L’audition du maire de Dakar aujourd’hui devant la Division des investigations Criminelles (Dic) a fait sortir de ses gonds Moussa Taye, conseiller politique de Khalifa Sall. Ce proche de Khalifa accuse le Président Macky Sall et Ousmane Tanor Dieng d’être derrière cette «machination» pour atteindre Khalifa sall.
L’As : Khalifa Sall est convoqué demain à la Dic pour répondre de certaines accusations dont il fait objet dans le rapport de l’Ige. Comment appréhendez-vous ce moment ?
Je considère que c’est une machination orchestrée par le régime en place avec la complicité de Ousmane Tanor Dieng pour freiner un peu la dynamique de refus et de résistance que le maire de Dakar a enclenchée. Et laquelle dynamique consiste à présenter une liste aux élections législatives de 2017 et même être candidat à la présidentielle de 2019. Donc pour moi, ce n’est qu’une conspiration.
Quelle sera votre ligne de défense ?
Notre ligne de défense est très simple. Elle consistera à se conformer à la loi. Khalifa Sall, devant les enquêteurs de la DIC, évoquera la loi.
N’est-il pas trop facile de parler de conspiration dans la mesure où les griefs sont contenus dans un rapport de l’Ige ?
Depuis 2009, l’IGE séjourne chaque année à la mairie de Dakar. Nous sommes dans la mairie la plus contrôlée au Sénégal. Chaque année, l’IGE vient à la mairie de Dakar et présente un rapport, donc ce n’est pas une nouveauté. Et la caisse d’avance a toujours existé. Donc, les griefs reprochés aujourd’hui à Khalifa Sall existaient bien avant Khalifa Sall et l’IGE les avait constatés depuis 2009. C’est la raison pour laquelle, je pense qu’il y a anguille sous roche. Car en définitive, ce qu’on reproche à Khalifa Sall, c’est une mauvaise gestion ou même une tentative de détournement. Or, la Marie de Dakar est depuis 2009 l’exemple type de bonne gouvernance et de gestion transparente. Chaque année, tous les corps de contrôle de l’Etat nous donnent un satisfecit général. La Cour des comptes et l’Armp ont toujours soutenu que la Ville de Dakar est le meilleure élève en matière de passation des marchés. Aujourd’hui, Khalifa Sall devrait être félicité pour transparence et bonne gouvernance plutôt que d’être inquiété. Les Collectivités locales d’Afrique viennent souvent chez nous pour apprendre de nous. Ce qui signifie que notre gestion est marquée d’un sceau de la transparence et de la bonne gouvernance. (…). En outre, l’IGE a été dans toutes les mairies du Sénégal et les Institutions de la République. Il y a une gestion sélective des rapports de l’IGE. Beaucoup d’Institutions ont été auditées et épinglés. Et leurs responsables n’ont jamais été inquiétés. Rappelez vous le Coud, le rapport Petro Tim… Pourquoi avoir choisi tout simplement la Ville de Dakar. C’est qui me fait dire qu’il y a anguille sous roche »,
Dans son rapport, l’Ige aurait soutenu que des magasiniers de la ville de Dakar ont enfoncé Khalifa Sall. Que répondez-vous à ces accusations?
La Ville de Dakar dispose de magasins dans lesquels on met des denrées de première nécessité. On y met du riz, du sucre, des dattes notamment en période de ramadan. Donc la ville est souvent pourvoyeuse de denrées de premières nécessitées auprès des populations.
A combien s’élève mensuellement le montant d’une caisse d’avance ?
La caisse d’avance a une histoire, elle date de 1920, bien avant les Indépendances. En 1995, le ministre Souty Touré, chargé de la Décentralisation à l’époque, avait pris un arrêté pour donner à Mamadou Diop, maire de Dakar, une caisse d’avance de 50 millions. Et la justification de l’utilisation de ces fonds devait se faire, non pas au ministère des Finances ; mais plutôt au ministère de la Décentralisation. Le budget de la Ville ayant évolué, les charges également ayant évolué, c’est tout à fait normal donc que le montant alloué à la caisse d’agence puisse évoluer. Cette caisse d’avance n’a rien d’illégal, c’est dans la nomenclature budgétaire votée par les conseils municipaux. Dans le fond comme dans la forme, cette caisse d’avance n’a rien d’illégal. Elle correspond même aux soucis de transparence. Maintenant, en matière de reddition des comptes, Khalifa Sall a été le premier à donner l’exemple. Rappelez-vous en 2009, une fois élu maire, la première chose que Khalifa Sall a eu à faire, c’est une déclaration de patrimoine, sans contrainte. Il avait donc montré sa volonté d’être transparent dans la gestion. Et depuis 2009, nous avons géré plusieurs budgets, mais on n’a jamais entendu un scandale financier à la Ville de Dakar.
Puisque vous parlez d’un combat politique, quelle sera votre posture en tant qu’homme politique ?
Nous prendrons toutes les dispositions, non seulement pour apporter notre soutien à Khalifa Sall ; mais également nous opposer éventuellement à toutes formes de répression. Il est vrai que Macky Sall détient le pouvoir, mais il faut comprendre que le pouvoir vient du peuple. Lorsque cette volonté populaire est engagée, rien ne peut l’épargner. Aucun pouvoir ne peut l’ébranler non plus. Macky Sall détient le pouvoir, mais il doit l’utiliser à bon escient pour satisfaire les besoins des Sénégalais au lieu de l’utiliser à des fins purement politiques. En ayant décidé, en âme et conscience, de faire face au pouvoir de l’Apr, Khalifa Sall a pris ses responsabilités. Il a mesuré l’ampleur de la situation et il continuera quels que soient les obstacles qui se dressent devant lui, à défier le pouvoir. Ce qui nous intéresse nous proches de Khalifa Sall, c’est de restaurer les valeurs de la République que nous avons prônées en 2012. Aujourd’hui, on ne peut pas comprendre que le Parti Socialiste puisse renier ces valeurs de 2012 pour des intérêts matériels ou des postes de ministres, de députés et de hauts conseillers. Le Ps a renié à toutes les valeurs auxquelles il a cru
A quand la rupture entre le camp de Khalifa Sall et la tendance dirigée par Ousmane Tanor Dieng ?
Le Ps c’est nous. Nous défendons les valeurs qui font la grandeur du socialisme. En 2000, lorsqu’on avait perdu le pouvoir nous avons défini 3 temps. Le temps de la résistance, le temps de la remobilisation et celui de la reconquête démocratique du pouvoir. Nous avons résisté, nous avons remobilisé les troupes et il reste maintenant la reconquête du pouvoir. C’est nous qui défendons l’idéal socialiste. Si quelqu’un doit quitter le Ps, c’est la bande à Ousmane Tanor Dieng. Ce groupe a renié ses principes pour s’accrocher à un pouvoir libéral.