Lagos, 12 mars 2015 (AFP) - Le pasteur évangéliste nigérian TB Joshua a
fait appel de la décision de justice l'obligeant à témoigner dans le cadre de
l'enquête sur l'effondrement meurtrier d'un de ses immeubles à Lagos l'an
dernier, a annoncé jeudi son avocat.
L'accident survenu le 12 septembre 2014 dans une auberge du pasteur à la
réputation sulfureuse avait causé la mort de 116 personnes, principalement des
Sud-Africains.
Son avocat, Seun Abimbola, a évoqué cet appel pour expliquer l'absence de
son client à une convocation de la justice pour la quatrième fois.
"Nous avons déposé un recours concernant la décision de la Haute Cour",
a-t-il déclaré en référence à la décision de cette juridiction, qui le 6 mars
avait ordonné au pasteur évangéliste, baptisé "Le Prophète" par ses fidèles,
de coopérer avec la justice.
"Nous demandons également un sursis à l'exécution" de la décision de la
Haute Cour, a ajouté Me Abimbola.
Le pasteur, qui compte des présidents et des hommes politiques d'Afrique
parmi ses fidèles, affirme que l'effondrement a été causé par un avion
mystérieux vu au-dessus du bâtiment au moment des faits.
Mais les experts et les témoins ont affirmé que l'auberge qui s'est
effondrée n'avait pas de permis de construire et que plusieurs autres
bâtiments situés dans l'enceinte de l'église du prédicateur ne sont pas aux
normes.
Oyetade Komolafe, en charge de l'enquête, a déclaré qu'il s'attendait à ce
que TB Joshua soit présent à l'audience conformément à la décision de la Haute
Cour.
"Il est censé être là. Je vous l'aurais rappelé en délivrant un mandat
d'arrêt, mais je ne veux pas en arriver là", a-t-il lancé à l'adresse de
l'avocat du pasteur.
Me Akinbolahan Adediran, qui représente le gouvernement de l'Etat de Lagos,
a indiqué ne pas avoir reçu d'appel pour le moment, estimant par conséquent
que "la décision de la (Haute) Cour est toujours valable".
L'audience a été reportée à vendredi.
Ouagadougou, 12 mars (APS) – La 24-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), déroulée du 28 février au 7 mars, a été marquée par des faits qui interrogent encore, 46 ans après sa création, la raison d'être de la manifestation à la fois dans sa vision, ses orientations artistiques et politiques et dans son organisation pratique.
L'auteur du film "Fièvres", le Marocain Hicham Ayouch, lauréat de l'Etalon d'or de Yennenga de l'édition 2015, a dit son espoir de voir son œuvre projetée sur le continent à la faveur de cette nouvelle distinction. Dans le contexte actuel, il y a peu de chance que cela se réalise, la diffusion des œuvres artistiques en Afrique étant un gros problème.
En voilà un problème crucial : les films primés au Fespaco, parce que produits et portés par des mécanismes financiers et de diffusion étrangers, ne sont pas vus par le grand public en Afrique. Combien sont-ils de Sénégalais à avoir vu le film "Tey", de leur compatriote Alain Gomis, qui a reçu l'Etalon d’or de Yennenga, il y a deux ans, en mars 2013 ? Pas beaucoup !
La polémique autour de la présence de "Timbuktu", d'Abderrahmane Sissako, dans la compétition officielle de la 24-ème édition, a révélé ou confirmé deux réalités : la volonté de la critique et des médias français d'imposer au jury du Fespaco un film qu'ils ont eux-mêmes encensé et porté en triomphe. Dans leur schéma, Ouagadougou devait parachever une consécration lancée quelques jours plus tôt aux Césars (7 distinctions pour Sissako) et que le festival de Cannes n'avait pu valider en mai 2014.
Le fait-même que la Délégation générale du Fespaco ait envisagé de retirer le film du réalisateur mauritanien de la compétition, "en raison du contexte sécuritaire" dans la sous-région, est le signe qu'elle reste encore perméable à des considérations et influences politiques de toutes sortes.
"Ce qui est clair, c'est que tout le monde est contre +Timbuktu+". Cette affirmation d'un habitué des coulisses du festival, à quelques heures de la fin de l'édition 2015, samedi dernier, en dit long sur les tensions et le manque de lucidité que l'appréciation d'un film peut susciter.
Les 7 Césars et les lauriers tressés à "Timbuktu" ont plutôt desservi Abderrahmane Sissako, en ce sens qu'ils ont fait passer le film pour un produit français – ce qui n'est pas tout à fait faux – et portant un point de vue tendant à occulter un engagement décrié de l'Etat français en Libye et au Nord-Mali notamment. Pour un festival qui cherche à matérialiser le panafricanisme et une certaine indépendance doublée du refus de toute ingérence dans ses affaires, ça fait désordre.
L'épisode du film "Un homme qui crie", en 2011, avait déjà montré à quel point la volonté des médias, critiques et institutions françaises de contrôler le Fespaco était mal perçue. Son réalisateur, le Tchadien Mahamat Saleh Haroun, auréolé du Prix spécial du jury au Festival de Cannes (mai 2010), se voyait "offrir" l'Etalon d’or de Yennenga sur un plateau d'argent. Il n'en a rien été.
Dans ses aspirations, le Fespaco reste donc le cadre d'expression d'une certaine volonté d'indépendance politique et de refus de soumission à des diktats. Mais il faut bien plus que les faits cités pour asseoir cette vision et la traduire en actes encore plus forts. Il faut des politiques nationales claires pour que la coopération ne reste pas le seul moyen d'existence des films africains, francophones notamment.
Ces politiques qui porteraient la production et la diffusion des produits cinématographiques, permettraient ainsi de faire voir les films sur le continent et éviteraient de faire du Fespaco le dernier réceptacle pour des œuvres ayant fait le tour des festivals européens.
Voir les bannières de la chaîne d’information France24 et de Radio France Internationale (RFI) trôner sur le toit du siège du plus grand festival de cinéma en Afrique a dû en mettre beaucoup de festivaliers très mal à l'aise. De qui et de quoi ces "médias de propagande" – pour reprendre les mots d'un intellectuel ouest-africain – font-ils la promotion si ce n'est celle d'une vision paternaliste et condescendante sur le continent ?
Il y a urgence à retourner à la vision panafricaniste des pionniers tels que le Tunisien Tahar Cheriaa et le Sénégalais Sembène Ousmane, en allant convaincre les Etats à prendre plus au sérieux le Fespaco et en décolonisant les mécanismes de financement et de diffusion du film africain. Ce faisant, on réussirait à changer les points de vue misérabilistes, paternalistes et néocoloniaux qu'un statu-quo continuerait de charrier.
Les responsables du Fespaco, eux, doivent travailler à effacer les récurrents problèmes organisationnels liés notamment aux mauvaises habitudes d'une administration publique peu efficace. Dans son organisation pratique, la programmation du festival souffre encore de sa dispersion dans une ville vaste et où le système de transport n'est pas adapté.
Ce sont là des questions qui font que, pour le Fespaco, la quête de sens continue. Si, comme le disait il y a trois ans l'ancien directeur général du Centre cinématographique marocain, Nour-Eddine Saïl, le Fespaco est "essentiel à l'existence du cinéma africain", ces problématiques, et bien d'autres encore, doivent être prises en charge, ici et maintenant.
LE GOUVERNEMENT NE RÉAGIRA PAS AUX DÉCLARATIONS DE PAGANON
Dakar, 12 mars (APS) - Le gouvernement ne compte pas se prononcer sur les derniers propos tenus par l'ambassadeur de France au Sénégal, Jean-Félix Paganon, concernant le procès Karim Wade, du nom du fils et ancien ministre du président Wade, poursuivi pour enrichissement illicite présumé, a indiqué, jeudi à Dakar, le Premier ministre, Mahammed Dionne.
"Le gouvernement, on ne l'a pas entendu quand il y a eu un appel à l'ingérence. On ne l'entendra pas sur ce que vous qualifiez d'ingérence", a-t-il déclaré, répondant à des questions d’actualité à l’Assemblée nationale.
Au cours de cette séance plénière, le député du Parti démocratique sénégalais Mamadou Lamine Thiam, avait interpellé le Premier ministre sur le "silence" observé par le gouvernement concernant la dernière sortie du diplomate français sur les ondes d’une radio privée dakaroise.
A la question : "Au regard du déroulement du procès, une condamnation de Karim Wade ne vous étonnerait pas ?", le diplomate, invité de l’émission l'émission ‘’Grand-Jury’’ de la Radio futurs médias (RFM), avait répondu : "Je dirais, qu'à l'inverse, un non-lieu serait plus étonnant. Ce n'est pas un souhait, mais un sentiment".
"Qui a sollicité le président Obama, le président Hollande sur un procès qui se déroule au Sénégal entre des Sénégalais ? Qui a demandé à des juges français de venir se substituer à notre justice ? Je pense, honorable, que nous devons être conséquents. Être conséquent, c'est faire confiance à la justice de notre pays", a déclaré le Premier ministre.
"Aujourd'hui, il y a des procès. Vous ne m'entendez pas parler du fond des procès. Je fais confiance à la justice sénégalaise. Nous ne sommes pas des manipulateurs du droit, nous ne sommes pas des manipulateurs de la justice’’, a-t-il dit.
"Nous ne sommes pas des manipulateurs de la société. Il y a une obligation de rendre compte, cela s'appliquera demain à nous mêmes", a insisté le chef du gouvernement sénégalais.
MARY TEUW NIANE ESPÈRE ARRIVER À UN ACCORD AVEC LE SAES
Dakar, 12 mars (APS) - Le gouvernement a "bon espoir" qu’il trouvera avec le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES) un accord concernant la loi-cadre sur les universités, a dit jeudi le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mary Teuw Niane.
En répondant aux "questions d’actualité" des députés, à l’Assemblée nationale, il a expliqué que la controverse engendrée par la loi-cadre sur les universités porte sur trois aspects : la composition des conseils d’administration des universités, les modalités de nomination du président et du vice-président de ces conseils, et la nomination des recteurs.
Le gouvernement et le SAES vont se retrouver vendredi à 15h, au ministère du Travail, pour se pencher encore sur cette réforme.
Les deux parties ont décidé de mettre en place "une commission technique paritaire composée de plénipotentiaires (quatre pour chaque partie), en vue d’examiner les amendements du SAES", lors d'une réunion qui a eu lieu vendredi dernier.
Le SAES, qui regroupe environ trois quarts des enseignants des universités publiques sénégalaises, a tenu à "démontrer sa bonne volonté" et à "mener des négociations apaisées avec le gouvernement". Pour ce faire, il a décidé de suspendre sa grève, pour une semaine.
Son bureau national dit avoir pris "acte de l’engagement dûment notifié par le gouvernement de modifier les dispositions de la loi sur lesquelles un accord aura été trouvé".
La loi-cadre sur les universités publiques a été adoptée en décembre dernier par l’Assemblée nationale. "Elle vise à rationaliser la gouvernance institutionnelle et académique des universités, à travers l’unification du cadre légal et réglementaire", affirme le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le SAES dénonce ce texte qui ''porte atteinte à la liberté des universités".
Il a organisé des marches et observé des débrayages, pour manifester son désaccord avec le ministère de tutelle, en ce qui concerne cette réforme.
Une cérémonie dite d’incinération de la loi-cadre a été organisée dans les cinq universités publiques, à Dakar, Thiès, Bambey, Saint-Louis et Ziguinchor.
PLUS D'UN MILLION D'ENFANTS ONT BÉNÉFICIÉ DE LA GRATUITÉ DES SOINS
Dakar, 12 mars (APS) - Plus d'un millions d'enfants sont pris en charge par le programme de gratuité des soins de santé que le gouvernement met en œuvre au bénéfice des enfants de 0 à 5 ans, a révélé, jeudi à Dakar, la ministre de la Santé et de l'Action sociale, Awa Marie Coll Seck.
Avec la gratuité des soins de santé pour les enfants de 0 à 5 ans dans les postes de santé, centres et en urgence dans les hôpitaux, "nous avons touché plus d'un million d'enfants", a-t-elle déclaré en répondant à des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.
Sur le total des enfants ainsi pris en charge, 59.000 concernent les hospitalisations, a précisé la ministre de la Santé et de l'Action sociale.
En octobre 2013, le président Macky Sall avait annoncé, dans le cadre du programme de Couverture maladie universelle (CMU), la gratuité des soins de santé pour les enfants de 0 à 5 ans.
Awa Marie Coll Seck a par ailleurs indiqué que dans le cadre de la CMU, plus de 107 mutuelles de santés ont été créées, dont les actions ont profité à 30.000 adhérents et 300.000 personnes.
LA SUSPENSION DE L'EMPRUNT OBLIGATAIRE DE LA MAIRIE DE DAKAR N'EST PAS "POLITIQUE"
Dakar, 12 mars (APS) - La suspension de l'emprunt obligataire de 20 milliards de francs CFA prévu par la mairie de Dakar n'est pas d'ordre "politique", elle s'explique par des raisons "techniques", a précisé jeudi le Premier ministre Mahammed Dionne.
"Concernant l’emprunt de la Ville de Dakar, on parle de dossier politique. Non, c’est un dossier technique", a-t-il dit en répondant aux "questions d’actualité" des députés, à l’Assemblée nationale.
En 2014, le conseil municipal de Dakar a autorisé la mairie de lancer un emprunt obligataire de 20 milliards de francs CFA sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dans le but de trouver de l'argent pour financer des infrastructures.
"L’endettement (…) nécessite un regard extrêmement exhaustif", a souligné M. Dionne, ajoutant que l’opération a été suspendue, en attendant de savoir si la mairie de Dakar "peut supporter un endettement supplémentaire de 20 milliards de francs CFA".
Le 19 février dernier, la mairie Dakar s’apprêtait à lancer l’emprunt obligataire de 20 milliards pour une durée de sept ans.
Mais le gouvernement du Sénégal a émis un avis de non-objection deux jours avant le lancement de l’emprunt. Cette décision a mis l'organe de régulation des marchés financiers de l'UEMOA dans l'obligation de suspendre le lancement de l'emprunt.
"Il y a un ordonnateur unique du Budget national, c’est le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan. C’est lui qui a la signature de l’Etat en matière de finances publiques. Il va donner une garantie à hauteur de 10 milliards de francs CFA, parce qu’il est sollicité pour 50% de l’emprunt. Avant de la donner, il doit évaluer la dette actuelle du bénéficiaire", la mairie de Dakar en l'occurrence, a expliqué le Premier ministre.
Selon Mahammed Dionne, "les avances" faites par l’Etat à la mairie de Dakar s’élèvent à 12,3 milliards de francs CFA. Et la dette à payer par cette collectivité locale aux banques s’élève à 19,7 milliards de francs CFA, a-t-il indiqué.
Le gouvernement a demandé au ministre de l’Economie, des Finances et du Plan de traiter ce dossier "professionnellement" et en tant que "technicien, de concert avec ses services", a ajouté M. Dionne.
"S’il (le ministre des Finances) voit que les choses avancent, il donnera la signature de l’Etat", en vue de la levée de la suspension de l'opération, a assuré le chef du gouvernement.
"Oui aux financements innovants ! Mais dans la transparence", a-t-il ensuite lancé.
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ALERTE À LA BOMBE ?
AUTOUR DU SIÈGE DE LA BANK OF AFRICA AUX ALMADIES - TOUT LE PÉRIMÈTRE BOUCLÉ PAR DES FORCES DE SÉCURITÉ
(SenePlus.Com, Dakar) - C’était sans doute une fausse alerte. Hier, les fouilles dans les locaux de Bank of Africa, sis aux Almadies, où une alerte à la bombe, aux environs de 18h, avait provoqué l’évacuation du personnel, n’ont rien donné. Et ce matin, même s’ils se sont montrés peu loquaces des agents de la banque contactés par www.SenePlus.Com ont affirmé que leurs activités ont repris sans histoire ce matin.
Selon le quotidien L'AS, l'alerte a été donnée vers 15 heures. Un anonyme aurait contacté deux responsables de la banque pour leur signaler qu'une bombe a été posée dans leurs locaux. Alertés, les employés ont évacué les lieux. Informés à leur tour, les gendarmes, pompiers, spécialistes des explosifs de l'armée, se sont déployés sur les lieux. Selon toujours L'AS, l'auteur de l'alerte est activement recherché.
Plus de peur que de mal, donc. Seulement, il est regrettable que pour une affaire de cette nature qu’il n’y ait aucune communication officielle depuis hier. SenePlus a contacté le service de communication du ministère de l’Intérieur. Le responsable étant en voyage, un des agents du ministère nous a renvoyés au niveau des Relations publiques de la gendarmerie. Un des responsables dudit service contacté avait promis de nous rappeler, mais jusqu’à présent, rien.
Du côté de la présidence, le responsable de la communication, Mamadou Thiam, a promis à son tour de nous «donner des informations sur l’affaire dès que possible». Il dit être «souffrant depuis hier et un peu déconnecté».
UN EXPERT PROPOSE DES "INSPECTEURS DES IMPÔTS SANS FRONTIÈRES"
Dakar, 12 mars (APS) - L'inspecteur principal des Impôts Abdoulaye Niane a préconisé, jeudi à Dakar, des ''contrôles fiscaux groupés'' pour mettre fin à l'évasion et la fraude fiscale, sur la base d'une collaboration internationale impulsée par la notion d’inspecteurs des Impôts sans frontières.
Dans cette perspectives, les inspecteurs des Impôts sans frontières seront appelés à "faire dans le monde entier des contrôles fiscaux groupés" pour prévenir et lutter contre l'évasion et la fraude fiscale, a-t-il dit.
M. Niane, par ailleurs professeur à l'Université de Bambey (centre), participait à une conférence publique sur l'évasion fiscale, à l'initiative de la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté (FNF).
Cette manifestation, organisée de concert avec le Forum civil, portait sur le thème général ''Evasion fiscale : frein au développement économique et au progrès social en Afrique''.
Au Sénégal par exemple, le dispositif de contrôle mis en place par le Code général des Impôts ne peut pas être usité parce qu'on demande au ministère de l'Economie et des Finances de donner la liste des pays à fiscalité privilégiée [communément appelé paradis fiscal], et il ne l'a pas encore fait'', a renseigné le conférencier.
"Cela signifie qu'aujourd'hui, s'il y a des transactions vers les paradis fiscaux, l'administration fiscale est désarmée, elle ne peut pas tirer les conséquences fiscales faute d'un dispositif normatif efficace", a souligné Abdoulaye Niane.
Il a par ailleurs déploré l'insuffisance des ressources humaines affectées à ce secteur, de l'ordre de "1500 agents à la Direction générale des impôts et domaines (DGID) pour 13 mille habitants".
S'y ajoute "une collaboration insuffisante au niveau des structures financières notamment entre la Douane, les Impôts et le Trésor qui collaborent peu. Il a fallu signer des protocoles pour dire qu'on va collaborer alors qu’ils sont dans un même ministère".
De même, "la collaboration très insuffisante entre la DGID et les autres structures chargées de la répression de la criminalité financière (…)", la police, la justice et les nouvelles institutions comme la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC).
Abdoulaye Niane a proposé la création d'un Office sénégalais des recettes fiscales qui se présenterait comme "une agence indépendante permettant de maîtriser l'information fiscale et d'avoir une gouvernance transparente et vertueuse (…)".
Il a aussi proposé la création d'un "Conseil des impôts qui veillerait à la cohérence du dispositif, à l'équité du système et à son efficacité".
Une telle structure "se prononcerait sur la politique fiscale, sur les dépenses fiscales, sur la fiscalité minière et même sur l'exploitation de certains faits d'actualités en posant des questions sur le traitement fiscal fait des biens avérés mal acquis", par exemple, a-t-il précisé.
"L'évasion fiscale entraîne dans les pays sous développés comme le Sénégal, entres autres conséquences négatives, les déficits budgétaires, un niveau de pauvreté élevé des populations, les inégalités sociales persistantes et la dépendance économique", a pour sa part souligné Inge Herbert, directeur de la Fondation Friedrich Naumann pour le Sénégal, en introduisant les débats.
Selon Mme Herbert, le scandale "SwissLeaks", du nom de ce système international de fraude fiscale révélé en début février dernier, par des médias internationaux, n'est que la face visible de l'iceberg, "parce qu'il y a des autres comptes dans d'autres pays du monde".
Selon les révélations nées du scandale ''SwissLeaks'', entre novembre 2006 et mars 2007, plus de 180 milliards d'euros ont transité, à Genève, sur les comptes de 100 000 clients et de 20 000 sociétés offshore, concernant 188 pays différents. Des personnalités sénégalaises sont citées dans ce scandale
MAHAMMED DIONNE : "IL N'Y A PAS EU DE GRÉ À GRÉ À AFRICA ENERGY"
APPEL D'OFFRE POUR LA CONSTRUCTION D'UNE CENTRALE ELECTRIQUE
Dakar, 12 mars (APS) - Le Premier ministre, Mahammed Dionne, a démenti, jeudi à Dakar, tout gré à gré dans l'appel d'offres de 300 milliards de francs CFA lancé par la société Africa Energie pour la construction d'une centrale électrique.
"Il n'y a pas d'appel d'offres de 300 milliards de francs CFA passé de gré à gré. Non", a-t-il dit en répondant à des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.
Selon le Premier ministre "le secteur de l'énergie marche depuis la dérégulation avec des producteurs indépendants d'énergie.
"Il n'existe pas d'affaire Africa Energy. Ce qui s'est passé par rapport au contrat est conforme à la réglementation", a de son côté précisé le ministre de l'Energie Maïmouna Ndoye Seck.
Pour Mme Seck, le contrat liant SENELEC à Africa Energy "est un contrat de partenariat public-privé", aux termes duquel l'Etat "oblige les sociétés à créer des sociétés de droit sénégalais, ce qui a obligé la société ARCHEAN à créer Africa Energy".
La SENELAC avait signé en août 2013, avec la structure Africa Energie SA, une convention de 630 millions de dollars pour la réalisation d'une centrale de 300 MW dans la zone de Mboro (région de Thiès).
La réalisation de cette centrale fonctionnant au charbon et au gaz va coûter plus de 300 milliards de Francs CFA. Le coût moyen de production devrait revenir à 66 francs CFA au killowatt/heure.
ABDOUL AZIZ TALL ET LES ARCHITECTES VONT CREER UN CADRE DE CONCERTATION
Dakar, 12 mars (APS) – L’Ordre des architectes du Sénégal (ODAS) et le Bureau opérationnel de suivi du Plan Sénégal émergent (PSE) ont annoncé jeudi à Dakar la création d'un futur "cadre de concertation" devant permettre à cette catégorie d'ingénieurs de participer à la mise en œuvre de ce programme de développement économique.
Les responsables des deux structures ont pris cette décision lors d’une réunion organisée dans le cadre des "jeudis de l’émergence", les rencontres périodiques que tient le ministre chargé du suivi du PSE, Abdoul Aziz Tall.
"Cette rencontre est une prise de contact", a précisé le président de l’ODAS, Fodé Diop, avant d’annoncer la création d’un futur "cadre de concertation" entre l’organisation professionnelle qu’il dirige et le Bureau opérationnel de suivi du PSE.
"Nous allons voir dans quelle mesure on pourrait créer des passerelles qui pourraient peut-être déboucher sur un protocole permettant à l’Ordre de servir de conseiller et de maître d'œuvre de certains projets prévus dans le PSE", a expliqué M. Diop.
"L’Ordre des architectes manifeste toute sa disponibilité à accompagner les autorités chargées du suivi du PSE", a-t-il ajouté.
Il a fait part de "la disponibilité" de ses confrères à faire en sorte que "les projets inscrits dans le Plan Sénégal émergent soient réalisés".
"Cette rencontre leur a permis de connaître les créneaux qui s’offrent à eux dans le cadre de la mise en œuvre du PSE. Et les échanges vont se poursuivre", a réagi Abdoul Aziz Tall.
Les architectes auront leur rôle à jouer dans le volet habitat du PSE, notamment la Cité des affaires, les pôles urbains et les centres de développement artisanal, a-t-il indiqué.