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Sept organisations dénoncent l'interdiction d'un débat sur les disparitions forcées en Guinée
Dans une déclaration commune, AfricTivistes, Amnesty International Sénégal, la LSDH et plusieurs autres organisations réclament l'ouverture d'une enquête indépendante sur le sort de deux militants guinéens disparus
 
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1006532
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(SenePlus) - Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent l'interdiction, par les autorités sénégalaises, d'une rencontre internationale consacrée aux disparitions forcées en Guinée. La décision est intervenue le jour même de la commémoration des deux ans de la disparition de deux militants guinéens.

Les autorités sénégalaises ont annulé, le 9 juillet 2026, la table ronde internationale intitulée « L'épidémie des disparitions forcées en Guinée », qui devait se tenir à Dakar. Selon les organisateurs, cités dans une déclaration commune, cette décision aurait été prise à la suite d'une instruction émanant de la Direction générale de la surveillance du territoire national.

La rencontre, initiée par le mouvement Tournons La Page (TLP) Guinée, visait à mobiliser la communauté internationale, les acteurs régionaux, les organisations de défense des droits humains et les décideurs autour du phénomène des disparitions forcées en Guinée. Elle devait notamment permettre de présenter des cas documentés, d'évaluer l'ampleur du phénomène et d'analyser les réponses apportées par les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux.

Sept organisations — AfricTivistes, Afrikajom Center, la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH), la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (RADDHO), TLP/Sénégal, Amnesty International Sénégal et Article19 Afrique de l'Ouest — ont signé une déclaration commune, publiée à Dakar le 10 juillet 2026, pour exprimer leur profonde préoccupation face à cette interdiction. Elles rappellent que celle-ci intervient le jour même de la commémoration des deux ans de disparition forcée des activistes guinéens Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, arrêtés le 9 juillet 2024 à Conakry par des agents des Forces de défense et de sécurité guinéennes. Deux ans après, leurs familles et leurs avocats disent rester sans informations fiables sur leur sort, leur lieu de détention ou l'état d'éventuelles procédures judiciaires engagées à leur encontre.

Une décision jugée contraire aux engagements du Sénégal en matière de droits humains

Pour les signataires, cette interdiction pose la question du plein exercice des libertés d'expression, d'association et de réunion pacifique, garanties par les articles 9, 10 et 11 de la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples, ainsi que par les engagements internationaux souscrits par le Sénégal. Les organisations soulignent que le pays a historiquement joué un rôle important dans l'accueil d'Africains persécutés et dans les débats en faveur des droits humains et de la démocratie sur le continent, estimant qu'empêcher la tenue d'une manifestation pacifique consacrée aux droits humains et à la recherche de la vérité constitue une rupture avec cette tradition d'hospitalité.

Les signataires replacent également ces disparitions dans un contexte plus large de recul des libertés fondamentales en Guinée, évoquant la fermeture de plusieurs médias privés majeurs, qui aurait selon elles réduit les espaces de débat public et fragilisé le processus démocratique.

Une série de demandes adressées aux autorités guinéennes, sénégalaises et internationales

Face à cette situation, les organisations formulent plusieurs demandes. Elles appellent les autorités guinéennes à ouvrir une enquête indépendante, impartiale et transparente sur la disparition de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, ainsi qu'à libérer immédiatement et sans condition toute personne détenue arbitrairement pour l'exercice pacifique de ses droits civiques et politiques, journalistes, défenseurs des droits humains, militants et acteurs politiques. Elles exhortent également Conakry à garantir l'intégrité physique et psychologique des personnes privées de liberté et à rouvrir l'espace civique du pays.

Les signataires invitent par ailleurs l'Union africaine, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), les Nations unies et l'ensemble des partenaires engagés en faveur de la démocratie à renforcer leurs efforts diplomatiques pour faire toute la lumière sur le sort des deux disparus et des autres victimes de violations des droits humains en Guinée. Elles demandent enfin aux autorités sénégalaises de garantir pleinement l'exercice des libertés d'expression, d'association et de réunion pacifique sur leur propre territoire, conformément à leurs engagements constitutionnels et internationaux.

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