La Chambre d’accusation financière a ordonné la mainlevée du mandat de dépôt du député-maire de Louga, Moustapha Diop dans l’affaire Tabaski Ngom. Cette décision constitue une avancée notable pour l’ancien ministre, qui demeure toutefois incarcéré en raison de la procédure distincte liée aux fonds Covid-19.
Le député-maire de Louga, Moustapha Diop, a franchi une étape importante dans sa quête d’une liberté conditionnelle. Statuant hier, mercredi 6 mai, sur la requête introduite par ses avocats dans l’affaire Tabaski Ngom, la Chambre d’accusation financière a ordonné la mainlevée de son mandat de dépôt et son placement sous contrôle judiciaire. Cette décision constitue un tournant dans ce dossier, même si l’ancien ministre reste confronté à un obstacle majeur : la procédure relative à la gestion des fonds Covid-19. En attendant, la Chambre d’accusation financière a assorti sa décision de conditions strictes. Ainsi, Moustapha Diop ne pourra pas quitter le territoire national sans l’autorisation du juge d’instruction. Il devra également déposer son passeport au greffe et se présenter chaque premier lundi ouvrable du mois devant le cabinet d’instruction. Et toute violation d’une seule de ces obligations entraînerait son retour immédiat en détention provisoire.
Cependant, malgré cette avancée, l’horizon judiciaire de l’édile de Louga reste incertain. En effet, impliqué dans une seconde procédure distincte liée au rapport sur les fonds Covid-19, Moustapha Diop reste en prison. Ses avocats devront donc poursuivre leur offensive devant la Chambre d’accusation financière du Pool judiciaire financier (PJF) afin d’obtenir une décision similaire dans ce dossier des fonds Covid19, dans lequel Moustapha Diop est visé en même temps que quatre de ses anciens collaborateurs du gouvernement sous le régime du président Macky Sall.
Pour rappel, cette affaire Tabaski Ngom est partie des accusations portées contre lui par l’ancien Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (Aprosi). Inspectrice du Trésor, Tabaski Ngom a été arrêtée et placée sous mandat de dépôt en janvier 2025 pour un détournement présumé de 743 millions de francs CFA, commis alors qu’elle occupait le poste d’agent comptable à l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (Aprosi). Lors de son audition au fond, elle a déclaré avoir été manipulée par Moustapha Diop, alors ministre de l’Industrie et maire de Louga. Le 21 mars 2025, l’Assemblée nationale avait donné son feu vert à la levée de l’immunité parlementaire du député. Quelques mois plus tard, le 30 juillet, la Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a demandé son inculpation, alors même qu’il était déjà placé en détention préventive dans le dossier des fonds Covid-19.