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Edwy Plenel alerte sur la « mafiosisation du monde »
Dans un entretien accordé à TV5Monde à l'occasion de la parution de son essai "La démocratie n'est pas l'élection", le fondateur de Mediapart livre une critique virulente du système politique français et des pouvoirs autoritaires mondiaux
 
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(SenePlus) - Edwy Plenel établit un parallèle saisissant entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu, qu'il qualifie de « prédateurs » incarnant la « mafiosisation du monde ». Selon le journaliste d'investigation, ces dirigeants élus partagent un point commun : le refus de toute limite dans leur désir de puissance et de contrôle.

« La démocratie, c'est la limite », martèle Plenel. Il dénonce un « limitisme » caractérisé par l'obsession du pouvoir, la violence et l'accumulation de richesses incommensurables. « Ces pouvoirs sans limites sont antidémocratiques », insiste-t-il, rappelant que la démocratie ne se réduit pas au seul droit de vote mais constitue un écosystème complexe nécessitant une justice indépendante, une presse libre et le droit de manifester.

Le fondateur de Mediapart dresse un bilan sévère des neuf années de présidence Macron. Élu deux fois contre l'extrême droite, Emmanuel Macron aurait, selon Plenel, « fait l'inverse du mandat des électeurs ». La dissolution de 2022, dont les résultats n'ont pas été respectés avec le refus de confier le gouvernement au Nouveau Front Populaire arrivé en tête, illustre pour lui les dérives du présidentialisme français.

« La volonté de tous est confisquée par le pouvoir d'un seul », déplore le journaliste, qui voit dans l'élection présidentielle un « piège » pour le camp de l'émancipation. Il rappelle que François Mitterrand a converti la gauche au présidentialisme pendant ses quatorze ans à l'Élysée, transformant un mouvement social en obsession de la conquête du pouvoir d'État.

Plenel défend avec force deux piliers démocratiques qu'il juge menacés : l'indépendance de la justice et la liberté de la presse. Il dénonce les attaques dont Mediapart et les magistrats font l'objet dans les affaires Sarkozy-Kadhafi et des assistants parlementaires du Rassemblement national. « Mélenchon et Sarkozy ont le même discours », affirme-t-il, notant que les deux hommes ont employé le terme « torchon » pour qualifier son journal.

Le journaliste réclame l'alignement de la France sur le modèle italien, où les procureurs sont totalement indépendants du pouvoir exécutif et dirigent directement la police. Il cite le rapport d'Amnesty International sur la France, qui note les abus policiers, la libération de la parole raciste et les attaques contre l'indépendance de la justice.

Concluant sur Rosa Luxembourg, assassinée en 1919 après avoir mis en garde Lénine et Trotski contre la répression, Plenel défend un journalisme « du côté du désordre créateur » : « Nous avons besoin de ce désordre créateur, même si ça dérange, même si ça bouscule, même si parfois la vérité est douloureuse. »

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