(SenePlus) - Le démantèlement d’un réseau de trafic international de médicaments illicites aux Almadies met en lumière l’ampleur du commerce clandestin de produits de santé au Sénégal. L’opération, menée par la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar, s’inscrit dans une dynamique de lutte renforcée contre des circuits parallèles qui exposent les populations à de graves risques sanitaires.
Selon les informations communiquées par la Police nationale, deux individus ont été interpellés dans le cadre de cette affaire. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, trafic international de produits médicaux par importation, exercice illégal de la profession de pharmacien et mise en danger de la vie d’autrui. Des infractions qui traduisent la structuration avancée de ce réseau et la gravité des faits reprochés.
L’enquête a débuté par l’interception d’un livreur pris en flagrant délit alors qu’il transportait un lot de médicaments jugés suspects. Lors de son audition, ce dernier a reconnu être conscient du caractère illicite des produits qu’il acheminait, tout en indiquant agir pour le compte d’une tierce personne, ouvrant ainsi la voie à des investigations plus approfondies.
Les recherches menées par les enquêteurs ont rapidement permis de remonter jusqu’à une suspecte localisée dans la cité Almadies 2. Présentée comme la principale responsable du réseau, elle a été interpellée dans son appartement, qui servait également de lieu de stockage et de distribution des produits incriminés.
La perquisition effectuée sur place a révélé l’existence d’un important stock de substances destinées à la vente clandestine. Les forces de l’ordre ont notamment saisi plus de 1 200 capsules de différentes formes et couleurs, ainsi que des dizaines de bouteilles contenant des sirops, des liquides non identifiés et des ampoules.
Outre ces produits, les enquêteurs ont découvert divers articles tels que des thés, des crèmes, des savons et des pots de produits communément appelés « Gomez ». À cela s’ajoutaient 300 étiquettes prêtes à être apposées, suggérant une volonté manifeste de tromper les consommateurs sur la nature et l’origine des substances commercialisées.
Un coffre contenant des fonds issus des ventes illicites a également été saisi, confirmant le caractère lucratif de cette activité. L’ensemble des éléments recueillis laisse apparaître une organisation structurée, reposant sur l’importation, le conditionnement et la distribution de produits aux compositions incertaines.
Lors de son audition, la principale mise en cause a reconnu importer ces substances depuis la Côte d’Ivoire. Elle a précisé que ces produits étaient destinés à des usages esthétiques ou corporels, notamment pour l’augmentation mammaire ou fessière, l’amaigrissement ou encore la prise de poids rapide, des promesses souvent recherchées mais rarement encadrées.
Face à cette situation, la Police nationale a tenu à rappeler les dangers liés à l’utilisation de médicaments en dehors des circuits médicaux autorisés. Elle souligne que ces produits peuvent provoquer des atteintes graves aux organes vitaux et mettre en péril la santé des consommateurs. Les deux suspects ont été placés en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de démanteler d’autres ramifications du réseau.