(SenePlus) - Le ministre burundais des Affaires étrangères Édouard Bisimana a réaffirmé jeudi le soutien de Bujumbura à la candidature de l'ancien président sénégalais au poste de secrétaire général de l'ONU, balayant les critiques du Rwanda et les réticences de plusieurs capitales africaines. L'élection est prévue en septembre 2026.
Interrogé par France 24 depuis Gitega, la capitale politique du Burundi, Édouard Bisimana a défendu la position de son pays face aux accusations rwandaises de violation des procédures de l'Union africaine dans le dossier Macky Sall. "Le poste, c'est un poste auquel on accède par élection. Macky Sall est en compétition, c'est un fils du continent", a déclaré le chef de la diplomatie burundaise.
Le soutien burundais à l'ancien chef d'État sénégalais constitue l'une des pommes de discorde entre Bujumbura et Kigali. Le Rwanda reproche au Burundi d'avoir contourné les règles internes de l'organisation panafricaine en parrainant cette candidature. Une vingtaine d'États membres, dont le Sénégal lui-même, ont refusé d'apporter leur soutien à Macky Sall.
Face à ce manque d'unanimité, le ministre Bisimana a adopté un ton mesuré : "S'il est élu, c'est un candidat pour l'Afrique et s'il n'est pas élu, c'est le meilleur qui aura gagné. Donc pour nous, il n'y a pas de problème", a-t-il affirmé sur France 24. Le ministre a également indiqué que "la position de certains pays a changé par rapport à sa candidature", sans préciser lesquels.
Édouard Bisimana a rappelé que Macky Sall dispose "des capacités" nécessaires pour briguer le poste de secrétaire général des Nations unies et que l'échéance approche : "Septembre n'est pas loin. On attend de voir ce que les gens qui vont élire, le conseil de sécurité, va décider", a conclu le ministre burundais.
Le président burundais Évariste Ndayishimiye, actuellement président en exercice de l'Union africaine, a parrainé la candidature de l'ancien dirigeant sénégalais, cristallisant les tensions avec Kigali sur fond de rivalités diplomatiques régionales.