Le seizième de finale du Mondial 2026 entre la Belgique et le Sénégal s'annonce spécial pour le Diable Rouge Amadou Onana, belgo-sénégalais et fan des Lions du pays de la Teranga où il est même natif. Dans cet entretien, le joueur s'est confié sur son amour pour son pays d'origine et pour les Lions.
Dans les dernières encablures de la phase de groupes, lorsque les derniers résultats ont officiellement placé le Sénégal sur la route de la Belgique en seizièmes de finale, il y en a un, chez les Diables Rouges, qui a dû esquisser un sourire. Ou ronchonner, c'est au choix. Avant le coup d'envoi de la coupe du monde de la FIFA 2026 le milieu de terrain Amadou Onana avait en effet été très clair sur ses attentes : il ne souhaitait pas affronter le Sénégal.
"Pendant le tirage au sort, j'étais au club [à Aston Villa] et je me disais : 'S'il te plaît, ne me fais pas jouer contre eux [les Sénégalais]. Mets-moi même la France, peu importe, mais ne me mets pas le Sénégal !'", avait confié le milieu de terrain belge au créateur de contenu Just Riadh en mars dernier, dans une vidéo qui refait soudain parler d'elle.
S'il voulait tant éviter de croiser la sélection africaine, c'est tout simplement parce que le Sénégal occupe une place toute particulière dans sa vie.
« J’ai un lien très, très fort avec le Sénégal. Je suis un vrai Galsen (terme local issu du verlan de Sénégalais). J'ai parlé le wolof avant de parler français. Le wolof, c'est ma langue maternelle. Je suis né à Dakar, toute ma famille vit là-bas, à part ma mère et mes frères et sœurs qui sont à Bruxelles. J'y vais une fois par an.
C'est mon 'reset'. Ça me recharge."
Quand il s'agit de football, s'il a bien sûr les Diables Rouges dans le cœur, Amadou Onana a aussi les Lions de la Teranga dans le sang. Il ne sera donc pas simple, pour celui qui supporte le Sénégal depuis sa tendre enfance, de mettre ses émotions de côté mercredi à Seattle, même si l'on peut d'ores et déjà compter sur sa volonté sans faille de faire avant tout briller la Belgique
Si tu demandes à ma mère, je suis toujours devant la télé dès que le Sénégal joue. Après, j'ai tellement de potes qui jouent là-bas. Comme je l'ai dit, moi, j'ai une grande attache avec le pays. Pendant la Coupe d'Afrique [des Nations 2026], j'étais comme un ouf." Titulaire contre l'Égypte (1-1) avant d'assister au match nul de ses partenaires contre la RI Iran (0-0) depuis le banc, Amadou Onana est entré en fin de rencontre pour participer à la fête face à la Nouvelle-Zélande (5- 1), une victoire qui a permis à la Belgique de rallier les seizièmes de finale. Après deux revers contre la France (3-1) puis la Norvège (3-2), les Lions de la Teranga ont, eux, décroché de justesse le dernier billet de meilleur troisième grâce à leur large succès face à l'Irak (5-0). Le hasard a ensuite fait le reste.
Il existe peut-être un univers parallèle où Amadou Onana disputerait cette rencontre sous le maillot sénégalais. Dans le nôtre, le joueur d'Aston Villa défiera bel et bien le pays où il est né sous les couleurs de la Belgique, tout simplement parce qu'il n'a jamais figuré dans les plans des Lions de la Teranga, pas même chez les jeunes.
"Le Sénégal ne m'a jamais appelé. Jamais", a assuré celui qui porte le maillot des Diables Rouges depuis les U-17.
Supporter de toujours du Sénégal, grand amateur de la cuisine locale, mais également ambassadeur de l'International Football Academy (IFA), une structure de formation située à Tivaouane, Amadou Onana s'apprête à mettre tout cela de côté. Le temps de 90 minutes, ou plus, il n'y aura plus de place pour les sentiments. Une fois que le coup de sifflet final aura retenti, en revanche, l'issue sera forcément douce-amère, quel que soit le scénario.