(SenePlus) - Les tractations financières entre Dakar et les institutions de Bretton Woods se poursuivent activement à Washington. Selon une dépêche publiée ce jeudi 16 avril par l'agence de presse Reuters, le Fonds monétaire international (FMI) a fait état d'échanges fructueux avec la délégation sénégalaise concernant un éventuel nouveau programme de prêts. Toutefois, l'institution prévient qu'un délai supplémentaire et des analyses approfondies demeurent indispensables pour gérer le surendettement massif du pays.
Le dossier sénégalais est l'un des sujets brûlants des réunions de printemps du FMI qui se tiennent cette semaine dans la capitale américaine. La méfiance des bailleurs de fonds remonte à 2024, date à laquelle la mise au jour d'un endettement occulte – désormais chiffré à 13 milliards de dollars – avait contraint l'organisation à geler brutalement un programme d'assistance financière de 1,8 milliard de dollars. Depuis cette suspension, le gouvernement sénégalais bataille pour restaurer la confiance et négocier une nouvelle ligne de crédit, souligne l'agence de presse.
Si le dialogue est aujourd'hui qualifié de positif, Washington refuse de précipiter la signature d'un accord. Lors d'un point presse organisé ce jeudi, Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI, a détaillé la philosophie de l'institution face à cette crise. Cité par Reuters, le haut responsable financier explique : « Nous voulions prendre le temps et accorder au gouvernement le délai nécessaire pour élaborer une stratégie de programme qui soit crédible, finançable et qui évite une austérité excessive pour la population sénégalaise. »
Le FMI renvoie ainsi la balle dans le camp de l'exécutif sénégalais, appelé à bâtir lui-même son propre plan de sauvetage budgétaire. Une élaboration qui nécessite de la patience et de la rigueur, comme l'a martelé Abebe Selassie : « Ces discussions exigent de la réflexion, beaucoup de délibérations et, avant tout, c'est au gouvernement de les concevoir. » En clair, si la porte de Washington reste ouverte, les fonds ne seront débloqués que sur la base d'une feuille de route souveraine, réaliste et socialement soutenable.