(SenePlus) - Réunis face au chef de l'État lors d'une rencontre consacrée aux exécutifs territoriaux, les édiles du pays ont détaillé leurs attentes sur l'Acte 4 de la décentralisation. Ils ont notamment plaidé pour un accès au document final de la réforme avant toute adhésion définitive.
Prenant la parole au nom de l'ensemble des maires du Sénégal, le président de l'Association des Maires du Sénégal (AMS), Oumar Ba, a salué devant Bassirou Diomaye Faye l'attention que le président de la République accorde aux collectivités territoriales, ainsi que le travail de concertation mené par le ministre en charge du secteur dans l'ensemble des régions. Il a toutefois fait savoir que les exécutifs territoriaux n'ont pas encore eu accès au document final de l'Acte 4 de la décentralisation, et a demandé l'ouverture d'une période complémentaire de consultation pour leur permettre de l'examiner et de formuler leurs observations avant de se prononcer.
L'AMS a soumis au ministre de tutelle un mémorandum détaillant les réformes jugées nécessaires à la valorisation et à la sécurisation de la fonction de maire. Parmi les points soulevés figurent la définition officielle de la place de l'élu dans le protocole d'État, la prise en charge de sa couverture sociale et sanitaire par la collectivité, l'instauration d'une retraite territoriale inspirée de la retraite parlementaire, une forme d'immunité territoriale adaptée, ainsi que la mise à disposition de véhicules de fonction, de passeports officiels et de signes distinctifs.
Sur le plan financier, l'association a sollicité une revalorisation substantielle du Fonds de dotation de la décentralisation et du Fonds d'équipement des collectivités locales, ainsi que des mécanismes de transfert plus automatiques et prévisibles, la simplification des procédures de lotissement et le renforcement de programmes comme le PACASEN et le FERA. Concernant la vision des « pôles territoires », les maires ont dit vouloir approfondir les échanges sur son statut juridique. En revanche, ils ont rejeté quasi unanimement toute idée de regroupement ou de suppression de communes évoquée lors des concertations, estimant que cela reviendrait à substituer une structure bureaucratique et éloignée des populations à une commune de proximité historiquement et socialement ancrée. Le président de l'AMS a formulé le vœu que cette rencontre marque le début d'une nouvelle étape fondée sur la confiance mutuelle et le dialogue permanent entre l'État et les territoires.