Alors que plusieurs cas d’oreillons sont actuellement observés dans les structures de santé de la capitale sénégalaise, le Dr Aminata Mbaye, pédiatre au Centre hospitalier national d’enfants Albert Royer, appelle les parents à la vigilance. Bien que généralement bénigne, cette maladie virale très contagieuse peut entraîner des complications et nécessite une prise en charge adaptée ainsi qu’un strict respect des mesures de prévention.
Les oreillons sont une maladie infectieuse causée par le virus ourlia. Elle se caractérise principalement par une inflammation des glandes salivaires, notamment les glandes parotides situées devant et sous les oreilles. «Il s’agit d’une maladie très contagieuse qui touche principalement les enfants, même si elle peut également survenir chez les adultes qui n’ont pas été infectés durant l’enfance ou qui présentent certaines conditions particulières», explique le Dr Aminata Mbaye. Grâce à la vaccination, les oreillons sont devenus moins fréquents dans de nombreux pays. Toutefois, des cas continuent d’être enregistrés sporadiquement, notamment à Dakar ces dernières semaines. Fièvre, fatigue et gonflement des joues : les principaux signes d’alerte Selon la spécialiste, les symptômes les plus fréquents sont une fièvre souvent accompagnée d’une importante fatigue générale. Les enfants atteints peuvent également présenter des maux de tête, une diminution de l’appétit, des douleurs lors de la mastication, des difficultés ou douleurs à la déglutition et enfin un gonflement douloureux des joues ou de la région située devant les oreilles. «Ce gonflement peut toucher un seul côté du visage, mais il est généralement bilatéral», précise-t-elle. Le médecin souligne également que certains enfants peuvent développer des formes peu symptomatiques, voire asymptomatiques, ce qui favorise la circulation silencieuse du virus.
Des cas actuellement observés dans les consultations pédiatriques
Le Centre hospitalier national d’enfants Albert Royer enregistre actuellement plusieurs cas d’oreillons. «Depuis plusieurs semaines, nous observons quelques cas d’oreillons au cours de nos consultations», indique le Dr Mbaye. Toutefois, elle se garde de parler d’épidémie. Selon elle, seule la surveillance épidémiologique officielle menée par les autorités sanitaires permet de déterminer l’ampleur réelle de la situation. «Les chiffres exacts relèvent du système national de surveillance épidémiologique du ministère de la Santé. Il est donc préférable de se référer aux données officielles pour savoir s’il existe réellement une épidémie», insiste-t-elle. A l’en croire, la forte contagiosité des oreillons constitue l’une des principales préoccupations des professionnels de santé. Selon elle, le virus se transmet facilement au sein des familles, des écoles, des crèches et des collectivités. Un seul cas peut rapidement entraîner plusieurs contaminations lorsque les mesures de prévention ne sont pas respectées. Cette capacité de propagation explique la nécessité d’isoler temporairement les personnes malades afin de limiter la transmission du virus.
Que faire en cas de suspicion d’oreillons ?
Face à un enfant présentant des signes évocateurs de la maladie, le premier réflexe doit être la consultation médicale. «Toutes les infections du visage ne sont pas des oreillons. Il est important de consulter un professionnel de santé pour confirmer le diagnostic», rappelle la pédiatre. Une fois la suspicion établie, plusieurs mesures sont recommandées à savoir garder l’enfant à domicile, éviter les contacts rapprochés avec d’autres enfants, assurer une bonne hydratation, surveiller attentivement l’évolution des symptômes et consulter rapidement en cas d’aggravation. Les parents doivent être particulièrement attentifs à l’apparition de signes pouvant évoquer des complications, notamment une forte fièvre persistante, des vomissements. Chez les garçons, une douleur ou un gonflement des testicules.
Une prise en charge essentiellement symptomatique
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre les oreillons. La prise en charge repose essentiellement sur le soulagement des symptômes. Le repos constitue une mesure essentielle, tout comme une hydratation suffisante. Pour combattre la fièvre et soulager les douleurs, le paracétamol reste le médicament de référence. «Il faut éviter les anti-inflammatoires qui peuvent aggraver la maladie», avertit le Dr Mbaye. L’alimentation doit également être adaptée. Les aliments mous ou faciles à mâcher sont recommandés afin de réduire la douleur provoquée par la mastication. Pour Dr Aminata Mbaye, la prévention demeure le moyen le plus efficace de lutter contre les oreillons. Le vaccin contre les oreillons est administré dans le cadre du vaccin combiné Rougeole-Oreillons-Rubéole (ROR). Audelà de la vaccination, plusieurs gestes simples contribuent à limiter la transmission comme se laver régulièrement les mains, apprendre aux enfants à respecter les règles d’hygiène respiratoire entre autres.
Un appel à la vigilance sans céder à la panique
Le Dr Aminata Mbaye tient à rassurer les parents. Dans la grande majorité des cas, les oreillons évoluent favorablement et guérissent sans séquelles. Cependant, elle met en garde contre toute banalisation de la maladie. «Les oreillons ne doivent pas être pris à la légère. Des complications peuvent survenir, notamment chez les enfants et les garçons. En cas de gonflement des joues associé à la fièvre, il faut consulter rapidement un professionnel de santé», recommande-t-elle. La pédiatre invite les parents à vérifier le statut vaccinal de leurs enfants, rappelant que la vaccination demeure la meilleure protection contre cette maladie encore présente dans la communauté.