Skip to main content
Migration, des ONG critiquent le pacte UE-Tunisie
Un collectif d'ONG a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour dénoncer les conséquences de l'accord conclu le 16 juillet 2023. Les organisations jugent dégradée la situation des droits humains en Tunisie
 
ID
1006261
{"id":1006261,"title":"Migration, des ONG critiquent le pacte UE-Tunisie","subheadline":"Un collectif d'ONG a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour dénoncer les conséquences de l'accord conclu le 16 juillet 2023. Les organisations jugent dégradée la situation des droits humains en Tunisie ","image":"/sites/default/files/2026-07/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2015.19.11.png","link":"/article/migration-des-ong-critiquent-le-pacte-ue-tunisie"}

(SenePlus) - Trois ans après la signature du protocole d'accord entre l'Union européenne et la Tunisie sur la gestion des migrations, plusieurs organisations de défense des droits humains demandent à Bruxelles de revoir en profondeur sa coopération avec Tunis. Elles estiment que les objectifs de contrôle migratoire ont pris le pas sur les préoccupations liées aux libertés fondamentales et aux droits des migrants.

Selon une dépêche publiée le 3 juillet 2026 par APA News, un collectif d'ONG a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour dénoncer les conséquences de l'accord conclu le 16 juillet 2023. Les organisations jugent que la situation des droits humains en Tunisie s'est nettement dégradée depuis la mise en œuvre de ce partenariat.

Les signataires évoquent notamment une intensification de la répression contre les voix critiques, un affaiblissement de l'indépendance de la justice ainsi que de nombreuses atteintes aux droits des migrants et des demandeurs d'asile. Ils dénoncent des arrestations, des expulsions collectives et des pratiques contraires aux engagements internationaux en matière de protection des personnes en déplacement.

D'après APA News, les ONG reprochent également à l'Union européenne d'avoir privilégié les résultats obtenus dans la réduction des départs irréguliers vers l'Europe, sans réagir avec la même fermeté aux dérives dénoncées par les défenseurs des droits humains. Elles s'inquiètent aussi de l'inscription récente de la Tunisie sur la liste européenne des « pays d'origine sûrs », estimant que cette décision ne reflète pas la réalité de la situation.

Les organisations demandent à la Commission européenne de conditionner davantage son soutien financier au respect des droits fondamentaux. Elles souhaitent également que Bruxelles intervienne publiquement pour réclamer la libération de personnes détenues et veille à ce que les financements destinés au contrôle des frontières ne profitent pas à des structures impliquées dans des violations des droits des migrants.

La dépêche souligne par ailleurs que les relations politiques entre Tunis et les institutions européennes connaissent des tensions persistantes. Les autorités tunisiennes avaient notamment annulé un Conseil d'association prévu en octobre 2025, avant de reporter la visite d'une délégation du Parlement européen en février 2026. À ce stade, la Commission européenne n'a pas officiellement répondu aux critiques formulées par les ONG.

Toujours selon APA News, les auteurs de la lettre reviennent également sur les critiques visant la politique migratoire des autorités tunisiennes, notamment après les déclarations du président Kaïs Saïed sur les migrants subsahariens. Des organisations de défense des droits humains avaient alors accusé les autorités d'avoir procédé à des expulsions de centaines de migrants vers des zones désertiques situées aux frontières avec la Libye et l'Algérie, des accusations qui ont alimenté les inquiétudes autour du respect des droits des personnes migrantes.

Sur le plan économique, la Tunisie demeure confrontée à une situation financière délicate. L'Union européenne avait prévu une aide budgétaire directe de 150 millions d'euros dans le cadre de son partenariat avec Tunis, alors que le pays fait face à une dette représentant environ 80 % de son produit intérieur brut et connaît régulièrement des difficultés d'approvisionnement en produits de première nécessité.

1006261
ID
1006261
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3