Quinze ans après l’adoption de la Loi d’orientation sociale en faveur des personnes handicapées, les acteurs de la société civile et les organisations représentatives des personnes vivant avec un handicap appellent à une accélération de sa mise en œuvre. Réunis à Dakar dans le cadre du programme SAXAL JAAM, financé par l’Union européenne, ils ont exhorté les autorités à traduire les engagements législatifs en mesures concrètes, afin de garantir une société plus inclusive et respectueuse des droits de tous.
Le consortium composé de l’ONG 3d, du COSCE et du GRADEC, en partenariat avec la fédération sénégalaise des associations de personnes Handicapées (FSAPH), a organisé une journée de partage et de plaidoyer consacrée à l’application effective de la Loi d’orientation sociale. Inscrite dans le cadre du programme SAXAL JAAM, financé par l’Union européenne, cette rencontre a réuni des représentants de l’état, des organisations de la société civile et des associations de personnes handicapées autour d’un objectif commun : faire de cette loi un véritable levier d’inclusion. Au cœur des échanges, un constat largement partagé. Malgré son adoption il y a plus de quinze ans, la Loi d’orientation sociale peine encore à produire tous les effets attendus. Les participants ont ainsi plaidé pour une accélération de l’adoption des mesures d’application, une meilleure mobilisation des ressources financières et une coordination renforcée entre les différents acteurs. pour le directeur exécutif de l’ONG 3d, Moundiaye Cissé, il est désormais temps de dépasser le simple cadre législatif. « nous sommes réunis ici pour porter un plaidoyer fort pour l’application effective de la Loi d’orientation sociale. il faut aller au-delà de l’adoption des textes », a-t-il déclaré. Selon lui, une loi ne prend tout son sens que lorsqu’elle transforme concrètement la vie des citoyens auxquels elle est destinée. « La Loi d’orientation sociale ne doit pas être une lampe qu’on admire simplement. Elle doit éclairer le quotidien des personnes handicapées, des personnes âgées, des enfants vulnérables. Derrière chaque article, il y a des femmes, des hommes et des enfants qui attendent que leurs droits deviennent une réalité », a-t-il insisté. Le responsable de l’ONG 3d a également dénoncé la lenteur observée dans la mise en œuvre des textes à caractère social. à ses yeux, le Sénégal fait souvent preuve de rapidité lorsqu’il s’agit d’appliquer des lois à portée politique, tandis que les réformes sociales restent confrontées à des retards liés aux décrets d’application et à la mobilisation des budgets nécessaires. « Les lois ont une égale dignité dès lors qu’elles sont votées par la représentation nationale. Leur application ne devrait jamais dépendre de leur objet », a-t-il affirmé. au terme de cette rencontre, les organisateurs espèrent élaborer une feuille de route consensuelle permettant d’accélérer l’application effective de la Loi d’orientation sociale, avec l’implication des services de l’état et de l’ensemble des parties prenantes.
La FSAPH presse l’État de rendre effectifs les droits des personnes handicapées !
Même engagement du côté de la fédération sénégalaise des associations de personnes Handicapées (FSAPH). son président, Moussa Thiéré, a qualifié cette journée de « moment phare » pour le mouvement associatif des personnes handicapées. selon lui, le programme SAXAL JAAM, porté par le consortium, contribue à la consolidation de la paix à travers la promotion des droits humains et de l’inclusion sociale. «on ne peut consolider durablement la paix sans garantir le respect des droits des personnes handicapées», a-t-il rappelé, soulignant que, malgré les progrès enregistrés au fil des années, de nombreux défis demeurent. Le président de la fédération a notamment insisté sur la nécessité de rendre pleinement opérationnelle la carte d’égalité des chances, de mettre en place la Haute autorité prévue par la loi afin de coordonner les politiques publiques en faveur des personnes handicapées, mais aussi de rendre effectif le quota de 15 % en faveur des jeunes personnes handicapées dans les dispositifs concernés. il a également plaidé pour la création du fonds d’appui prévu par les textes, estimant que les jeunes en situation de handicap consentent déjà d’importants efforts pour accéder à la formation, aux qualifications professionnelles et à l’emploi. tout en saluant les avancées enregistrées ces derniers mois, notamment l’adoption par le président de la République du traité de Marrakech facilitant l’accès aux ouvrages imprimés pour les personnes ayant des difficultés de lecture liées à un handicap visuel, Moussa Thiéré estime que ces initiatives doivent désormais s’accompagner d’une mise en œuvre intégrale des dispositions de la Loi d’orientation sociale. à travers cette journée de plaidoyer, les organisateurs entendent maintenir la question de l’inclusion au cœur des politiques publiques. Leur ambition est de faire émerger une société sénégalaise davantage fondée sur les principes de dignité, d’égalité des chances et de participation de tous les citoyens, sans distinction. Un appel lancé aux pouvoirs publics, mais également à l’ensemble des partenaires et de la société, afin que les droits consacrés par la loi deviennent enfin une réalité vécue au quotidien par les personnes handicapées.