(SenePlus) - Le Fonds national de réparations des victimes (FONAREV) et la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (Cia-Var) ont lancé une campagne internationale de sensibilisation et de mobilisation en faveur des populations affectées par les violences dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). L’initiative vise à renforcer le plaidoyer pour la reconnaissance des crimes commis et à soutenir les victimes de décennies de conflits.
Réunis le 30 mai 2026 à Paris à l’occasion de « La Traversée », une rencontre consacrée à la reconnaissance internationale des génocides commis en République démocratique du Congo, le FONAREV et la Cia-Var ont appelé à une mobilisation accrue de l’opinion publique internationale. Chercheurs, scientifiques, journalistes, avocats, artistes et acteurs engagés ont pris part à cet événement destiné à porter la voix des victimes et à attirer l’attention sur les conséquences humaines des conflits qui secouent l’Est du pays depuis plusieurs décennies.
Les organisateurs expliquent vouloir accompagner une dynamique de vérité et de mémoire autour des massacres perpétrés en RDC. À travers les différentes interventions et échanges, les participants ont insisté sur la nécessité de documenter les crimes, de préserver la mémoire des victimes et de poursuivre les efforts de plaidoyer en faveur d’une reconnaissance fondée sur les faits établis et sur les exigences de justice. Pour eux, la lutte contre l’oubli constitue une étape essentielle dans le processus de réparation et de réconciliation.
L’événement a également bénéficié du soutien de l’entrepreneure franco-sénégalaise Hapsatou Sy, qui a pris la parole pour encourager le public à soutenir la pétition lancée en faveur de la reconnaissance des génocides commis en RDC. Son intervention s’est inscrite dans une série de prises de parole destinées à sensibiliser l’opinion sur l’ampleur des souffrances endurées par les populations civiles touchées par les conflits.
Selon les initiateurs de la campagne, les drames humains vécus dans les zones affectées demeurent considérables. Ils mettent notamment en avant les violences sexuelles, le recrutement d’enfants par les groupes armés, les déplacements forcés de populations ainsi que les nombreuses atteintes aux droits fondamentaux des civils. Face à cette situation, le FONAREV et la Cia-Var estiment indispensable de renforcer l’engagement de la communauté internationale afin d’accompagner les victimes, de promouvoir la justice et de contribuer à l’instauration d’une paix durable.
La campagne de sensibilisation et de collecte de signatures lancée à l’issue de « La Traversée » s’inscrit dans cette démarche. Les promoteurs de l’initiative ambitionnent de mobiliser des millions de citoyens en Afrique et dans le reste du monde autour d’un message de solidarité envers les populations congolaises. Le mot d’ordre de la rencontre, « Engageons-nous à l’appropriation du #Genocost et à la reconnaissance internationale du génocide congolais pour la promotion de la culture de paix », résume cette volonté de faire émerger une prise de conscience collective face à l’ampleur de la crise.
Les organisateurs rappellent également que « La Traversée » a permis de mettre en lumière le travail entrepris depuis plusieurs années par le FONAREV et la Cia-Var pour documenter les crimes commis en RDC et contribuer à leur reconnaissance. Cette démarche s’appuie notamment sur le concept de « Genocost », consacré par la législation congolaise et qui désigne les génocides à visée économique ainsi que les coûts humains engendrés par les conflits dans le pays.
Créé à la fin de l’année 2022, le FONAREV est un établissement public chargé d’identifier, d’accompagner et de réparer les victimes de violences sexuelles liées aux conflits ainsi que d’autres crimes graves contre la paix et la sécurité de l’humanité. L’institution indique avoir recensé plus de 250 000 victimes, principalement dans les provinces orientales de la RDC, et engagé des actions d’indemnisation ainsi qu’un accompagnement juridique au profit des personnes concernées.
Pour les responsables du Fonds, la reconnaissance officielle du concept de Genocost par la communauté internationale représente une étape déterminante dans la réparation des préjudices subis par des millions de Congolais. Ils considèrent que la reconnaissance des crimes, la justice et les mécanismes de réparation constituent des leviers essentiels pour prévenir la répétition de telles tragédies et honorer la mémoire des victimes.