(SenePlus) - L'élimination du Sénégal en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 n'en finit plus de libérer la parole. Alors que la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) vient de porter plainte pour diffamation suite aux rumeurs de « bamboula » aux États-Unis, de nouvelles révélations viennent accabler l'instance dirigeante. Cette fois, ce n'est pas le comportement des officiels qui est pointé du doigt, mais un trou béant dans les caisses. Dans une enquête signée Malick Bamba pour Sport News Africa, on découvre qu'une gestion financière désastreuse a gravement entravé la préparation de l'équipe de Pape Thiaw.
Les Lions privés d'infrastructures à Dakar
Avant de s'envoler pour l'Amérique du Nord le 27 mai, la sélection nationale s'est heurtée à une réalité humiliante : l'impossibilité de s'entraîner correctement sur son propre sol. D'après l'enquête, la Société de Gestion des Infrastructures Publiques des pôles urbains de Diamniadio (SOGIP) a purement et simplement refusé l'accès à ses installations à l'équipe nationale.
La raison ? Une ardoise impressionnante laissée par la FSF. L'article de Sport News Africa révèle que la fédération doit environ 100 millions de francs CFA (soit plus de 150 000 euros) au gestionnaire des infrastructures. Cet épisode rappelle fâcheusement le bras de fer d'octobre 2025, lorsque le directeur général de la SOGIP, Dame Mbodj, avait menacé d'annuler le match Sénégal-Mauritanie au Stade Abdoulaye Wade pour des arriérés similaires. Si un démenti maladroit avait été tenté par le vice-président de la FSF Elimane Lam, arguant que les joueurs s'étaient bien entraînés, la réalité est qu'une telle impasse a profondément perturbé le lancement de la campagne mondiale.
La sécurité lésée, la BIP écartée
Le scandale financier ne s'arrête pas aux infrastructures. La sécurité même des joueurs a fait les frais de ces impayés. Historiquement, l'escorte des Lions était confiée à la Brigade d'Intervention Polyvalente (BIP), une unité d'élite de la police sénégalaise, encore présente lors de la CAN 2025 au Maroc.
Or, Malick Bamba révèle que les membres de la BIP attendent toujours le versement de leurs primes de la CAN, estimées à 20 millions de francs CFA (environ 30 500 euros) par agent mobilisé. Conséquence directe de cet affront : seuls deux membres de l'unité étaient du voyage aux États-Unis. La FSF a dû se rabattre sur une société de sécurité privée basée en France, une transition facilitée par certains joueurs eux-mêmes.
Ces impayés en cascade viennent écorner un peu plus l'image du football sénégalais. Alors que l'État observe la situation, l'opacité financière de la FSF pourrait bien déclencher un audit profond exigé par le ministère des Sports.