L'un est une star du football européen avec des moyens importants, l'autre cultive le secret et scrute les bonnes affaires: Patrick Kluivert, directeur du football du Paris SG et Antonio Cordon (Monaco), sont de plus en plus présents dans la politique sportive de leurs formations respectives.
. Kluivert, plus qu'un ambassadeur
Patrick Kluivert aux côtés de Julian Draxler, Patrick Kluivert au Portugal pour convaincre Gonçalo Guedes de quitter Lisbonne... Arrivé à la surprise générale au poste de directeur du football, cet été au Paris SG, le Néerlandais polyglotte, vainqueur de la Ligue des champions 1995, a peu à peu pris ses marques.
A 40 ans, l'ancien attaquant du FC Barcelone (1998-2004) était pourtant peu qualifié pour ses fonctions, laissées vacantes depuis le départ du Brésilien Leonardo en 2013.
Avant le PSG, ses seules expériences en terme de management sportif se limitaient à un rôle d'adjoint de Louis Van Gaal à la tête de la sélection néerlandaise lors de la Coupe du Monde 2014 (terminée à la 3e place), et à un poste de sélectionneur du Curaçao, île antillaise dont est originaire sa mère.
Mais son aura d'ancienne star, son carnet d'adresses et ses qualités dans le relationnel ont été mises à profit dès cet hiver par le Paris SG: après un mercato d'été jugé raté (des 4 recrues, ni Hatem Ben Arfa, ni Jesé, ni Grzegorz Krychowiak n'ont convaincu), c'est lui qui a été mis en avant lors des transferts hivernaux, ceux du champion du monde allemand Julian Draxler et de la pépite portugaise Gonçalo Guedes.
Et tant pis si sa mission première - trouver un attaquant de pointe pour soulager l'Uruguayen Edinson Cavani - n'a pas été remplie. Il semble jouer à l'avenir un rôle bien plus important que ce que le communiqué de presse annonçant son arrivée - "définir la stratégie sportive à long terme du club, dont il sera en outre un ambassadeur de premier plan" - laissait présager.
. Cordon travaille dans l'ombre
Moins "bling-bling" que son homologue, l'Espagnol Antonio Cordon cultive le secret à Monaco, où il est arrivé cet été en provenance de Villarreal. S'il échange régulièrement avec quelques journalistes espagnols qu'il connaît de longue date, cet Espagnol très discret de 53 ans n'accorde pas d'interview.
A Villarreal, où il a construit l'une des cellules de recrutement les plus performantes d'Europe, il a œuvré patiemment, avec peu de moyens. Il s'est ainsi créé un réseau exceptionnel, dont Monaco, qui lui offre un salaire sans commune mesure avec ses émoluments ibériques, va pouvoir profiter.
Pour autant, il n'entend pas tout révolutionner en Principauté, comme il l'explique en privé. Mais sans paraître autoritaire, il a des avis bien tranchés et a déjà recruté trois personnes.
D'abord, dans le domaine de la diététique. Si l'Américaine Tara Ostrowe demeure responsable du suivi des joueurs du club, elle est également en charge du programme nutritionnel des Giants et des Red Bulls de New York. Et n'est pas souvent sur site. Aussi, Cordon a recruté Juanjo Morillas, nutritionniste espagnol, pour le quotidien.
Au niveau de la cellule de recrutement, il a fait venir Gérald Passi, buteur en finale de la Coupe de France 1991 gagnée par Monaco, et surtout scout de Villarreal en France en 2011. Depuis 2013, Passi travaillait pour Nice. Sa connaissance du microcosme monégasque est utile à Cordon, qui s'est également attaché les services d'un analyste vidéo espagnol, Diego Perez, en provenance du Rayo Vallecano.
Cordon s'est rapidement penché sur le centre de formation. Il n'a pas participé au recrutement de l'été dernier, mais est à l'origine de l'arrivée du jeune et talentueux Belge Franco Antonucci, 17 ans, en provenance de l'Ajax Amsterdam pour environ 3 millions d'euros. C'est aussi lui qui a œuvré pour le transfert du prometteur latéral brésilien Jorge, âgé de 20 ans, en provenance de Flamengo.