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Le couperet de la nouvelle loi anti-LGBT tombe
Arrêté en flagrant délit, un ouvrier de 24 ans vient d'écoper de six ans de prison ferme au tribunal de Pikine-Guédiawaye
 
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1004058
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(SenePlus) - La nouvelle machine répressive vient de faire sa première victime judiciaire. Vendredi 10 avril, le tribunal de Pikine-Guédiawaye, en banlieue dakaroise, a condamné un ouvrier de 24 ans, « surpris en flagrant délit », à une peine de six ans d'emprisonnement ferme assortie de deux millions de francs CFA d'amende. Comme le souligne Juliette Dubois, correspondante à Dakar pour RFI, dans son reportage diffusé ce lundi 13 avril, ce jeune homme devient officiellement le « premier condamné sous la nouvelle législation ».

Cette décision de justice découle directement du nouveau texte pénal adopté le 11 mars par une écrasante majorité de députés (135 sur 165). Promulguée à la fin du mois de mars par le président Bassirou Diomaye Faye, cette loi durcit considérablement la traque des minorités sexuelles. Elle fait passer la peine maximale encourue de cinq à dix ans de prison et érige désormais en crime toute forme de « promotion » de l'homosexualité.

Dans son article, la journaliste de RFI rappelle que cette promulgation présidentielle a été actée en dépit des vives protestations et des appels au renoncement formulés par des organisations de défense des droits humains, telles qu'Amnesty International et Human Rights Watch.

Climat de terreur et ruée vers l'exil

Le jugement de Pikine n'est que la face émergée d'une « répression intense ». D'après les informations de RFI, les forces de l'ordre procèdent à des interpellations quasi quotidiennes depuis le mois de février, totalisant déjà une soixantaine d'arrestations. Les méthodes employées incluent des dénonciations ciblées et des fouilles de téléphones portables. Plus grave encore, l'anonymat des suspects n'est pas préservé : leurs noms sont jetés en pâture sur la place publique, ce qui les expose à des violences physiques, tandis que d'autres se voient accablés par des accusations de « transmission volontaire du VIH ».

Face à cette offensive judiciaire et policière, où plusieurs prévenus ont récemment été placés sous mandat de dépôt, la panique s'installe. De nombreuses personnes homosexuelles cherchent désespérément à quitter le territoire sénégalais. L'association STOP Homophobie, basée en France, fait état de près de 200 demandes d'assistance reçues en à peine quelques semaines. Un afflux constant auquel le directeur de l'ONG avoue ne plus pouvoir faire face, d'autant que les procédures d'asile restent « longues et incertaines », et ce, bien que les autorités françaises considèrent le Sénégal comme un pays à risque pour la communauté LGBT+ depuis 2021.

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