(SenePlus) - Ce jeudi 30 avril, devant un parterre de leaders de partis, de représentants de la société civile et d'anciens dignitaires, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Me Bamba Cissé, a réaffirmé la volonté de l'État de faire du dialogue une institution permanente. Son discours de clôture a dressé le bilan d'une journée d'échanges intenses tout en fixant les nouvelles règles d'un jeu politique qu'il souhaite plus transparent et rigoureux, conformément aux standards internationaux de gouvernance électorale.
L'un des points saillants de cette allocution a porté sur la prolifération des formations politiques au Sénégal, un phénomène qui interroge la lisibilité du champ démocratique. Le ministre a révélé que le pays compte officiellement 397 partis politiques légalement constitués, dont 44 ont été reconnus depuis l'arrivée au pouvoir de la nouvelle administration en 2024. Pour Me Bamba Cissé, cette vitalité doit s'accompagner d'une responsabilité accrue. Il a rappelé que la reconnaissance légale n'est pas une fin en soi, mais le début d'un engagement envers les citoyens et les institutions, nécessitant une conformité stricte aux textes en vigueur pour garantir la stabilité du système.
La question de la transparence financière a occupé une place centrale dans les remontrances du ministre, soulignant un fossé inquiétant entre la théorie et la pratique. Sur les près de 400 partis enregistrés, seuls 20 se sont acquittés de l'obligation de déposer leur rapport sur les comptes financiers pour l'exercice 2025. Plutôt que de brandir la menace de dissolutions immédiates, Me Bamba Cissé a privilégié une approche pédagogique en invitant les retardataires à régulariser leur situation. Cette main tendue vise à assainir le milieu politique sans l'asphyxier, tout en signalant que le respect de la loi 81-7 modifiée sur les partis politiques est désormais une priorité non négociable.
Le ministre a également tenu à rompre avec les pratiques passées de gestion arbitraire des dossiers administratifs, prônant une administration de proximité et de célérité. En répondant directement à certains leaders, il a annoncé la fin du "filtrage" politique dans le traitement des demandes de récépissés de partis.
La sécurisation des procédures internes aux partis a fait l'objet d'un rappel technique important, visant à prévenir les dissidences et les fraudes documentaires qui minent souvent la cohésion des formations. Me Bamba Cissé a justifié l'exigence de feuilles de présence certifiées et, si nécessaire, l'authentification par les services de renseignement pour valider les changements de direction au sein des partis. Cette mesure, bien que perçue comme rigoureuse, est présentée comme un rempart contre les conflits internes qui finissent souvent devant les tribunaux, engorgeant ainsi l'appareil judiciaire et déstabilisant le climat social.
Au-delà des aspects techniques, le ministre a célébré le Sénégal comme un bastion de paix et de concertation dans une sous-région souvent tourmentée. Il a souligné que le dialogue est l'héritage le plus précieux du pays, un mécanisme alternatif indispensable pour régler les différends avant qu'ils ne se muent en conflits ouverts.
La collaboration inter-institutionnelle a été mise à l'honneur pour rassurer les acteurs sur l'impartialité du processus électoral à venir. Me Bamba Cissé a salué les contributions des directeurs de la DAF et de la DGE, ainsi que le rôle de contrôle exercé par la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). Cette synergie entre les organes techniques et de supervision est, selon le ministre, essentielle pour restaurer la confiance des électeurs. Le ministre a encouragé les partis à s'impliquer activement dans les comités électoraux territoriaux présidés par les préfets, favorisant ainsi une surveillance inclusive du processus dès la base.
L'annonce majeure de ce discours de clôture est sans doute l'institutionnalisation d'un cadre de réflexion permanent entre le ministère, les partis politiques et la société civile. Ce dispositif vise à maintenir une dynamique de contact continu, évitant ainsi que les discussions ne s'ouvrent qu'à la veille des scrutins. Me Bamba Cissé s'est engagé à rester disponible pour recueillir suggestions, critiques et conseils, affirmant que ses portes demeurent ouvertes même aux absents du jour, dans un esprit d'ouverture nationale et de patriotisme.