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Le duel qui étouffe l’opposition
Entre la vente de cartes de membre, les campagnes de massification, les démissions de cadres de premier plan de Pastef et les ralliements successifs à la mouvance présidentielle, ces sujets dominent depuis plusieurs semaines le débat politique au Sénégal.
 
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Entre la vente de cartes de membre, les campagnes de massification, les démissions de cadres de premier plan de Pastef et les ralliements successifs à la mouvance présidentielle, ces sujets dominent depuis plusieurs semaines le débat politique au Sénégal. Cette confrontation médiatique relègue, dans une large mesure, les partis de l'opposition au second plan de l'actualité politique, à quelques rares exceptions.

Depuis plusieurs semaines, la scène politique est rythmée par une véritable bataille de communication entre deux camps. Cette confrontation s'est accentuée à la suite de la rupture entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et sa formation politique, dirigée par l'actuel président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Cette rivalité monopolise désormais l'essentiel de l'espace médiatique et relègue de facto les partis de l'opposition à la périphérie du débat politique, à quelques mois des prochaines échéances législatives et locales. D'un côté, le Pastef, sous la conduite de Ousmane Sonko, poursuit activement sa campagne de vente de cartes de membre, lancée au début du mois de juillet après la fusion dans ses rangs de plusieurs mouvements et partis politiques, parmi le Grand Parti de Malick Gakou. Cette opération occupe le devant de la scène politique depuis plusieurs semaines, notamment avec les déplacements de son président, dont ceux effectués récemment à Pikine, dans la banlieue dakaroise ainsi qu’à Touba. Les résultats enregistrés à l'issue de chaque opération de vente sont largement relayés par les médias et sur les réseaux sociaux, renforçant ainsi la visibilité du parti sur l'échiquier politique.

De l'autre côté, la mouvance présidentielle regroupée au sein de la coalition Diomaye Président affiche un activisme soutenu. Depuis que le président de la République en a confié sa coordination à Mme Aminata Touré, cette coalition multiplie les initiatives et renforce sa présence sur le terrain politique. Depuis le lancement de sa campagne de massification, la coalition a enregistré plusieurs ralliements de partis et de mouvements politiques. La réception par le président Bassirou Diomaye Faye de 306 maires venus des 14 régions du pays en constitue une illustration. C'est d'ailleurs en marge de cette rencontre que le chef de l'État a évoqué la possibilité de créer un nouveau parti politique.

Alors que son lancement, initialement prévu le 8 août prochain, a été reporté sine die, la mouvance présidentielle entend maintenir sa dynamique de communication. Elle annonce la tenue d'un congrès constitutif le samedi 25 juillet sur l'esplanade de l’hôtel King Fahd, au cours duquel sera officiellement lancé le nouveau parti du président Bassirou Diomaye Faye et dévoilée son appellation.

Parallèlement, les vagues de démissions de plusieurs cadres et responsables de premier plan de Pastef, qui rejoignent dans la foulée la mouvance présidentielle, continuent d'alimenter l'actualité politique et de nourrir la rivalité entre les deux camps.

Si cette dynamique profite manifestement aux deux protagonistes en matière de visibilité, elle semble en revanche cantonner les partis de l'opposition à un rôle de simples spectateurs de la recomposition politique en cours. Depuis plusieurs semaines, leurs prises de position peinent à trouver un écho dans l’espace public, largement accaparé par l’affrontement entre Pastef et la mouvance présidentielle.

Faute d'une initiative politique susceptible d'imposer leur agenda, la plupart de ces formations apparaissent davantage comme des observateurs que comme des acteurs de la séquence politique. Quelques figures s'efforcent néanmoins d'occuper le terrain, à l'image de l'ancien maire de Dakar, Barthélémy Dias, qui poursuit ses tournées et ses visites de proximité. En dépit de cette activité, ces initiatives bénéficient d'une couverture médiatique limitée et peinent à rivaliser avec l'intensité de la confrontation qui domine aujourd'hui le débat politique. 

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