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LA BENJAMINE DES REALISTEURS SENEGALAIS AU FESPACO
A la rencontre d’Adama Bineta Sow
 
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Avec l’arrivée d’Adama Bineta Sow, le Sénégal verra, au total, 10 de ses films projetés à la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Agée seulement de 23 ans, la jeune réalisatrice prend part à la section Junior du Fespaco, à travers son court-métrage « Aveuglé par une aveugle ».

Ouagadougou : C’était elle la grande vedette mardi, lors de la célébration de la Journée du Sénégal au Fespaco. La jeune réalisatrice sénégalaise, Adama Bineta Sow découvre, pour la première fois, cette grande biennale dédiée au cinéma africain.

Taille moyenne, démarche haletante, à première vue, difficile même d’accepter à Adama ses 23 piges qu’elle réclame. Elle a l’air d’en avoir moins. Mais comme le talent n’a pas d’âge au cinéma, cette pépite du septième art sénégalais, est la plus jeune réalisatrice représentant notre pays à la 25 ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouaga. 

Son court-métrage « Aveuglé par une aveugle » a été sélectionné tardivement (le 9 février dernier) dans la « section Junior » du Fespaco. Entre nouvelle découverte, challenge et fierté, Adama Bineta Sow vit son premier Fespaco avec beaucoup d’humilité, non sans nourrir des ambitions.

«  J’étais surprise quand on m’a informée que j’étais sélectionnée. Je l’ai su tardivement. Mais, c’est une chance d’être ici. C’est la première fois que je participe à un festival. Je suis heureuse de cette belle découverte  du monde des cinéastes», affirme-t-elle dans une voix aux timbres juvéniles.

Dans son premier court métrage réalisé en 2015 et qui lui a valu une participation à ce grand rendez-vous du septième art africain, il est question de l’histoire d’un jeune photographe du nom de Boubacar, qui veut percer dans son domaine. Sur le chemin du succès il va rencontrer un jour une belle jeune fille aveugle. Complètement séduit par la beauté majestueuse de cette femme, il voudra faire d’elle son sujet de photographie.

Née en 1994, Adama n’a commencé à écrire des histoires qu’en 2009. « J’étais un peu seule dans mon travail », souligne-t-elle. Mais sentant la magie de la cinématographie dans ses veines, elle se rapproche en 2013 du « généreux » professeur et formateur au métier de réalisateur, Abdoul Aziz Boye de Ciné-Ucad-Ciné Banlieue. « Il m’a appris quelques notions techniques. D’ailleurs, c’est grâce à lui que j’ai eu des notions techniques en réalisation de film », soutient-elle avec un certain brin de fierté.

Partager des émotions

A la fin de ce cycle de formation, Adama Bineta Sow et ses camarades vont réaliser un court métrage collectif intitulé à la mémoire de « Sina ». Ce film fait le récit d’une histoire d’amour entre Mabel  et Sinna, deux jeunes qui se sont rencontrés à travers les amphis et les bibliothèques des facultés de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Chez la jeune réalisatrice, le cinéma est une histoire de passion. « Le cinéma, c’est ma passion. J’aime être seule à imaginer à créer mon propre monde. J’aime faire ressentir aux autres des émotions », fait-elle comprendre.

Aujourd’hui, même si elle emprunte à la fois deux trajectoires différents, après avoir terminé une formation en gestion des ressources humaines à l’Ecole supérieure polytechnique et en suivant présentement son master 2 Mba en gestion de projet à l’Institut africain de management (Iam), Adama entend plus que jamais faire carrière dans le cinéma.

Un choix qu’elle juge difficile eu égard à la place que ses parents accorde aux études. « J’envisage de suivre une carrière cinématographique. Seulement chez nous, les études comptent beaucoup. J’ai voulu arrêter les études à plusieurs reprises mais je ne pouvais pas d’autant plus que mes parents y ont beaucoup investi. La plupart du temps, je fais mes activités cinématographiques au détriment de mes cours», nous souffle réalisatrice de « Aveuglé par une aveugle ».

Dans le milieu du septième art, les références d’Adama Bineta Sow sont la plupart du temps des Asiatiques. C’est par exemple l’histoire d’Ana Youri Dango du Japon. Des projets, elle en a un tas. Mais pour l’heure, la jeune réalisatrice préfère ne penser qu’au Fespaco.

 

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