Le ministre de la Fonction publique et du travail a présenté hier à la presse un large bilan des réformes engagées par l’État du Sénégal en matière de travail, de protection sociale, de dialogue social et de modernisation de l’administration. Olivier boucal a annoncé un apurement de la dette intérieure à hauteur de 800 milliards de FCFA.
Dans le souci d’instaurer un climat social apaisé pour une économie compétitive, durable et un travail décent, Etat, employeurs et employés avaient signé en 2025 un pacte de stabilité sociale de 3 ans axé sur 87 engagements. A quelques jours de l’an 1 dudit pacte, des avancées majeures sont notées. C’est le cas de la dette intérieure qui représente plus de 30% de la dette totale de l’Etat évaluée à plus de 7500 milliards en 2024. Selon le ministre de la Fonction publique, 500 milliards de FCFA ont été mobilisés dans la loi de finances rectificative de 2025 pour le paiement d’une partie de cette dette. Et 300 milliards supplémentaires ont été versés, soit un total de 800 milliards payés en une année d’exécution du pacte. Olivier Boucal salue ainsi une volonté de l’Etat d’honorer ses engagements et invite le patronat à en faire de même. Le ministre salue par la même occasion les engagements de transparence pris par l’Etat du Sénégal à travers la publication régulière, par le ministère des Finances, des rapports d’exécution budgétaire.
A côté de ces engagements, il cite un certain nombre de réformes allant dans le sens d’installer un climat social apaisé. Il s’agit notamment de la réforme du Code général des impôts, l’adoption de la politique nationale de l’emploi ainsi que les travaux en cours pour généraliser l’indemnité de logement à l’ensemble des fonctionnaires. Environ 16 000 agents restent concernés, tandis que les études techniques et budgétaires se poursuivent avec le ministère des Finances. Dans le secteur de la justice, Olivier Boucal a salué la signature d’un accord important, la réforme de l’école de la magistrature, la formation de greffiers et la revalorisation du niveau de recrutement. Des ajustements ont également été engagés afin d’harmoniser les hiérarchies entre agents de niveaux différents. Sur le plan social, il indique que plusieurs documents ont été intégrés au corpus juridique du travail afin de mieux protéger les salariés, tandis que des réformes ont également été menées dans la fonction publique, notamment sur les questions liées à la protection sociale.
PRENDRE EN COMPTE LE SECTEUR INFORMEL
Le ministre a particulièrement insisté sur la nécessité de prendre en compte le secteur informel, qui demeure numériquement plus important que le secteur formel au Sénégal. C’est ainsi, dira-t-il, que des engagements ont été pris pour élargir la couverture sociale à toutes les catégories de travailleurs, avec des dispositifs adaptés aux petits contributeurs, aux artisans et aux professions peu couvertes jusque-là. Sur le plan institutionnel, Olivier Boucal a annoncé la mise en place d’un cadre de gouvernance dédié au dialogue social. Deux organes ont été ainsi installés. Il s’agit d’un organe de pilotage présidé par le Premier ministre, déjà réuni à deux reprises, et un comité technique chargé du suivi du programme ainsi que de l’évaluation des engagements pris par les différents signataires. En parallèle, des comités de dialogue social ont été créés dans les ministères, agences et entreprises publiques, sous la coordination du Haut Conseil du Dialogue Social. Sur le terrain juridique, plusieurs décrets ont été signés pour corriger des situations jugées injustes au sein de l’administration. Le ministre a notamment évoqué le cas du secteur de l’éducation, où certains agents se retrouvaient défavorisés par rapport à d’autres fonctionnaires. L’État a donc pris des mesures réglementaires pour rétablir l’équité. D’autres réformes concernent la retraite, la sécurité sociale et le secteur sanitaire. Olivier Boucal a cité la question du reclassement des sages-femmes techniciennes supérieures, affectées par des changements dans la hiérarchie administrative. Une réforme a été engagée afin de repositionner ces agents au niveau correspondant à leur qualification.
NOUVEAU CODE DU TRAVAIL AINSI QUE LE CODE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE
Le ministre a également annoncé que le projet du nouveau Code du travail ainsi que le Code de la sécurité sociale ont déjà été adoptés en Conseil des ministres et attendent désormais leur examen à l’Assemblée nationale. Il a aussi souligné la nécessité de moderniser le statut général des fonctionnaires, un texte datant de 1961, jugé aujourd’hui dépassé face aux réalités contemporaines de l’administration publique. Autre chantier évoqué, l’élaboration d’un Code d’éthique et de déontologie destiné à compléter les règles applicables aux agents publics, afin de renforcer les valeurs professionnelles, la discipline administrative et la progression de carrière. Concernant les conditions de travail, Olivier Boucal a indiqué que plusieurs mesures salariales ont été prises et que des concertations ont été menées avec différentes branches professionnelles, notamment dans le secteur primaire ainsi que dans les hôtels, bars et restaurants. Selon lui, ces travailleurs doivent bénéficier des mêmes droits sociaux que les autres salariés, malgré les spécificités de leurs horaires. Le ministre a aussi détaillé plusieurs dossiers sociaux traités récemment. À Dakar Dem Dikk où 241 prestataires ont signé des contrats à durée indéterminée, avec neuf réintégrations supplémentaires, au Port autonome de Dakar ave 40 travailleurs réintégrés. Au ministère des Mines, 8 agents ont retrouvé leur poste, tandis qu’à la CDC, 37 personnes ont signé un protocole de départ négocié.
DIGITALISATION PROGRESSIVE DES PROCÉDURES PUBLIQUES
Sur le chantier de la modernisation administrative, l’État a engagé la digitalisation progressive des procédures publiques. L’objectif affiché est de regrouper les différentes plateformes numériques des ministères autour d’une seule porte d’entrée accessible aux citoyens sénégalais. Olivier Boucal a également mis en avant les recrutements décidés dans les secteurs prioritaires tels que l’éducation. Autant de réformes qui font dire au ministre que le pacte social est bel et bien en cours d’exécution. Même s’il reconnaît l’existence de tensions, Olivier Boucal a toutefois insisté sur la nécessité de préserver la stabilité du pays grâce au dialogue entre l’État, le patronat et les syndicats. « Nous sommes dans un moment difficile, mais chacun doit respecter les engagements pris afin de construire le Sénégal que nous voulons », a-til déclaré, avant la publication dans les semaines à venir du livre blanc demandé par le président de la République.