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«KHALIFA SALL RESTE ENCORE TRES SEREIN»
BABACAR THIOYE BA DIRECTEUR DE CABINET ADJOINT SUR L’AUDITION DE KHALIFA SALL
 
ID
95944
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Le directeur de cabinet adjoint du maire de la ville de Dakar, Babacar Thioye  Ba, est formelle : Après deux jours de passage devant les enquêteurs de la direction des affaires générales (Dag) de la division des investigations criminelles (Dic), Khalifa Sall, est resté plus que jamais serein. Dans cet entretien accordé à Sud quotidien hier, 22 février, Babacar Thioye  Ba qui déclare mordicus que «Khalifa Sall n’a absolument rien à se reprocher dans la gestion de ces fonds politiques», a toutefois dénoncé la fuite dans la presse d’une partie de l’audition du maire de Dakar. Par ailleurs, il précise que le maire de Dakar est plus que jamais déterminé à aller au bout de sa démarche de présenter une liste aux prochaines législatives.    

Dans quel état d’esprit se trouve aujourd’hui Khalifa Sall, après deux passages devant les enquêteurs de la Dag pour s’expliquer sur sa gestion de la caisse d’avance de la ville de Dakar ?

Par son caractère comme dans ses habitudes, monsieur Khalifa Sall est un homme serein. Aujourd’hui, après deux passages devant les enquêteurs de la direction des affaires générales (Dag) de la division des investigations criminelles (Dic), Khalifa Sall reste encore très serein. Si l’objectif de ces convocations était de l’ébranler pour le déstabiliser, on peut considérer que ce but n’a pas été atteint. Khalifa Sall reste encore un homme serein, qui garde toute sa lucidité et toute sa foi.

À en croire des fuites de l’audition, la ville de Dakar aurait, durant 5 ans , versé mensuellement l’équivalent de 30 millions au Gie Keur Tabaar pour l’achat de mil et riz alors que cette structure n’a jamais fourni du riz et du mil à la mairie de Dakar ?

Je dois d’abord constater pour le regretter que le contenu des procès-verbaux (pv) de l’audition de Khalifa Sall et de ses collaborateurs qui s’est déroulée dans les locaux de la Brigade des affaires générales ce soit retrouvé dans la presse. À ce stade de la procédure, les procès-verbaux n’ont même pas encore été transmis au procureur à fortiori comment, ils peuvent (ndlr ces pv) se retrouver devant certains organes de presse. Je considère que ce qui a été dévoilé ou divulgué dans la presse, procède d’une irresponsabilité que je ne saurais imputer à quelque niveau. Mais, c’est quand même un précédent assez grave et dangereux. Sur le contenu, vous comprendrez que je ne sois pas en mesure, parce que n’étant au cœur de ces auditions, de confirmer ou d’infirmer des informations qui ont été relayées  et qui n’auraient jamais dû être portées à la connaissance de la presse parce que ce sont des informations relatives à une enquête de police.

Si le maire de Dakar n’a rien à se reprocher, pourquoi offusquez-vous alors de sa convocation pour s’expliquer sur sa gestion des deniers publics après un rapport produit par l’Ige. N’est-ce pas une procédure tout à fait normale dans un Etat de droit au regard des sommes citées ?

Je vous le concède. Dans un Etat de droit, la réédition des comptes est un procédé normal mais qui doit avoir un caractère impersonnel et général. Ce qui n’est pas le cas dans cette affaire. Vous êtes journaliste, vous savez qu’il y’a énormément de rapports d’Ige qui ont été déposés sur la table du président de la République depuis 2012 sans compter ceux de l’Ofnac. Et, aussi tous les scandales qui ont émaillé le quotidien de ce régime.  Et sur toutes ces questions, aucune suite judiciaire n’a été, pour le moment , prise par le président de la République. Ce qui nous gêne , c’est que la réédition des comptes ne doit pas se transformer en règlement de compte. Et, c’est bien le cas pour ce dossier qui concerne Khalifa Sall. Je le dis et on le répètera suffisamment à l’envi, Khalifa Sall n’a absolument rien à se reprocher dans la gestion de ces fonds politiques. C’est une machination, une conspiration d’État qui instrumentalise la justice et utilise une partie de la presse pour désinformer et manipuler l’opinion. Et, c’est pour toutes ces raisons que nous considérons qu’il s’agit d’une part d’un acharnement sur la personne de Khalifa Sall qui a commencé d’abord par certains de ses camarades dont Barthélémy Dias ensuite, Ahmadou Bamba Fall et compagnie et aujourd’hui lui-même. L’objectif poursuivi est simple dans cette affaire, il s’agit en premier lieu de ternir l’image de Khalifa, d’entacher sa chemise immaculée et d’autre part, de l’empêcher avec ses amis, ses sympathisants et tous les sénégalais qui désirent conduire l’alternative dans ce pays de présenter une liste aux prochaines législatives et éventuellement de présenter sa candidature à la présidentielle de 2019. Ce qui se passe, c’est effectivement un acharnement, ce qui prend les allures d’une conspiration et je pèse bien mes mots. De mon point de vue, nous sommes dans un contexte politique qui donne l’impression qu’on est en train de glisser d’une démocratie vers une dictature parce que le pouvoir en place est aujourd’hui en train de prendre tous les attributs d’une dictature. C’est l’intimidation,  la manipulation pour imposer le silence à tous ceux qui ont une pensée dissidente de celle du pouvoir.

Dans ce cas, ne faudrait-il pas laisser les Sénégalais qui sont suffisamment matures juger si c’est une cabale ou une machination contre Khalifa Sall ?

Mais, les sénégalais le savent et ils le disent. Faites votre enquête d’opinion et vous vous rendrez compte que la majorité des sénégalais comprend qu’il y’a un acharnement sur la personne de Khalifa Sall. Et ce, depuis qu’on lui a prêté des ambitions présidentielles même s’il n’a pas déclaré qu’il sera candidat à la présidentielle de 2019. Depuis qu’il a manifesté l’intention avec ses amis d’aller aux élections législatives, il y’a une sorte d’accélération de cet acharnement. Il faut aussi souligner, aujourd’hui, que ce qui pose problème au régime en place, ce sont les tournées entamées par Khalifa Sall depuis quelques semaines dans le pays. Je suis sûr que ce sont les retours qu’ils ont de cette tournée qui empêchent nos dirigeants de dormir et c’est pourquoi, ils cherchent des poux sur le crâne rasé de Khalifa Sall pour l’empêcher d’aller à la rencontre des Sénégalais pour les écouter et parler avec eux et éventuellement de préparer avec eux une grande alternative pour 2019.

Est-ce que vous croyez  à l’indépendance de la justice ?

Vous savez l’indépendance de la justice, c’est un ensemble de paramètres, de textes qui confèrent cette indépendance à la justice. Maintenant, comme dans toute chose, ce sont des hommes qui composent la justice qui doivent prendre conscience qu’ils ont tous les éléments, tous les attributs pour être indépendant. Je suis convaincu que la grande majorité des magistrats exercent leur pouvoir en étant libre. Maintenant, il ne manque pas, comme dans d’autres secteurs, des gens qui, peut-être, ont préféré renoncer à cette indépendance pour une raison ou pour une autre. Mais, toujours est-il, ce que je constate c’est qu’il y’a une instrumentalisation d’une partie de la justice à des fins politiques. 

Pour l’Ige aussi, j’ai la même observation, c’est un corps à qui nous devons faire confiance parce que justement ce sont ces corps qui permettent à notre pays de rester dans sa trajectoire de transparence, de régularité dans la gestion. Cependant, ce que nous regrettons, c’est que les résultats des travaux effectués par l’Ige soient exploités à des fins politiciennes. Qu’il s’agit de l’ige comme de la justice, ils ont tous les attributs pour être indépendants, maintenant tout dépend du comportement des hommes qui les composent. 

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