Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a participé hier 2026 à Nairobi à la première journée du Sommet Africa Forward, organisé conjointement par le Kenya et la France. Cette rencontre internationale a réuni plusieurs chefs d’État, responsables gouvernementaux, investisseurs et représentants du secteur privé autour des grands défis économiques et stratégiques du continent africain.
Hier, le chef de l’État sénégalais a enchaîné les audiences économiques, les rencontres diplomatiques et les échanges sur les perspectives de développement du continent. Les discussions ont principalement porté sur les infrastructures, l’énergie, les investissements, le commerce intra‐africain et la place de la jeunesse dans les politiques de transformation économique.
Des partenariats économiques au service de la Vision Sénégal 2050
La première partie de la journée du président sénégalais a été consacrée à plusieurs rencontres avec de grands acteurs économiques inter‐ nationaux intéressés par les projets structurants du Sénégal.
Parmi les audiences les plus importantes figure celle accordée à Rodolphe Saadé, président‐directeur général de CMA CGM, l’un des leaders mondiaux du transport maritime et de la logistique.
Les échanges ont porté sur les perspectives de développement du secteur portuaire sénégalais et sur le futur port de Ndayane, considéré comme l’un des projets les plus stratégiques pour l’économie nationale. Les autorités sénégalaises veulent faire de cette infrastructure un véritable hub logistique régional capable de renforcer la position du Sénégal sur la façade atlantique africaine
Le groupe CMA CGM, présent dans plus de 170 pays, a réaffirmé sa volonté d’accompagner le Sénégal dans cette nouvelle dynamique économique. Les discussions ont également concerné les évolutions du commerce maritime mondial ainsi que les nouvelles opportunités liées aux infrastructures portuaires et logistiques dans la sous‐région
Le président Bassirou Diomaye Faye a ensuite reçu Thierry Déau, président du groupe Meri‐ diam, déjà fortement impliqué dans plusieurs projets structurants au Sénégal.
Le partenariat entre Meridiam et le Sénégal concerne notamment le Bus Rapid Transit (BRT) de Dakar, un projet destiné à améliorer durablement la mobilité urbaine dans la capitale sénégalaise. Ce programme mobilise plusieurs centaines de milliards de francs CFA et doit permettre de réduire les difficultés liées aux transports dans l’agglomération dakaroise.
Les échanges ont également porté sur les projets énergétiques, en particulier les centrales solaires de Santhiou Mékhé et de Ten Mérina qui contribuent au renforcement du mix énergétique national et à la transition vers des énergies plus propres.
Les deux parties ont évoqué la possibilité d’élargir leur coopération à d’autres projets d’infrastructures et de développement durable en cohérence avec les ambitions de la Vision Sénégal 2050.
En marge du sommet, le président sénégalais s’est entretenu avec le président français Emmanuel Macron à l’Université de Nairobi.
Les discussions ont porté sur la coopération bilatérale entre Dakar et Paris, mais aussi sur plusieurs enjeux internationaux tels que la réforme du système financier mondial, les défis climatiques, les questions de paix et de sécurité ainsi que les politiques en faveur de la jeunesse.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la volonté affichée des autorités sénégalaises de diversifier leurs partenariats tout en renforçant les investissements dans les secteurs jugés prioritaires pour la transformation économique du pays.
Le secteur privé africain appelle à une nouvelle dynamique
La cérémonie d’ouverture de Africa Forward Connect & Inspire s’est déroulée sous la présidence du Premier ministre kényan Musalia Mudavadi et du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean‐Noël Barrot.
Après les discours officiels, le président de Business Africa, Baïdy Agne, a pris la parole au nom du secteur privé africain.
Dans une intervention marquée par un ton volontariste, il a affirmé que « le seul parti dont il est militant est le Parti de l’Entreprise », expliquant que ce parti symbolise une vision fondée sur l’écoute, la protection et l’accompagnement des entreprises africaines.
Selon lui, l’Afrique doit désormais miser davantage sur ses propres ressources pour accélérer son développement économique. Il a insisté sur quatre grands leviers encore insuffisamment exploités : le capital naturel, le capital humain, le capital financier et le capital commercial.
Le président de Business Africa a rappelé que le continent détient plus de 30 % des réserves minérales mondiales. Pour lui, le véritable enjeu est aujourd’hui de transformer localement ces ressources afin de créer davantage de valeur ajoutée, d’emplois et de croissance inclusive.
Il a également mis l’accent sur le potentiel démographique africain. Avec un âge médian de 19 ans, l’Afrique dispose selon lui d’un important avantage capable de stimuler la croissance économique du continent si les investissements nécessaires sont réalisés dans la formation, l’éducation et l’emploi des jeunes.
Concernant le capital financier, Baïdy Agne a évoqué les ressources importantes représentées par les fonds de pension africains ainsi que les transferts de fonds de la diaspora. Il a plaidé pour une meilleure intégration financière africaine et un développement plus rapide des marchés des capitaux afin de soutenir les investissements nécessaires à la transformation économique du continent.
Le président de Business Africa a aussi insisté sur les perspectives offertes par la Zone de libre‐échange continentale africaine. Selon lui, la mise en œuvre complète de cette zone pourrait accroître fortement les exportations africaines et augmenter les revenus du continent dans les prochaines années.
Le sport et la jeunesse au cœur des ambitions africaines
Au cours du Forum Afrique‐France des affaires, le président sénégalais a participé à la clôture du panel de haut niveau consacré au thème « Sport et Développement ».
Autour de Bassirou Diomaye Faye se trouvaient notamment le président kényan William Ruto, le président botswanais Duma Boko ainsi que le président de la CAF Patrice Motsepe.
Le chef de l’État sénégalais a profité de cette tribune pour mettre en avant les ambitions du Sénégal dans le domaine sportif à quelques mois des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, premier événement olympique organisé sur le continent africain.
Selon lui, les travaux de construction et de rénovation des infrastructures sportives produisent déjà des retombées économiques importantes à travers la création d’emplois et le développement d’équipements de proximité dans plusieurs localités du pays.
Le président sénégalais a également insisté sur le rôle du sport comme facteur d’inclusion sociale, d’éducation et de cohésion pour la jeunesse africaine.
De son côté, Baïdy Agne a plaidé pour une nouvelle relation économique entre l’Afrique et la France fondée sur davantage de responsabilités, d’engagements et d’actions concrètes.
Il a notamment appelé à renforcer les investissements dans les infrastructures modernes, les transports, le numérique, la fintech, l’intelligence artificielle et les transitions énergétiques.
Concluant son intervention sur une note panafricaniste, il a estimé que « l’Afrique économique n’est plus périphérique » et qu’elle doit désormais parler d’une voix forte dans un monde en pleine recomposition économique et géopolitique.