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La coalition présidentielle à l'assaut des mairies pour survivre face à Pastef
Dépourvue du maillage territorial de ses anciens alliés Diomaye Président a lancé une vaste opération de séduction en direction des élus locaux sous couvert de la réforme de l'Acte IV de la décentralisation
 
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1006303
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Alors que la rupture de l'ex-tandem exécutif redessine la carte politique du Sénégal, la coalition présidentielle s’active pour bâtir une assise territoriale indépendante de Pastef. En boycottant la réunion sur l'Acte IV de la décentralisation, le maire de Dakar, Abass Fall, lève le voile sur une guerre de positions sans merci à l'approche des municipales. La réunion de jeudi sur la réforme de l’Acte IV de la décentralisation et la mise en place des pôles-territoires ne s'est pas limitée à de simples discussions d'experts. Elle a servi de révélateur à la recomposition politique qui tient en haleine le Sénégal.

Depuis la rupture consommée entre le président Bassirou Diomaye Faye et le parti Pastef, la coalition « Diomaye Président » s'est engagée dans une course contre la montre vitale : se forger, vaille que vaille, une base politique propre et autonome. Ainsi toutes les occasions sont bonnes afin de glaner de nouveaux adhérents. C'est ce forcing présidentiel pour s'émanciper de la tutelle des patriotes qu'Abass Fall, maire de Dakar et figure de proue de l'opposition a décidé de saboter par un départ fracassant.

L'Acte IV : l’instrument de la survie politique pour la coalition présidentielle

Pour la coalition présidentielle, qui ne dispose pas du maillage territorial de Pastef, l'enjeu des prochaines élections municipales est existentiel. Sans élus locaux, le pouvoir central risque l'asphyxie. Selon le maire de Dakar, la réforme territoriale proposée par le chef de l'État n'est rien d'autre qu'un appareil de recrutement massif. Après les “cabines téléphoniques" théorisées par Abdourahmane Diouf, ce sont les édiles, majoritairement de l'ancien régime que la Coalition Diomaye Président tente de courtiser.

Pour Abass Fall, la stratégie consiste à instrumentaliser les institutions de l'État pour mener une « chasse aux maires » d'envergure nationale, afin de gonfler artificiellement les rangs de la mouvance et légitimer le camp présidentiel face aux bastions locaux de Pastef : « Le décor était planté, la salle faussement remplie pour montrer une image factice de mobilisation ; une main du ministre qui cherche à attirer des maires dans une coalition mort-née ».

L’édile dakarois décrit la manœuvre comme une mise en scène théâtrale destinée à masquer le manque d'ancrage populaire d'une coalition présidentielle en quête de légitimité. Dénonçant les pressions et le dispositif, il ajoute : « Une sécurité déployée autour de notre modeste personne pour empêcher de tourner en rond. C’est le spectacle qui s’est offert à nous aujourd’hui comme au théâtre. Nous n’avons pas pu terminer de suivre, le billet a coûté trop cher, et nous sommes rentrés ».

Rappelons que bien avant le rendez-vous de Diamniadio, le président de la République avait déjà posé un acte fort en limogeant des directeurs généraux pro Pastef.  En effet en remplaçant Toussaint Manga, Aïda Mbodj et Ngagne Demba Touré par des managers qui défendent aussi la cause de la Coalition, le chef de l'État accentue davantage cette initiative visant à récupérer le maximum de militants pour 2027 d'abord et probablement pour 2029, ensuite.

Gagner du temps pour construire la base : le spectre de 2027

Dans cette guerre de position, le facteur temps joue un rôle crucial. Pour « Diomaye Président », aller aux élections municipales sans avoir finalisé cette massification équivaudrait à un suicide politique face à la machine électorale de Pastef.

On se rappelle que le Chef de l’Etat avait convié les députés du parti Pastef Les Patriotes à un “Ndogou” , le 27 février 2026 au Palais présidentiel. Cette manœuvre avait créé des remous au sein du parti.

Abass Fall affirme que le pouvoir cherche ainsi à repousser les échéances électorales, le temps de restructurer ses forces sur le terrain grâce aux leviers de l'Acte IV.

Il lie directement le projet présidentiel à un agenda de dissimulation et de report : « Ces réformes annoncées ne sont qu'un prétexte pour repousser les élections. Mais ces dites échéances municipales ne peuvent aller au-delà de 2027. Car pour qu'on en arrive là, il faudra l'approbation de l'Assemblée nationale ».

Aldiouma Sow en bouclier

Face à des accusations qui ciblent le cœur de sa stratégie de survie, la présidence n’a pas tardé à répliquer. Par la voix du ministre-conseiller Aldiouma Sow, le pouvoir a choisi de fragiliser directement la légitimité du maire de la capitale, renvoyant l'édile à ses propres contradictions politiques.

« S'il y a vraiment quelqu'un qui doit se taire et raser les murs, c'est Abass Fall car il détient la palme du maire le plus mal élu de l'histoire politique du Sénégal », a vivement réagi le ministre-conseiller. Pour le camp présidentiel, le refus du maire de Dakar de participer aux réformes territoriales relève de l'obstruction systématique orchestrée pour le compte de ses alliés, plutôt que d'une réelle défense de l'intérêt des administrés.

Aldiouma Sow a rappelé les conditions de l’installation d’Abass Fall à la mairie de Dakar pour dénoncer les méthodes de l'appareil rival : « Ce ne sont pas les sièges de la salle de réunion du Petit Palais, jadis transformée en permanence politique malgré l'opposition des cadres que nous étions, qui vont me démentir. Cette salle, témoin des manœuvres politiciennes et machiavéliques ayant permis son imposition à la Ville de Dakar, parlera certainement sous peu et ce sera la fin de sa courte carrière politique ».

La ligne présidentielle reste inchangée : la structuration d'une base politique nationale pour la coalition « Diomaye Président » se fera sans concession, quitte à bousculer les équilibres municipaux actuels. « Enfin, Sa Malicounda doit comprendre que sa qualité de maire bien-aimé du messie ne lui donne nullement le droit de parader dans les médias pour masquer son inconséquence politique et son incompétence managériale », a conclu le ministre-conseiller, avant de marteler : « Évidemment son cirque politicien a trop duré et le Chef de l'État ne sera pas son bouc-émissaire ! »

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