(SenePlus) - Le Parti démocratique sénégalais (PDS) a appellé à voter « non » à la réformé constitutionnelle voulue par le Pastef, une position qui le rapproche ponctuellement du président Bassirou Diomaye Faye dans son bras de fer avec Ousmane Sonko, sans pour autant traduire une alliance politique durable.
Dans une analyse publiée ce 1er juillet 2026 par Deutsche Welle (DW), la journaliste Sandrine Blanchard souligne que cette convergence s'inscrit davantage dans une recomposition du paysage politique que dans un soutien affirmé au chef de l'État.
Selon plusieurs observateurs cités dans l'article, le PDS cherche avant tout à retrouver une place centrale sur l'échiquier politique après son recul électoral. Son opposition aux réformes institutionnelles proposées par le camp de Sonko est perçue comme une occasion de se repositionner, alors que le parti avait déjà fait évoluer ses alliances ces dernières années, en soutenant tour à tour le duo Sonko-Diomaye lors de la présidentielle de 2024, puis en se rapprochant de l'Alliance pour la République (APR) aux législatives anticipées.
Le directeur de l'école de journalisme E-Jicom, Hamadou Tidiane Sy, estime que le rejet des réformes dépasse le seul PDS. D'après lui, une partie de l'opposition et de la société civile considère que le projet de révision constitutionnelle risque de modifier l'équilibre des institutions au profit du Parlement, une initiative largement attribuée à Ousmane Sonko.
L'analyste considère également que l'image de plus en plus clivante du leader de Pastef favorise des rapprochements circonstanciels entre plusieurs forces politiques et le président Bassirou Diomaye Faye. Il juge toutefois que ces convergences restent conjoncturelles et ne préfigurent pas la constitution d'une nouvelle coalition autour du chef de l'État.
Dans ce contexte, Bassirou Diomaye Faye chercherait à élargir sa base politique en s'appuyant davantage sur sa propre coalition, « Diomaye Président », alors que les tensions avec une partie de Pastef semblent s'accentuer. Selon Hamadou Tidiane Sy, cette évolution traduit une reconfiguration progressive des rapports de force au sommet de l'État sénégalais.