Une indépendance formelle, une dépendance réelle
La décolonisation désigne, en son sens minimal, l’accession à la souveraineté étatique reconnue par la communauté internationale. La séquence historique qui s’en réclame est relativement brève (une trentaine d’années, entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 1970) jalonnée par l’indépendance de l’Inde en 1947 et par celle de l’Angola et du Mozambique en 1975. Passé ce cap, la plus grande partie des peuples d’Asie et d’Afrique jadis soumis à la colonisation européenne avait juridiquement recouvré sa liberté. Mais ceux qui avaient suivi de près la mécanique de cet affranchissement savaient, dès le départ, que la souveraineté juridique ne suffirait pas à clore le dossier colonial, et que les structures profondes de la dépendance disposaient d’une capacité de survie que la rhétorique des indépendances ne pouvait dissoudre.
La vraie question, celle que l’effervescence des fêtes nationales tendait à escamoter, était de savoir si la décolonisation pouvait se réduire à un acte d’état civil collectif, ou si elle n’était accomplie que lorsque les sociétés libérées avaient conquis les moyens de leur développement économique, social et humain, et trouvé leur place dans le système international sur un pied d’égalité raisonnable avec les anciens colonisateurs. À cette interrogation, qui n’est pas académique, s’en ajoutait une seconde, tout aussi lourde de conséquences : les anciens colonisateurs, comme d’ailleurs les anciennes colonies, avaient-ils véritablement abandonné les représentations et les politiques héritées de la période coloniale ? La réponse à ces deux questions conditionnait l’appréciation du caractère achevé ou inachevé de la décolonisation, et elle orientait dès le départ le diagnostic sur la durée du processus.
Certains peuples ont choisi d’intégrer la colonisation dans leur trajectoire historique pour la dépasser et se projeter vers le monde : c’est la voie qu’ont empruntée les pays d’Asie du Sud-Est et de l’Est, dont la résilience économique spectaculaire au cours des dernières décennies constitue une démonstration empirique de ce que peut produire une volonté collective de transformation endogène. D’autres, notamment en Afrique, ont souvent oscillé entre une quête identitaire de l’avant-colonial, qui enferme plus qu’elle n’émancipe et une dépendance aux architectures institutionnelles héritées que les rhétoriques souverainistes ne suffisent pas à démonter.
Les deux vagues d’un même mouvement
La décolonisation s’est déployée en deux phases distinctes, dont la logique interne éclaire déjà les difficultés à venir. La première, de 1945 à 1955 environ, a concerné principalement le Proche et Moyen-Orient ainsi que l’Asie du Sud-Est : ce sont les peuples colonisés d’Asie qui furent les premiers à réclamer le départ des Européens. En février 1947, Londres décida d’évacuer l’Inde, qui acquit son indépendance le 15 août 1947, non sans que la partition entre l’Union indienne et le Pakistan n’eût engendré des violences de masse. Dès 1948, le Royaume-Uni accordait également son indépendance à la Birmanie et à Ceylan (l’actuel Sri Lanka), tandis que la Malaisie attendrait 1957. L’Indonésie, elle, dut traverser quatre années de confrontation militaire et diplomatique avec les Pays-Bas avant que La Haye ne reconnût son indépendance en décembre 1949.
La France, de son côté, s’engagea dès 1946 dans une guerre coloniale en Indochine, longue et coûteuse en vies humaines, qui se conclut par la victoire du Viêt Minh sur les forces françaises. Les accords de Genève du 21 juillet 1954 mirent fin au conflit et contraignirent Paris à quitter la région : le Viêt-Nam fut divisé au 17e parallèle entre la République démocratique du Nord et l’État du Sud, tandis que l’indépendance du Laos et du Cambodge, proclamée en 1953, était définitivement reconnue. Les protectorats français du Maroc et de la Tunisie obtinrent leur indépendance par la voie de la négociation en 1956. Pour l’Algérie, en revanche, que Paris considérait comme partie inaliénable du territoire national, il fallut huit ans d’une guerre sanglante (de l’insurrection de 1954 aux accords d’Évian de mars 1962) pour que l’indépendance fût conquise.
La seconde phase, à partir de 1955, toucha massivement l’Afrique. Le Ghana, ancienne Gold Coast britannique, fut le premier pays d’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance, le 6 mars 1957. L’année 1960 devint l’année africaine par excellence : une quinzaine d’États francophones (Cameroun, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Dahomey, Gabon, Haute-Volta, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, Sénégal, Tchad, Togo) proclamèrent leur indépendance, auxquels s’ajouta la Guinée dès 1958. Le Congo belge devint à son tour la République démocratique du Congo le 30 juin 1960. Cette effervescence indépendantiste porta sur la scène internationale un nouvel acteur collectif — le Tiers Monde, dont la conférence de Bandung, tenue en Indonésie du 17 au 24 avril 1955, avait posé les fondements politiques en réunissant vingt-neuf délégations africaines et asiatiques pour affirmer leur volonté de non-alignement sur les deux superpuissances et leur soutien aux peuples encore colonisés.
L’accélération de l’histoire et ses ressorts profonds
Si la décolonisation s’accéléra entre 1945 et 1960, ce fut sous l’effet de plusieurs facteurs convergents. La Seconde Guerre mondiale avait gravement ébranlé le prestige des puissances coloniales : les Pays-Bas, la Belgique et la France avaient été vaincus et occupés, le Royaume-Uni sortait exsangue du conflit. Les soldats autochtones, massivement mobilisés pour renflouer les armées alliées, rentrèrent chez eux avec une conscience accrue de leur valeur et une moindre disposition à tolérer la subordination coloniale. À cette évolution interne s’ajoutait un nouveau contexte international fondamentalement hostile au colonialisme : les deux superpuissances émergentes, les États-Unis et l’Union soviétique, étaient, pour des raisons certes très différentes, anticolonialistes en principe. La Charte des Nations Unies, adoptée en 1945, réaffirma le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe que Roosevelt et Churchill avaient déjà énoncé dans la Charte de l’Atlantique signée le 14 août 1941.
Il est révélateur que la France elle-même, pourtant engagée dans un combat pour sa propre libération, n’ait pas envisagé un seul instant, en pleine guerre, d’accorder à ses colonies la liberté qu’elle revendiquait pour elle-même. La conférence africaine française de Brazzaville, tenue du 30 janvier au 8 février 1944 sous l’égide du général de Gaulle, en constitue la démonstration la plus explicite. Si le discours d’ouverture du général évoque la nécessité pour les Africains de « participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires », la déclaration finale de la conférence écarte, sans ambiguïté ni circonlocution, « toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français de l’Empire », précisant que « la constitution éventuelle, même lointaine, de self-governments dans les colonies est à écarter ». Cette formulation, adoptée en janvier 1944, soit moins d’un an et demi avant la fin de la guerre et la rédaction de la Charte des Nations Unies proclamant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, dit sans détour l’état d’esprit réel des puissances coloniales : réformer l’empire pour mieux le conserver, non pour le démanteler. La philosophie de Brazzaville était, selon l’historien Jean-François Muracciole, « l’exact opposé » de la décolonisation.
Mais ce que révèle la crise de Suez de 1956, lorsque Nasser nationalisa la Compagnie du canal le 26 juillet, provoquant une opération militaire conjointe franco-britannique et israélienne, avant que Washington et Moscou ne contraignissent Paris et Londres à se retirer, c’est que le reflux colonial avait ses propres hiérarchies. Les puissances coloniales européennes renonçaient à leurs empires moins par conviction que sous la pression d’un rapport de forces international désormais défavorable. Ce n’est pas la même chose que d’avoir librement consenti à l’émancipation des peuples colonisés, et cette nuance explique en partie pourquoi les structures de la dépendance ne disparurent pas avec les drapeaux.
Bretton Woods et le plan Marshall : l’architecture d’un ordre sans les colonies
Ce que ceux qui observaient les affaires du monde sans complaisance comprirent très tôt, c’est que la grande recomposition institutionnelle internationale de l’après-guerre ne fut pas conçue pour intégrer les futurs États indépendants du Sud à égalité de droits. La conférence de Bretton Woods, en juillet 1944, en est l’illustration la plus nette. À l’issue de négociations intenses entre la délégation américaine conduite par Harry Dexter White et la délégation britannique menée par John Maynard Keynes, c’est le plan américain qui l’emporta : le système monétaire international fut organisé autour du dollar, seule monnaie convertible en or au taux fixe de 35 dollars l’once, les autres devises étant indexées sur le dollar. Keynes avait plaidé pour une monnaie internationale de réserve supranationale, le bancor, adossée à une institution multilatérale gérant les déséquilibres entre pays déficitaires et pays excédentaires. Ce projet fut écarté parce qu’il contrariait la position des États-Unis, alors créanciers excédentaires du monde. Les futurs États africains et asiatiques n’eurent évidemment aucun mot à dire sur ces architectures qui allaient pourtant gouverner leur vie économique pendant des décennies.
Le plan Marshall, annoncé par le secrétaire d’État George Marshall dans un discours prononcé à l’université Harvard le 5 juin 1947, fut mis en œuvre à partir d’avril 1948 sous l’appellation officielle de Programme de rétablissement européen (European Recovery Program). Sur quatre ans, il transféra à seize pays d’Europe occidentale un montant d’environ 13 milliards de dollars, constitués pour l’essentiel (environ 85 à 90 %) de dons et, pour le reste, de prêts à long terme. La présentation habituelle qui en fait un simple programme humanitaire de reconstruction est trompeuse. Il s’agissait fondamentalement d’un mécanisme d’élargissement du libre-échange mondial, conditionné à l’importation d’équipements et de produits américains pour un montant équivalent à l’aide reçue. Il répondait aux intérêts bien calculés de l’économie américaine, dont la prospérité pendant la guerre n’avait en rien altéré les capacités productives, et qui cherchait à maintenir en temps de paix ses débouchés commerciaux extérieurs tout en endiguant l’influence du communisme en Europe.
Ce qui est décisif pour comprendre la longue durée de la décolonisation, c’est que l’élargissement du libre-échange au monde entier (condition nécessaire, du point de vue américain, à la fois à la prospérité et à l’endiguement du communisme) impliquait la « libération » des colonies, fût-ce à terme. La décolonisation politique était, en quelque sorte, une conditionnalité implicite de l’ordre libéral international en construction. Mais cette même architecture excluait structurellement les nouvelles nations du Sud des mécanismes de décision qui régissaient cet ordre : le discours du président Truman du 20 janvier 1949, dans son point dit « Point IV », introduisit l’idée d’aide au développement comme instrument de rayonnement américain vers les « régions sous-développées », en un même mouvement qui associait l’aide technique à la lutte contre le communisme et consacrait la catégorie du « sous-développement » comme définition de ces pays par leur manque, inaugurant ainsi une longue tradition de tutelle bienveillante.
La zone franc ou la perpétuation de la dépendance monétaire
L’espace monétaire de la zone franc illustre de manière particulièrement éloquente comment la dépendance peut se reproduire à travers des arrangements institutionnels maintenus au-delà de la décolonisation formelle. Au moment des indépendances africaines, quatre principes fondateurs furent reconduits : une parité fixe entre le franc français, conçu comme monnaie commune de référence et les francs CFA des États membres ; une liberté illimitée de transfert des capitaux entre les membres de la communauté ; une mise en commun de la totalité des réserves en devises au niveau du Trésor français ; et une harmonisation des réglementations douanières et de change. Ce dispositif était mis en place au moment précis où les nouveaux États avaient le plus besoin de politiques autonomes de développement économique, de diversification de leurs structures productives et de mobilisation souveraine de leurs ressources. La contradiction entre les impératifs de construction nationale et les contraintes de cet espace monétaire était inscrite dans sa logique même, et elle n’a pas cessé d’alimenter les débats sur la souveraineté économique africaine jusqu’à nos jours.
La crise de la dette et le Consensus de Washington : la décolonisation inversée
La décennie 1980 allait apporter la confirmation la plus brutale de ce que la décolonisation formelle n’avait pas suffi à inverser les rapports structurels entre le Nord et le Sud. La crise de la dette, déclenchée par la hausse des taux d’intérêt américains à partir de 1979-1981 et par l’effondrement des cours des matières premières, plaça la plupart des États africains sous la tutelle des programmes d’ajustement structurel du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Ces programmes, articulés autour de ce que l’on allait appeler le Consensus de Washington, imposèrent une trilogie doctrinale (déréglementation, décloisonnement, désintermédiation) qui démantela les dispositifs de régulation économique et les capacités industrielles que les États avaient laborieusement construits depuis les indépendances. La décrédibilisation de l’État, sa déresponsabilisation progressive, l’affaiblissement de sa capacité d’accumulation nationale : tels furent les effets durables d’une orthodoxie appliquée avec une rigueur que ses promoteurs n’auraient jamais accepté d’imposer à leurs propres économies.
L’aide publique au développement, que le discours de Truman avait présentée comme un instrument d’émancipation technique, s’était progressivement révélée être, pour l’essentiel, un mécanisme de reconduction de la dépendance. Les pays développés n’ont pas cessé d’affirmer qu’elle devait respecter la diversité culturelle tout en subordonnant son octroi à des conditionnalités de politique économique qui réduisaient la marge de manœuvre des bénéficiaires. Son objectif déclaré de « rééquilibrage des niveaux de développement » n’a pas tenu ses promesses, au point que des voix croissantes en demandent l’annulation pure et simple, la considérant comme une dette odieuse déguisée en solidarité.
La riposte africaine et ses limites : du NEPAD à l’Agenda 2063
Face à ces diagnostics, l’Afrique a progressivement tenté d’élaborer ses propres visions du développement. Le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique), lancé au début des années 2000, a constitué la tentative la plus ambitieuse de poser les termes d’une stratégie de développement endogène, plaidant pour la restauration des capacités autonomes, une réallocation démocratique des ressources et la réintroduction du débat sur le développement autocentré. Ce cadre conceptuel était porteur d’une exigence que l’on peut articuler autour d’un ensemble de maîtrises sans lesquelles il n’est pas de transformation structurelle : maîtrise locale des ressources naturelles, maîtrise des processus productifs et des marchés, maîtrise de la reproduction de la force de travail, centralisation nationale du surplus, contrôle des technologies et du système bancaire. Ces exigences ne sont pas de vains mots : elles définissent précisément les leviers que les architectures de l’ordre international ont systématiquement maintenus hors de portée des États africains depuis les indépendances.
Mais le NEPAD lui-même a buté sur les conditions qui rendent une telle stratégie crédible. Un développement autocentré ne l’est réellement que s’il est adossé à un État de droit solide, à une politique d’industrialisation intégrée, à une agriculture conçue comme politique de revenu paysan et non comme simple débouché de l’industrie, et à une recapacitation progressive des acteurs économiques locaux. Or la mise en œuvre de ces conditions suppose précisément les capacités institutionnelles que des décennies d’ajustement structurel ont contribué à éroder. L’Agenda 2063 de l’Union africaine, plus récemment, reprend le défi à une échelle continentale ; la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en constitue l’une des traductions les plus concrètes. Mais entre l’ambition et la réalisation, les obstacles structurels demeurent considérables, et ils ne se résument pas à un déficit de volonté politique.
Ce que savaient les lucides
Ceux qui savaient que la décolonisation serait longue n’étaient pas des pessimistes de tempérament. Ils lisaient simplement la configuration du monde avec la rigueur qu’elle exigeait. Ils comprenaient que l’ordre international d’après-guerre avait été conçu, à Bretton Woods et au-delà, pour servir les intérêts des puissances dominantes, que les nouvelles institutions ne feraient l’objet d’aucune redistribution sérieuse des droits de décision en faveur des pays du Sud, et que les conditions économiques et institutionnelles d’un développement réel n’étaient pas celles que l’on entendait créer pour les anciennes colonies. Ils observaient que les structures monétaires, les flux commerciaux, les dépendances technologiques et les architectures de la dette reconduisaient, sous d’autres formes, des relations de subordination que les proclamations d’indépendance ne suffisaient pas à effacer.
Ce que les observateurs extérieurs ont parfois mis du temps à comprendre, les acteurs africains eux-mêmes le formulaient pourtant avec une clarté saisissante dès les premières années de l’indépendance. Au Sénégal, cas emblématique à bien des égards, le principal parti au pouvoir ne perçut jamais l’indépendance politique comme une fin en soi, mais comme un instrument au service d’un projet plus exigeant. La « construction nationale » (terme que Mamadou Dia introduit dès octobre 1958) désignait précisément le développement comme finalité réelle, l’indépendance n’en étant que la condition formelle. En 1963, soit trois ans après l’accession à la souveraineté, Senghor déclarait devant son parti : « Osons le dire, nous ne sommes pas encore décolonisés… L’indépendance ne devient réelle que par l’indépendance économique. » Cette formule, prononcée au cœur même du premier État africain francophone à avoir bénéficié d’une transition politique relativement ordonnée, rejoint la lecture que l’historien américain Frederick Cooper a proposée de toute la période : la décolonisation fut une ouverture des relations politiques et économiques qui se referma après les indépendances, laissant en suspens les questions fondamentales qu’elle avait commencé à poser.
Cette lucidité n’était pas une fatalité. Elle était le préalable à une pensée stratégique sérieuse sur ce que signifiait « développer » une économie africaine dans un système mondial qui n’était pas neutre à l’égard de cet objectif. La décolonisation comme projet accompli n’est pas derrière nous. Elle désigne encore (et peut-être surtout) la transformation des structures qui conditionnent la place des économies africaines dans la division internationale du travail, dans la gouvernance des institutions financières internationales, dans les hiérarchies technologiques et dans les architectures de la souveraineté monétaire. Le chemin parcouru depuis 1960 est réel. Ce qui reste à parcourir engage des ruptures d’une tout autre nature, qui supposent des États capables, des économies complexifiées et une intégration régionale substantielle : trois conditions dont aucune ne se décrète.
Chérif Salif Sy est économiste, directeur du Forum du Tiers-monde (FTM).
Pour aller plus loin
Jean-François MURACCIOLE, « La conférence de Brazzaville et la décolonisation : le mythe et la réalité », Espoir, n° 152, Paris, Fondation Charles de Gaulle, juin 2008.
Charles DE GAULLE, Mémoires de guerre, t. II : L’Unité, 1942–1944, Paris, Plon, 1956 (rééd. Pocket, 2006). [Contient en annexe le texte du discours d’ouverture de la conférence de Brazzaville, 30 janvier 1944.]
Barry EICHENGREEN, Globalizing Capital : A History of the International Monetary System, Princeton, Princeton University Press, 1996 (3é éd. 2019). [L’ouvrage de référence sur le système de Bretton Woods, la conférence de 1944 et l’hégémonie du dollar.]
Charles P. KINDLEBERGER, Marshall Plan Days, Boston, Allen & Unwin, 1987. [Récit analytique de l’un des principaux architectes du plan, Charles Kindleberger, économiste au Département d’État américain lors de sa conception.]
Kathrin HEITZ, « Décolonisation et construction nationale au Sénégal », Relations internationales, n° 133, Presses Universitaires de France, 2008/1, p. 41–52. [Analyse, à partir des archives de presse du parti de Senghor, des objectifs réels de la décolonisation sénégalaise : le développement et la dignité, bien plus que la souveraineté formelle.]