(SenePlus) - Le parti PASTEF-Les Patriotes a réuni son premier congrès national à Dakar, douze ans après sa création en 2014. Ce rassemblement visait à réorganiser la formation pour l'installer dans la durée au sein des institutions sénégalaises. Seul candidat en lice, Ousmane Sonko a été réélu à l'unanimité à la présidence du parti. Les résultats publiés montrent une forte mobilisation des délégués, avec un taux de participation de 98,5 % et aucun bulletin blanc enregistré.
L'organisation interne a reposé sur la validation de 589 procès-verbaux sur les 598 attendus. Les structures locales sur le territoire sénégalais ont transmis l'intégralité de leurs résultats, soit 553 procès-verbaux. La diaspora a quant à elle transmis 36 des 45 procès-verbaux attendus. Ces chiffres viennent consolider la direction d'Ousmane Sonko alors que le parti modifie sa stratégie et ses statuts.
Ce congrès a également validé des changements dans la composition de la majorité parlementaire. Les délégués ont d'abord approuvé l'intégration d'une cinquantaine de partis politiques et de mouvements de soutien alliés. Dans le même temps, les instances ont prononcé l'exclusion des cadres jugés proches du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Cette décision marque une séparation nette entre l'appareil du parti et l'entourage du chef de l'État.
Les travaux se sont tenus juste après des changements majeurs au sein du pouvoir exécutif. Le 22 mai, Ousmane Sonko a quitté son poste de Premier ministre, remplacé par Ahmadou Al Aminou Lô. Devant les militants, l'ancien chef du gouvernement a expliqué que le PASTEF avait choisi de ne pas participer au nouveau gouvernement en raison de divergences avec le président Faye. Leurs désaccords portaient sur le rôle de la majorité parlementaire dans l'appareil d'État et sur plusieurs choix politiques fondamentaux.
Élu président de l'Assemblée nationale à la suite de la démission de Malick Ndiaye, Ousmane Sonko conduit désormais l'action de son parti depuis le pouvoir législatif. Pour ce congrès, le PASTEF avait invité plusieurs délégations étrangères, notamment des représentants de la Palestine, du Parti socialiste unifié du Venezuela et du Front patriotique rwandais, le parti du président Paul Kagamé. À la clôture des travaux ce dimanche, la formation dispose d'une organisation recentrée pour mener sa propre ligne politique face à l'exécutif.