(SenePlus) - L'éviction du Premier ministre sénégalais a surpris les marchés financiers internationaux. La banque d'investissement américaine prévoit une dégradation des obligations du Sénégal et une hausse des anticipations de restructuration de la dette dans les prochaines semaines.
Les marchés financiers n'avaient pas anticipé le limogeage d'Ousmane Sonko. C'est le constat sans ambiguïté que dresse Morgan Stanley dans une note de recherche publiée mardi, rapportée par Reuters. La banque d'investissement américaine y avertit que les investisseurs internationaux sont désormais susceptibles d'intégrer une probabilité plus élevée de défaut du Sénégal sur sa dette.
L'établissement financier y note que "cette décision ne figurait pas dans le scénario de base des investisseurs", ce qui explique la réaction immédiate des obligations sénégalaises, qui ont connu une chute brutale sur les marchés.
L'élément central de l'analyse de Morgan Stanley réside dans la personnalité même de l'ancien Premier ministre. Ousmane Sonko était largement perçu par les marchés comme un opposant à toute restructuration de la dette sénégalaise. Son départ soudain et son remplacement dès lundi par Ahmadou Al Aminou Lo, ancien cadre de banque centrale, modifient donc l'équation aux yeux des investisseurs.
La banque anticipe que la courbe des obligations sénégalaises "sous-performera probablement à court terme" avec des mouvements potentiels à la baisse de trois à quatre points, au fur et à mesure que les investisseurs intègrent une probabilité accrue de restructuration de la dette.
Cette réaction des marchés illustre le paradoxe de la situation sénégalaise : le limogeage d'un Premier ministre perçu comme un frein à la renégociation de la dette est interprété par les investisseurs comme un signal négatif pour la soutenabilité de celle-ci.