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GRAND-YOFF S’OFFUSQUE TIMIDEMENT ET MET EN GARDE LE REGIME
AU LENDEMAIN DE L’EMPRISONNEMENT DE KHALIFA SALL
 
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97055
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A u lendemain de la première nuit de Khalifa Sall en prison, ses partisans ont encore manifesté leur colère. Même si cela a été plus ou moins timide, Grand-Yoff a tenu à avertir le régime quant à sa volonté de mener le combat pour la libération de son leader. Khalifa Sall est écroué depuis mardi dernier pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux. 

La police encercle Grand-Yoff et veille au grain. Des véhicules remplis de forces de l’ordre sont stationnés au niveau de tous les carrefours de la localité pour parer à toute forme de manifestation. Mais cela n’a pas empêché les jeunes partisans du maire de Dakar de revenir à la charge. Hier encore, ils ont attendu la tombée de la nuit pour passer à l’acte en brûlant des pneus non loin de l’hôpital général de Grand-Yoff. Une manifestation très vite dispersée par les policiers. Des sorties sporadiques plus ou moins timides sous forme de guérilla urbaine qui en disent long sur le mécontentement des habitants de ce quartier populeux. Un peu plus tard dans la journée,  aux environs de 18 heures, les femmes du quartier de Djeddah où se trouve la maison familiale de Khalifa Sall ont manifesté également leur mécontentement. 

Profitant de la célébration de la journée du 8 Mars dédiée à la femme, elles ont occupé les rues du quartier pour afficher leur tristesse et leur mélancolie. De proches parents, des amies de la famille Sall et des sympathisantes de tout âge ont battu le macadam devant de la maison familiale du maire de la capitale. L’une d’entre elles soutient que l’édile de la capitale n’a volé, ni détourné cet argent dont on parle. «Khalifa Sall n’est pas un détourneur de fonds. C’est un homme intègre. S’il voulait s’accaparer les deniers de l’Etat, il l’aurait déjà fait du temps où il était ministre du Commerce. D’autant qu’à l’époque, il n’y avait pas assez de contrôle. Il n’a jamais détourné un sou ».

LA SOEUR DE KHALIFA SALL : «OUSMANE TANOR DIENG EST DERRIERE TOUT ÇA»

Prenant la parole, Fatou Thiam Sall, la soeur Khalifa Sall déclare d’emblée que tout cela relève de la politique et un acharnement contre un redoutable adversaire. La frangine de Khalifa Sall demeure convaincue que Ousmane Tanor Dieng est derrière l’affaire et qu’il tire les ficelles. Fatou Thiam Sall soutient que son frère n’a jamais été épinglé dans la gestion de son budget. «Il a été audité dans la gestion du budget de la mairie et aucune faute pouvant l’incriminer n’a été trouvée. Ils ont sorti la Caisse d’avance qui est destinée aux populations et particulièrement les plus démunis. Cet argent est alloué aux malades et à ceux qui ne peuvent pas joindre les deux bouts. Il les aide à payer leurs factures et à se soigner. Il aide les victimes d’évènements malheureux. C’est pour cela qu’on a créé la caisse d’avance».

La dame renseigne par ailleurs que la maman Khalifa Sall garde sa sérénité, contrairement à ce qui a été dit. «Elle est un peu souffrante, mais elle va bien. Ça lui fait mal, mais elle est une croyante», a-t-elle indiqué. La soeur de l’édile de la capitale avertit que la famille est prête à tout pour faire face à cette nouvelle donne. « Khalifa Sall ne se laissera jamais faire, c’est un résistant», a-t-elle soutenu. La maman de Cheikh Tidiane Sall, un jeune arrêté dans l’affaire du saccage de la Maison du Parti socialiste est également présente à la manifestation. Fatou Kiné Dia a profité de l’occasion pour indiquer que l’arrestation de Khalifa Sall n’est que la confirmation de l’injustice grandissante dans le pays et d’une volonté manifeste de museler les redoutables adversaires politiques du régime. Elle demande qu’on libère son fils ainsi que le maire de Dakar qui soutient-elle, n’a jamais cessé de venir en aide aux plus démunis. Ce, poursuitelle, avec l’argent de la Caisse d’avance.

Criant leur colère et investissant la rue, les femmes de Grand-Yoff renseignent qu’elles continueront à mener des actions jusqu’à ce que leur leader retrouve sa liberté. « Hier la police a mâté les jeunes manifestants, tirant même des balles à blanc. Ce qui est inadmissible. Nous allons manifester dans la paix sans violence », ont-elles indiqué. 

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