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En Afrique, le triomphe discret des régimes autoritaires
La démocratie recule en Afrique, et le monde regarde ailleurs. C'est le terrible constat dressé par Christophe Châtelot dans les colonnes du Monde. Une démission politique qui laisse le champ libre aux régimes militaires et aux présidences à vie
 
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1002095
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(SenePlus) - C’est une visite qui marque un tournant géopolitique majeur. Selon Le Monde, le déplacement à Bamako de Nick Checker, le nouveau « Monsieur Afrique » du département d’État américain, lundi 2 février, est porteur d'un message sans équivoque : les États-Unis enterrent l'exigence démocratique au Sahel.​

Pour sa première sortie officielle depuis sa nomination le 6 janvier, cet ancien analyste de la CIA a choisi le Mali pour délivrer une nouvelle doctrine. Comme le rapporte Christophe Châtelot, l'émissaire américain a affirmé être venu « témoigner du respect des États-Unis pour la souveraineté du Mali » et « corriger les erreurs politiques commises ».​

Le Monde décrypte ce discours comme une rupture totale avec l'administration précédente. En substance, Washington dit aux juntes du Mali, du Burkina Faso et du Niger : « Vous pouvez compter sur nous au moins autant que sur les Russes pour lutter contre les groupes djihadistes » et promet de ne plus se mêler de leurs affaires intérieures. Le journal souligne que la « conditionnalité démocratique », qui liait l'aide au respect des droits humains, a tout simplement disparu.​

Les États-Unis ne sont pas les seuls à opérer ce repli éthique. D'après l'analyse du Monde, les puissances européennes, France en tête, ont également « déserté le champ politique », souvent par réalisme ou sous la contrainte.​

Christophe Châtelot rappelle que Paris, chassé du Sahel par une rhétorique anti-française, a dû changer d'approche. La diplomatie française s'est ainsi montrée « conciliante vis-à-vis d'autres coups de force », citant les cas de la Guinée, du Tchad ou du Gabon, des pays où, écrit Le Monde, « les libertés fondamentales sont broyées ».​

Quant à l'Union européenne, elle regarde l'Afrique avec un double objectif, note le quotidien : préserver ses investissements et surveiller les flux migratoires, reléguant les valeurs démocratiques au second plan.​

La montée des modèles autoritaires

Ce vide laissé par les démocraties occidentales est comblé par d'autres acteurs. Le Monde pointe le rôle de la Chine, de la Russie, de l'Inde ou de la Turquie, qui « assument et promeuvent leurs propres modèles autoritaristes ». Le journal cite également les Émirats arabes unis et le Qatar, investisseurs actifs mais peu soucieux de gouvernance démocratique.​

Dans ce contexte, « l'obsession de la stabilité emporte tout » et « l'universalisme est passé de mode », observe avec amertume Christophe Châtelot.​

Sur le terrain, les conséquences sont visibles. Le Monde dresse un « sombre bilan » des élections tenues en 2025 et début 2026 en Afrique subsaharienne. Le journal évoque les scrutins en Ouganda et en Tanzanie, jalonnés de morts, ou encore les élections verrouillées au Gabon, en Centrafrique et en Côte d'Ivoire. Au Cameroun, la « gérontocratie » autour de Paul Biya s'est maintenue, tandis qu'en Guinée-Bissau, les militaires ont confisqué le pouvoir.​

Les perspectives pour 2026 ne sont guère plus réjouissantes. Selon Le Monde, sur les dix scrutins à venir, peu laissent espérer une ouverture. Le journal cite Denis Sassou-Nguesso au Congo et Ismail Omar Guelleh à Djibouti, qui « ne se présenteront pas aux élections pour les perdre ».​

En conclusion, Christophe Châtelot estime dans Le Monde que face au déclin de l'engagement international, « la norme antidémocratique se propage en Afrique ». Si le continent ne fait pas exception à la tendance mondiale de recul des libertés, l'analyse du quotidien souligne qu'il est « seulement plus vulnérable ».

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