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Le président tire ses premiers « missiles politico-judiciaires »
Fin de la passivité. Face à un Ousmane Sonko qui a transformé l'Assemblée nationale en véritable forteresse institutionnelle après son limogeage de la Primature, Bassirou Diomaye Faye a décidé de sévir
 
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Depuis son limogeage de la Primature, le président Ousmane Sonko pose des actes jugés anticonstitutionnels visant à affaiblir le pouvoir exécutif du président Bassirou Diomaye Faye. Jusque-là, c’est une petite frange de l’opposition qui tente de résister au tout « puissant » président de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’un groupuscule dirigé par Tafsir Thioye dont le recours a été rejeté par le Conseil constitutionnel « incompétent » pour statuer sur la légalité de la réintégration de l’ex-Premier ministre. Pour la première fois, Diomaye s’est engagé à faire valoir son autorité en s’appuyant sur la Constitution qui lui confère le statut de clé de voûte des institutions. En effet, il a déposé un recours contre la procédure de la loi de révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale. Dans cette escalade, Diomaye a tiré les premiers missiles politico-judiciaires.

Au lendemain de son limogeage de la primature, Ousmane Sonko est allé se « refugier » à l’assemblée nationale qu’il a fini par ériger en forteresse institutionnelle. en « fast track », l’ex-premier ministre a été élu au perchoir à la quasi-unanimité. une élection rendue possible grâce à la très large majorité obtenue par son parti, le Pastef qui contrôle 130 des 165 sièges de l’institution. Malgré les nullités soulevées par une opposition émoussée en manque d’agressivité, Ousmane Sonko a pu officialiser sa prise de fonction. Une installation confortée par la décision du conseil constitutionnel qui s’est déclaré « incompétent » pour traiter le recours relatif à la réintégration de l’ex-premier ministre au sein de l’assemblée nationale. pendant ce temps, certains politologues qualifient la passivité du président Diomaye de faiblesse coupable face à Sonko pour avoir laissé passer cette forfaiture.

Quelques jours après, le tout nouveau président de l’assemblée nationale Ousmane Sonko revient à la charge pour tester et consolider les « acquis » de l’équilibre à la terreur entre le palais et l’hémicycle. Pour ce coup-ci, il s’agit de faire adopter par une proposition de loi de Pastef portant révision de la constitution. Étant juge et partie, le président de l’assemblée nationale Ousmane Sonko et son Pastef majoritaire ont fait passer la loi comme lettre à la poste, tout en rejetant les amendements défendus par le gouvernement à travers le ministre de la justice, me moussa Sarr.

Sans doute, le garde des Sceaux a voulu rappeler à l’auguste assemblée que le Sénégal doit rester fidèle à la tradition constitutionnelle constante depuis 1960, qui n’a jamais interdit formellement au président de la république de présider un parti politique ou une coalition de partis. Le réalisme institutionnel commande une certaine flexibilité. Pour le représentant du gouvernement, cette interdiction expresse ne garantirait pas nécessairement la neutralité recherchée, dans la mesure où le président demeurerait membre de son parti et pourrait continuer à exercer son influence. Peine perdue face à cette majorité de Pastef à la fois mécanique et radicale qui a toujours du mal à croire que le président Diomaye Faye reste et demeure le gardien de la constitution.

Des détonations d’essai pour se faire entendre ?

Pour la première fois, Diomaye s’est engagé à faire valoir son autorité en s’appuyant sur la constitution qui lui confère le statut de clé de voûte des institutions. En effet, il a déposé un recours contre la procédure de la loi de révision constitutionnelle adoptée par l’assemblée nationale. dans cette escalade, Diomaye a tiré les premiers missiles politico-judiciaires.

il est vrai qu’en matière de rapport de force politique, la méthode « Pastef » repose toujours sur la pression populaire ou la rue. le mouvement de la cité Keur-Gorgui va-t-il revenir à ses anciennes méthodes, c’est-à-dire à la mobilisation de masse qu’est l’outil principal de l’opposition pour matérialiser l’adhésion populaire et paralyser les velléités de l’état ? par contre, le président de la république Bassirou Diomaye, incarnant l’état de droit, s’est engagé à faire valoir son autorité en s’appuyant sur la constitution qui lui confère le statut de clé de voûte des institutions. Pour une fois, il a déposé un recours contre un projet de loi adopté par l’assemblée nationale dirigée par la majorité Pastef. En effet, l’option d’une bataille juridique donne une légitimité institutionnelle au combat politique du gouvernement et empêche le chef de l’état d’agir unilatéralement.

Dans cette escalade politique, Diomaye a fait les premières frappes de missiles politico-judiciaires pour se faire entendre. Souhaitons qu’il s’agisse de simples tirs d’essai… 

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