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L’Afrique à l’heure du sursaut
Entre exigence de souveraineté, impératif d’intégration et nécessité de refonder les mécanismes régionaux, leurs prises de parole esquissent une Afrique en quête de maîtrise de son destin.
 
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1004281
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Au cœur du Forum de Dakar consacré à la paix et à la sécurité, plusieurs chefs d’État africains ont livré des interventions qui traduisent une inflexion nette des discours politiques du continent. Entre exigence de souveraineté, impératif d’intégration et nécessité de refonder les mécanismes régionaux, leurs prises de parole esquissent une Afrique en quête de maîtrise de son destin. Derrière la diversité des approches se dessine une même volonté d’articuler sécurité, développement et gouvernance. Ces discours, à la fois lucides et volontaristes, interrogent les limites des dispositifs actuels tout en appelant à des réponses collectives renouvelées. Ils traduisent enfin une ambition partagée de replacer les populations au cœur des dynamiques politiques et économiques.

Bassirou Diomaye Faye :  L’Afrique face à l’exigence d’une souveraineté sécuritaire assumée

À l’occasion de la 10e édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, tenue au Centre de Conférence International Abdou Diouf de Diamniadio, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a développé une réflexion approfondie et engagée sur les menaces sécuritaires auxquels le continent africain est confronté, tout en appelant à une prise en charge souveraine et collective des réponses à y apporter.

Dès l’entame de son propos, le chef de l’État a tenu à souligner que l’Afrique ne saurait être considérée comme démunie face aux crises sécuritaires. « Des progrès notables ont été enregistrés dans la prévention des conflits et dans le maintien de la paix », a-t-il souligné, mettant en exergue les dispositifs de sécurité mises en place à l’échelle régionale et continentale. Selon lui, l’Union africaine ainsi que les communautés économiques régionales, notamment la CEDEAO, ont attesté d’une réelle capacité d’intervention à travers le déploiement de forces de maintien de la paix.

Toutefois, ces mécanismes présentent encore des insuffisances qui entravent l’efficacité. L’imprécision des mandats, l’incertitude des financements, la faiblesse des moyens opérationnels limitées, ainsi que le décalage entre les orientations et les réalités du terrain sont autant d’obstacles qui appellent des réformes urgentes. « Il est impératif de réorienter nos réponses collectives pour les rendre plus agiles, plus efficaces et davantage ancrées dans les besoins des populations », a insisté le président.

Dans un contexte international marqué par de profondes recompositions géopolitiques, Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour une Afrique actrice de son destin. « Notre continent ne doit plus être un simple terrain de rivalités entre grandes puissances », a-t-il déclaré, appelant à une affirmation claire de la souveraineté africaine. « Nous ne devons plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs, ni que nos priorités soient dictées par des intérêts étrangers. »

Cette réflexion s’est élargie à une conception plus globale de la souveraineté intégrant ses dimensions économique et numérique. Pour lui, la véritable richesse du continent réside moins dans l’abondance de ses ressources naturelles, que dans sa capacité à en assurer une gouvernance efficace et équitable. « Du pétrole à l’uranium, nos ressources doivent cesser d’alimenter uniquement les industries étrangères. Elles doivent être transformées localement et valorisées à un prix juste », a-t-il affirmé.

Sans renoncer à cet objectif d’autonomie, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que les menaces sécuritaires exigent une réponse collective, fondée sur la solidarité des Etats. Il a évoqué les réalités humaines qui sous-tendent les statistiques, en mentionnant les enfants privés d’éducation dans le Sahel, les femmes déplacées dans la région du lac Tchad, ou encore les jeunes enrôlés par des réseaux criminels faute de perspectives.

Face à ces défis, le président Faye a proposé une série de priorités qui reposent sur le renforcement des mécanismes de prévention et d’alerte précoce, l’opérationnalisation des forces africaines en attente, l’intensification de la coopération régionale contre le terrorisme, l’investissement dans la jeunesse par l’éducation et l’emploi, une meilleure gouvernance des ressources naturelles et l’accélération de l’intégration économique du continent, notamment via les mécanismes existants comme la ZLECAF et l’Agenda 2063. « La paix et la sécurité sont indissociables du développement », a-t-il martelé, soulignant que la lutte contre la pauvreté et les inégalités constituent un levier essentiel pour prévenir les conflits. Il a ainsi plaidé pour une approche combinant réponses sécuritaires et programmes de développement. Pour finir, Bassirou Diomaye Faye a appelé à renforcer l’intégration africaine et à faire entendre la voix du continent sur la scène internationale. « Unis et confiants en nous-mêmes, nous pouvons passer d’une posture de vulnérabilité à celle de puissance économique », a-t-il déclaré.

C’est à travers cette note d’espoir et d’engagement qu’il a officiellement ouvert la 10e édition du Forum de Dakar, qu’il a qualifiée de « forum de la maturité et du passage à l’action », invitant les participants à formuler des réponses concrètes aux défis sécuritaires du continent. 

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