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Aminata Touré dévoile le nouveau visage des institutions sous l’ère Diomaye
Les textes présentés par la superviseure générale de la coalition Diomaye Président traduisent les principales recommandations des concertations nationales engagées depuis 2024. Ils prévoient une série de changements touchant aux institutions.
 
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  • https://www.youtube.com/watch?v=P3QC2padbY0

(SenePlus) - Face à la presse ce lundi 27 avril 2026, la superviseure générale de la coalition Diomaye Président, Mme Aminata Touré, a présenté quatre avant-projets de loi qui constituent, selon elle, le socle d'une « méthode de gouvernance par le consensus ». Ces textes, issus des assises sur la justice de 2024 et du dialogue national de 2025, marquent une étape cruciale avant leur transmission au Conseil des ministres puis à l'Assemblée nationale.

La philosophie de ces réformes repose sur une volonté d'inclusion systématique. Pour Mme Touré, la démarche du Président Bassirou Diomaye Faye s'inscrit dans une tradition de « dialogue franc, ouvert et constructif » avec les forces vives de la nation. Elle a insisté sur le fait que ces changements ne sont pas imposés de manière unilatérale, mais reflètent les aspirations populaires exprimées lors des concertations, car « la démocratie sénégalaise s’est bâtie sur le consensus ».

L'un des piliers de cette réforme est la révision de la Constitution, qui prévoit désormais l'incompatibilité stricte de la fonction présidentielle avec la direction d'un parti politique. Cette mesure vise à sacraliser la stature de chef de l'État en tant qu'arbitre au-dessus de la mêlée partisane. Dans cette même dynamique, l'exécutif propose de renforcer les pouvoirs de contrôle de l'Assemblée nationale, permettant à ses commissions d'enquête d'auditionner toute personne dont l'apport est jugé utile, garantissant ainsi une plus grande redevabilité.

Sur le plan judiciaire, le pays s'apprête à basculer vers une véritable Cour constitutionnelle, en remplacement du Conseil actuel. Cette nouvelle instance passera de sept à neuf membres, une expansion destinée à favoriser une « délibération plus collégiale » et à mieux gérer le contentieux électoral et institutionnel, explique Aminata Touré. En intégrant le principe contradictoire dans ses procédures, la Cour s'aligne désormais sur les « standards des grandes juridictions constitutionnelles » des démocraties les plus avancées du globe.

Le volet électoral n'est pas en reste, avec une innovation majeure attendue depuis des décennies par la classe politique : la création de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Cette autorité administrative aura pour mission de préparer, d'organiser et d'administrer les scrutins, des compétences auparavant dévolues au ministère de l'Intérieur. Cette autonomisation est perçue comme une « avancée extraordinaire » pour garantir l'équité des joutes électorales à venir.

Pour simplifier le processus de vote et réduire les coûts exorbitants des campagnes, le Sénégal adoptera également le bulletin unique. Mme Touré a rappelé que ce système, déjà en vigueur dans plusieurs pays de la sous-région, est une demande ancienne des acteurs politiques. Par ailleurs, la révision des listes électorales deviendra permanente, permettant aux jeunes de 18 ans et aux citoyens changeant de domicile de s'inscrire sans attendre des périodes spécifiques d'ouverture.

Une autre avancée concerne l'élargissement du droit de vote, selon elle. Le projet de loi prévoit en effet d'installer l'effectivité du vote pour les personnes en détention qui n'ont pas été déchues de leurs droits civiques par une décision de justice. De plus, la réforme institutionnalise le débat programmatique entre les deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle, afin de permettre aux citoyens de faire des « choix informés » sur la base de programmes clairs.

Afin d'assainir l'espace politique, le gouvernement compte encadrer plus strictement les candidatures et le financement des partis. Désormais, le dépôt de la caution devra être effectué avant le retrait de la fiche de parrainage, une mesure destinée à « mettre fin aux candidatures fantaisistes » et à renforcer la crédibilité du processus électoral. Le financement public des partis politiques sera également activé, conformément à une directive de l'UEMOA datant de 2009, mais sous des conditions de transparence extrêmement rigoureuses.

Le contrôle de ces financements sera confié à la Cour des comptes, et les sources de financement privées seront strictement encadrées. Mme Touré a été catégorique : « les dons anonymes et occultes, ou le financement par la cryptomonnaie, ou par des sociétés publiques ou des contributions étrangères seront prohibés ». Seuls les dons provenant de Sénégalais établis à l'étranger resteront autorisés, afin d'éviter toute ingérence de forces étrangères dans la vie politique nationale.

Mme Aminata Touré a enfin exhorté les citoyens à s'approprier ces textes, disponibles en consultation publique sur les plateformes gouvernementales. Cette étape de « débat citoyen » est, selon elle, la signature de la nouvelle gouvernance sénégalaise, car pour des textes d'une telle importance, il est impératif que les Sénégalais en saisissent « l'essence du consensus » avant qu'ils ne deviennent loi.

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