(SenePlus) - Invité du "Grand Jury" sur RFM ce dimanche 17 mai 2026, Oumar Sarr, coordonnateur du FDR et ancien ministre des Mines, a livré une critique acerbe des quatre avant-projets de loi proposés par le président Bassirou Diomaye Faye pour réformer la Constitution, le Code électoral, les partis politiques et le Conseil constitutionnel.
Sur la réforme constitutionnelle, le maire de Dagana dénonce le renforcement excessif des pouvoirs du Premier ministre. "Le régime sénégalais est un régime présidentiel. Quand on élit un président, c'est lui qui définit la politique de la nation. On ne peut pas dire que lui, on l'a élu, mais il ne connaît pas sa politique", a-t-il martelé. Il juge que la formule "le président définit la politique de la nation en concertation avec le Premier ministre" transforme le système en régime hybride source de conflits institutionnels.
Oumar Sarr estime que la Cour constitutionnelle proposée n'est qu'un "Conseil constitutionnel BIS" créé uniquement "pour virer les membres actuels". "On crée quelque chose de différent. Donc, le Conseil constitutionnel n'existe plus. Donc, c'est facile de désigner 9 personnes", a-t-il expliqué, regrettant qu'il ne s'agisse pas d'une véritable juridiction mais d'un simple changement de nom permettant de renouveler la composition.
Sur la Commission électorale nationale autonome (CENI), le coordonnateur du FDR juge le changement "inutile" tel qu'il est proposé. "Si on regardait les compétences [de la CENI du Bénin], elle va jusqu'au dépouillement. Alors que la CENI proposée au Sénégal reprend seulement ce que la DGE faisait et ce que la Sénat faisait, avec l'organisation des élections en plus", a-t-il comparé. Il estime que ce terme rappelle "les années 90 à 2000" et alerte sur l'absence de révision des listes électorales à neuf mois des échéances locales.
Concernant les articles L29 et L30 du Code électoral, Sarr défend une position différente : la déchéance électorale devrait relever du Code pénal et non du Code électoral. "C'est le tribunal qui doit régler ça. Le tribunal, en condamnant la personne, doit pouvoir définir, si nécessaire, la déchéance électorale", a-t-il plaidé, rappelant que le Pastef avait pourtant refusé d'aborder ce sujet lors du dialogue précédent.
Sur la loi relative aux partis politiques, l'opposition du FDR est "absolue". Sarr refuse le système de 15 000 parrainages pour créer un parti, estimant que cela viole le droit constitutionnel. "La Constitution dit que le droit de créer un parti est un droit. Donc, on ne doit pas y avoir de précondition quelconque", a-t-il argumenté. Le FDR prépare un contre-projet qui définira notamment le statut de l'opposition et régulera le financement des partis, une question totalement absente du texte gouvernemental.
Le coordonnateur du FDR a également dénoncé la faille du système de déclaration de patrimoine qui n'oblige pas à déclarer les avoirs en espèces, qualifiant de "catastrophe" le fait qu'une personne sur trois seulement s'acquitte de cette obligation sous le régime actuel.