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Kemi Seba arrêté en Afrique du Sud
Conseiller spécial de la junte nigérienne et figure de proue de la sphère souverainiste, l'activiste est tombé aux mains de la police sud-africaine mercredi. Cotonou réclame son extradition pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État »
 
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1004138
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(SenePlus) - Kemi Seba a été interpellé par la police sud-africaine le mercredi 15 avril 2026 alors qu'il transitait par Pretoria. L'information a été révélée par le journaliste Matthieu Millecamps pour Jeune Afrique, s'appuyant sur les confirmations d'une source judiciaire béninoise. L'activiste, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, se trouve désormais derrière les barreaux, dans l'attente de son transfert vers Cotonou.

Si le gouvernement béninois souhaite tant voir l'activiste comparaître, c'est pour son rôle dans la guerre de l'information. D'après les éléments rapportés par Jeune Afrique, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) le poursuit pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion ».

La justice lui reproche sa participation active lors de la tentative de coup d'État du 7 décembre 2025 orchestrée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri. Le magazine panafricain précise que le leader de l'ONG Urgences panafricanistes est accusé d'avoir publié des vidéos affirmant que le président Patrice Talon avait été renversé, tout en incitant les citoyens « à se mobiliser en faveur des militaires mutins ».

Au cœur de la galaxie souverainiste

L'enquête, pilotée depuis Cotonou par les services de renseignements (DSLD) et le Centre national d’investigation numérique (CNIN), met en lumière des ramifications géopolitiques complexes. Matthieu Millecamps souligne en effet que Kemi Seba officie comme conseiller spécial d’Abdourahamane Tiani, le chef de la junte nigérienne.

Les enquêteurs béninois estiment qu'il occupe une place centrale dans de vastes opérations de désinformation visant le Bénin, épaulé par la Brigade d’intervention rapide de communication (BIR-C), décrite par le média comme le « bras armé de la junte burkinabè ». Il s'inscrit ainsi dans un réseau d'influenceurs, à l'image de Nathalie Yamb, qui défendent ardemment les positions de l'Alliance des États du Sahel (AES).

Malgré les poursuites, Kemi Seba avait promis d'« aller jusqu’au bout », se montrant particulièrement virulent sur les réseaux sociaux lors de la récente élection présidentielle du 12 avril, qui a vu la victoire écrasante (94,05%) de Romuald Wadagni, le successeur désigné de Patrice Talon.

Si l'étau se referme sur lui et sur une trentaine de militaires déjà incarcérés, d'autres figures manquent encore à l'appel. Jeune Afrique rappelle notamment que l'opposant Sabi Sira Korogone est activement recherché pour des faits similaires, tandis que le lieutenant-colonel Pascal Tigri, cerveau présumé du putsch, reste introuvable. Les autorités béninoises soupçonnent ce dernier de se cacher au Niger, une hypothèse qui, comme le note le journaliste, continue d'alimenter « les tensions déjà fortes » entre Cotonou et Niamey.

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