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Les locales dans le flou
À six mois de l'expiration du mandat des élus locaux, aucun acte officiel n'a encore enclenché le processus électoral. Le régime en place a-t-il déjà acté le report des prochaines élections municipales et départementales ?
 
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À six mois de l'expiration du mandat des élus locaux, aucun acte officiel n'a encore enclenché le processus électoral. L'absence des décrets préparatoires, conjuguée aux réformes institutionnelles annoncées notamment la réforme de l'Acte IV de la décentralisation et les incertitudes politiques, alimente les soupçons d'un report du scrutin et renvoie le pouvoir à ses propres critiques formulées contre le régime de Macky Sall.

Le régime en place a-t-il déjà acté le report des prochaines élections municipales et départementales ? La question mérite d'être posée. En effet, à environ six mois de l'expiration du mandat des conseillers municipaux et départementaux élus lors du scrutin du 23 janvier 2022, le processus électoral en vue de ces échéances est toujours au point mort.

À ce jour, ni le décret fixant la date du scrutin ni celui portant révision exceptionnelle des listes électorales, que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu de signer, n'ont été rendus publics. Audelà de ce retard dans la publication de ces actes préparatoires, le chantier de la réforme de l'Acte IV de la décentralisation et la mise en place des pôles-territoires qui tarde encore à se concrétiser renforcent les inquiétudes quant au respect du calendrier électoral.

Dans un entretien accordé à Sud Quotidien le 10 juin dernier, l'expert en décentralisation Amadou Séné Niang s'interrogeait sur la capacité des autorités à mener à bien les réformes annoncées sans compromettre l'échéance électorale. Il estimait également que l'éventualité d'une dissolution de l'Assemblée nationale, de plus en plus évoquée par certains observateurs ainsi que par des acteurs politiques proches de la coalition « Diomaye Président » et de l'opposition, pourrait constituer un autre facteur de blocage du calendrier républicain. 

Pour rappel, lors des dernières élections municipales et départementales du 23 janvier 2022, l'ancien président de la République, Macky Sall, après quatre reports successifs depuis juin 2019, avait fini par susciter une vive exaspération au sein de l'opposition. Il avait attendu le 10 mai 2021 pour signer le décret convoquant le corps électoral pour le scrutin du 23 janvier 2022. Plus tard encore, le décret portant révision exceptionnelle des listes électorales n'avait été signé que le 26 juillet 2021, ouvrant une période de révision du 31 juillet au 8 septembre de la même année.

Jugés particulièrement courts, ces délais avaient été vivement dénoncés par plusieurs formations de l'opposition de l'époque, dont figurait l'actuel parti au pouvoir, Pastef. Cinq ans plus tard, l'histoire semble se répéter, avec les mêmes interrogations sur le respect des délais électoraux et les mêmes craintes d'un report du scrutin. 

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