3, l'ex-entraîneur romain préfère Payet en joueur un peu excentré plutôt qu'en dix pur comme lors de sa première époque marseillaise. "Si on a qu'un meneur et qu'il est pris on fait quoi?" demande Garcia, qui privilégie plusieurs "joueurs différents capables de prendre la profondeur et d'amener le jeu sur les côtés".
Ex-Marseillais et Bleu, Alain Giresse est du même avis. "A l'Euro il a souvent été aligné à gauche, rappelle-t-il à l'AFP, placé derrière l'attaquant ce n'était pas le mieux".
Pour "Gigi", Payet "est capable de faire jouer l'équipe, mais ce n'est pas un meneur pur, il apporte son propre jeu à l'équipe plus qu'il ne le crée. Il est un peu plus soliste qu'un pur 10".
"Il a envie de peser sur le jeu", synthétise Garcia, rappelant que lors de sa deuxième saison lilloise sous ses ordres (2012-2013), "il a été double 12", soit auteur de 12 buts et 12 passes décisives.
"Justement, le paramètre sur lequel j'ai beaucoup insisté avec lui est la continuité, dans les matches et au cours d'une saison, poursuit Garcia, mais si vous faites double 12, c'est que vous êtes constant. Les meilleures années de Dim seront pour nous". Il ne reste plus à Payet qu'a grossir ses stats contre le PSG...