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Classe moyenne africaine : l'enfumage de la Banque mondiale
La classe moyenne africaine, telle que définie par la Banque mondiale, ne serait qu’une pure « fiction». C’est l’avis du Dr Félix Atchadé, qui estime que la Banque mondiale chercherait, à travers ce concept, à masquer son inefficacité
 
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  • https://www.youtube.com/watch?v=bwcze5hKYEY

La classe moyenne africaine, telle que définie par la Banque mondiale, ne serait qu’une pure « fiction ». Cette thèse se vérifie d’autant plus si l’on s’en tient aux propres critères élaborés par l’institution de Bretton Woods, tant la réalité des classes moyennes dans les pays occidentaux diffère profondément de celle observée en Afrique. 

C’est l’avis du Dr Félix Atchadé, qui estime que la Banque mondiale chercherait, à travers ce concept, à masquer son inefficacité dans la lutte contre la pauvreté. Il s’exprimait à Dakar face à la caméra de SenePlus TV. 

Dans le cadre de la célébration du centenaire de Frantz Fanon, organisée au Musée des Civilisations Noires, le Dr Félix Atchadé, membre du comité d’organisation, a coanimé un panel consacré au concept de « classe moyenne africaine » forgé par la Banque mondiale. 

Dans son exposé, il a démontré que cette notion ne reflète pas la réalité des populations africaines, au regard des profondes disparités existant entre les classes moyennes occidentales et ce que la Banque mondiale qualifie de classe moyenne en Afrique. « C’est une création statistique qui ne correspond pas à la réalité. Le premier rapport de la Banque africaine de développement parlant de classe moyenne se fondait sur des revenus journaliers compris entre 2 et 20 dollars par jour. Or, le seuil minimal n’est pas très éloigné de celui de la pauvreté », explique-t-il. 

Selon lui, la Banque mondiale, après avoir initié des politiques de réduction de la pauvreté en faveur des pays pauvres très endettés aux résultats mitigés, aurait modifié ses instruments de mesure pour donner l’illusion de la réussite de ses politiques, en faisant croire à l’émergence d’une classe moyenne en pleine croissance. 

« Or, ce qui caractérise les classes moyennes dans les pays occidentaux - la stabilité de l’emploi, la capacité à se projeter dans l’avenir, à épargner, à se soigner et à accéder durablement aux services publics - n’existe pas en Afrique avec les critères utilisés par la Banque mondiale, qui se limitent essentiellement à l’aspect monétaire. Rien de tout cela n’est garanti à cette soi-disant classe moyenne africaine. Pour moi, il s’agit donc d’une fiction », argue le Dr Félix Atchadé, interrogé par SenePlus en marge du panel.

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