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La défense crie à l’injustice après la confirmation des peines des 18 supporters sénégalais au Maroc
La cour d’appel marocaine a confirmé les condamnations des 18 supporters sénégalais. Une décision qui suscite une vive indignation du côté de la défense, dénonçant un procès entaché d’irrégularités et marqué, selon elle, par l’absence de preuves.
 
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1004094
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(SenePlus) - Le sort des 18 supporters sénégalais détenus au Maroc s’est encore assombri. La cour d’appel a confirmé les peines prononcées en première instance, malgré les contestations persistantes de leurs avocats, qui dénoncent une procédure qu’ils jugent profondément inéquitable.

Cette confirmation intervient dans un contexte déjà tendu, où le parquet de Rabat avait même requis un alourdissement des peines. Pour la défense, cette décision valide un jugement initial qu’elle considère comme fragile, voire entaché de nullité.

Au cœur des critiques : l’absence supposée de preuves solides pour étayer les accusations. Les avocats estiment que le dossier s’est vidé de sa substance au fil de la procédure, notamment en appel. 

Une plaidoirie sous haute tension

Dans un message publié sur Facebook, Me Patrick Kabou, avocat des supporters sénégalais, a livré un témoignage saisissant de l’ambiance ayant régné lors de l’audience. Il y décrit une plaidoirie marquée par de vives tensions avec le président de la cour.

L’avocat affirme avoir fondé son argumentaire sur « l’incohérence de l’accusation », dénonçant un glissement du droit pénal vers des considérations qu’il juge « non rigoureuses ». Selon lui, « la certitude de la décision de première instance est devenue une incertitude flagrante ».

Plus grave encore, il soutient que des éléments matériels essentiels, tels que des vidéos ou des photos, ne figureraient plus dans le dossier au stade de l’appel. « On va discuter de quoi alors ? […] pour nous, il s’agit de vies humaines privées de liberté », a-t-il insisté.

Bras de fer avec la cour

Le récit de Me Kabou met également en lumière un échange tendu avec le président de la juridiction. Invité à retirer certains propos jugés offensants, l’avocat a refusé catégoriquement, assumant pleinement ses déclarations.

La situation s’est davantage crispée lorsque la question de la langue de plaidoirie a été soulevée. Le magistrat a rappelé l’obligation de s’exprimer en arabe, conformément à la législation marocaine. Une exigence que l’avocat a perçue comme une entrave à sa défense, évoquant un changement des règles en cours de procédure.

Face à ce qu’il considère comme un manque d’équité, Me Kabou indique avoir demandé la consignation de ces incidents au plumitif, tout en annonçant que ses clients ne répondraient plus aux questions.

Au-delà des débats judiciaires, l’affaire met en lumière la situation délicate de ressortissants sénégalais confrontés à une procédure à l’étranger. Elle soulève également des interrogations sur les garanties d’un procès équitable et sur le rôle de l’assistance consulaire.

Pour les familles des détenus, cette décision de la cour d’appel représente un nouveau coup dur, prolongeant l’attente et l’incertitude. Du côté de la défense, la mobilisation reste de mise, avec l’espoir d’un éventuel recours ou d’une évolution du dossier.

Dans un contexte où les enjeux dépassent le strict cadre judiciaire, cette affaire continue de susciter émotion et débats, tant au Sénégal qu’au Maroc.

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