(SenePlus) - Depuis l'adoption en mars d'une loi doublant les peines de prison pour homosexualité, l'association française Stop Homophobie croule sous les demandes d'aide. Une cinquantaine de dossiers de demande de visa humanitaire ont été transmis aux autorités françaises.
Le durcissement législatif adopté le 11 mars par le Parlement sénégalais a déclenché un exode désespéré. La nouvelle loi porte les peines pour relations entre personnes de même sexe de un-cinq ans à cinq-dix ans de prison. En deux mois, l'association française Stop Homophobie a reçu plus de 3000 appels de Sénégalais cherchant à quitter leur pays, révèle une enquête de Mustapha Kessous publiée dans Le Monde.
Une permanence téléphonique hebdomadaire mobilise chaque mercredi soir six bénévoles qui répondent en français et en wolof jusqu'à tard dans la nuit. Les demandes portent principalement sur l'obtention de l'asile en France, au Maroc ou en Gambie. Plus d'une centaine de personnes ont été arrêtées en quelques semaines, certaines avant même l'entrée en vigueur de la loi, rapporte le quotidien français.
L'association a constitué une cinquantaine de dossiers comprenant récits détaillés, photos et certificats médicaux. Quarante ont été envoyés au ministère français des Affaires étrangères et à l'ambassade de France à Dakar dans l'espoir d'obtenir des visas humanitaires, selon Terrence Khatchadourian, secrétaire général cité par Le Monde.
Les témoignages consultés par le journal révèlent des situations extrêmes : mariages forcés, menaces d'internement psychiatrique, étudiants agressés à la sortie des universités, locataires expulsés après des dénonciations. Les forces de l'ordre exploitent les répertoires téléphoniques des personnes arrêtées pour identifier d'autres suspects, alimentant une spirale de délations.
L'association propose également un soutien psychologique à distance et facilite l'accès aux traitements contre le VIH pour ceux qui se cachent au Sénégal. Les réponses aux demandes de visas humanitaires sont attendues.