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Dakar a la cote
APRES DIOUCOUNDA ET SLEIMAN, MOHAMED VI AU SENEGAL
 
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3511
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L’axe diplomatique Dakar-reste du monde serait-il est en train de reprendre du tonus, petit à petit, sous la dictée de Macky Sall ? En somme, de redorer son blason après avoir été mise à rude épreuve par l’ancien régime.

La question mérite bien d’être posée, selon certains observateurs qui disent relever, depuis quelques temps, des signes annonciateurs d’un regain de dynamisme dans la diplomatie sénégalaise. En l’espace de quatre jours, Dakar reçoit, tour à tour, les Présidents malien Dioncounda Traoré et syrien Michel Sleiman, alors que le roi du Maroc Mohamed VI y entame une visite officielle de deux jours, à partir de ce vendredi. Qui plus est, le chef de l’Etat sénégalais promoteur d’une diplomatie de proximité dans la sous-région, vient de décrocher «la palme» de rencontrer le Président Barack Obama des Usa. Une audience derrière laquelle son prédécesseur Me Wade, tenant d’une diplomatie de «spectacle», a couru en vain, durant tout son magistère long d’une douzaine d’années.

En devenant l’hôte de Macky Sall à partir de ce jour, vendredi 15 mars, le roi du Maroc, Mohammed VI, boucle la série de visites que des chefs d’Etat africains effectuent au Sénégal, au cours de cette semaine. Tour à tour, le président intérimaire du Mali, Dioucounda Traoré, et son homologue libanais, en l’occurrence le Général Michel Sleiman, ont foulé le sol sénégalais. Histoire de « partager » sur la crise malienne voire de raffermir la coopération bilatérale entre le Sénégal et le Liban. A la suite de ces hôtes de Macky Sall, le roi du Maroc vient effectuer sa cinquième visite officielle au Sénégal (la première datant de 2001).

Pour bien d’analystes, ces visites de chefs d’Etat qui se multiplient, à Dakar, inaugurent un relatif regain de la diplomatie sénégalaise. L’axe Dakar serait ainsi en train de se réchauffer sérieusement, se permettent-ils de constater, dans la foulée des diverses initiatives engagées par le nouveau régime pour redorer le blason de notre diplomatie qui avait perdu bien du lustre sous Abdoulaye Wade.

Depuis l’avènement de Macky Sall à la magistrature suprême, le 25 mars 2912, des efforts sont faits par l’Etat du Sénégal pour remettre sur les rails sa diplomatie qui partait en tous sens, durant les dernières années du régime libéral. Le nouveau Président, promoteur d’une diplomatie de proximité avec le voisinage, aurait ainsi largement contribué à dégeler les relations assez froides que le Sénégal avait tissées avec son voisinage. Et de rappeler, dans la foulée, la première visite officielle à Banjul, capitale de la Gambie, de Macky Sall fraîchement élu chef de l’Etat. Une visite (dimanche 15 avril 2012) qui avait permis de décrisper des relations assez tendues avec un voisin incontournable dans la résolution de la crise casamançaise.

La Mauritanie, autre pays voisin, ne sera pas oubliée dans cette offensive de charme. Macky Sall y séjournera les 16 et 17 Septembre pour discuter avec son homologue Ould Abdel Aziz de dossiers prioritaires entre les deux pays. Diplomatie de proximité certes, mais diplomatie de réconciliation qui aboutit au rétablissement des relations diplomatiques entre le Sénégal et l’Iran, après deux années de brouille (sommet de l’Organisation de la conférence islamique, au Caire). Des liens rompus sous Abdoulaye Wade, à la suite d’une nébuleuse affaire de cargaisons d’armes en provenance d’Iran et devant être livrées aux rebelles du Mfdc.

En octobre 2012, Macky Sall réussissait par ailleurs à « attirer » le président français François Hollande, à Dakar, pour sa première visite officielle en Afrique, après son élection. Ces relatifs « succès » diplomatiques de Macky Sall allaient connaître, selon certains analystes, leur point culminant avec l’audience décrochée, pour le 28 mars prochain, par le chef de l’Etat sénégalais auprès du président Barack Obama des Usa. Une sorte de prime pour la démocratie sénégalaise et de revers pour le Président sortant Abdoulaye Wade qui avait tout fait pour avoir ses entrées à la Maison Blanche. Mais en vain.

Le nouveau visage de la diplomatie sénégalaise qui se dessine sous la dictée de Macky Sall, semble d’ailleurs fortement contraster avec la méthode choisie par le régime libéral. Donnant de fait l’impression d’être plombée par la personnalité de Me Wade, la diplomatie sénégalaise longtemps chantée * à travers le monde et qui avait connu ses lettres de noblesse sous Diouf et Senghor, donnait presque l’impression d’évoluer en dents de scie. Sous la férule d’un chef de l’Etat qui s’érigeait en «donneur de leçons» devant ses pairs, ne mettant en avant que la « confrontation et les rapports de force », le label Sénégal battait de l’aile.

UNE DIPLOMATIE DE «RUPTURE»

Conséquence ; les diplomates sénégalais n’étaient plus « vendables » dans les grandes institutions internationales (hormis l’ancien Premier ministre Cheikh Haguibou Soumaré nommé à la présidence de la Commission de l'Uemoa). Pis, la diplomatie sénégalaise finit par perdre son leadership au niveau sous régional. Le grand gagnant en était alors Blaise Compaoré, président du Burkina Faso qui devenait médiateur dans tous les «dossiers chauds» et autres conflits en Afrique de l’Ouest. Une diplomatie dite de «spectacle » s’était de fait mise en place sous Me Wade, relèvent les analystes. En atteste la fameuse visite de Me Wade à Benghazi (le 09 juin 2011). Premier chef d’Etat de la planète à se rendre dans la «capitale» de la rébellion libyenne, l’ancien président sénégalais avait surpris le monde entier.

Les impairs diplomatiques du régime libéral n’avaient même pas épargné l’ambassadeur américain Marcia Bernicat. Les Sénégalais gardent encore en mémoire la raclée magistrale que la plénipotentiaire du pays le plus puissant du monde avait reçue de Me Wade, le 30 mai 2012. Obama avait répliqué en fermant définitivement les portes de la Maison Blanche à Me Abdoulaye Wade.

Moins fringant que son prédécesseur, Macky Sall semble initier, lui, une diplomatie de retenue, beaucoup plus réceptive et en totale rupture avec la confrontation. Toute en rondeur, à l’image de sa personnalité, diront certainement ses partisans !

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