Le frère du président de la République récuse les accusations de gestion familiale du pouvoir. Invité de l’émission Point de vue de la Rts, hier, Aliou Sall ne se voit pas en Karim Wade. Mais celui qui dit avoir des compétences est prêt à occuper toutes les fonctions publiques à l’exception de celle de président de la République. Sur les Locales de 2014, il avoue que le maire de Dakar, Khalifa Sall, n’est pas un petit candidat.
Aliou Sall sort de sa réserve. Invité, hier, de l’émission Point de vue de la Rts, le frère du Président a répondu à ceux qui lui prêtent un destin semblable à celui de Karim Wade qui a occupé plusieurs postes sous le régime de son père, Abdoulaye Wade. L’ex-leader de Air Macky, «mouvement citoyen» qu’il a dissous dans l’Alliance pour la République (Apr), parti de Macky Sall, dit, non sans défier ses détracteurs : «Personne ne peut dire que j’encombre le couloir du Palais ou le bureau d’un ministre, que j’influence les décisions du Président. Il n’y a aucun risque de voir en moi Karim Wade. Macky Sall n’est pas Abdoulaye Wade ; Aliou Sall n’est pas Karim Wade.» Mais, avertit-il, s’il y a des gens qui comparent le cas du fils de l’ancien Président au sien «pour (le) décourager, c’est peine perdue».
Parce qu’il est «un cadre de ce pays», qu’il «aime», et parce qu’il a «les formations qu’il faut». Aliou Sall dit «être en mesure et, franchement, avoir l’envie d’occuper n’importe quel poste public, sauf celui de président de la République». Il ne se voit pas dans cette veste, «même en rêve» et «n’est pas président de la République qui veut».
Mairie de Dakar : «Khalifa Sall ne sera pas facile à battre»
Si Mbaye Ndiaye fait de la mairie de Dakar une obsession pour le parti présidentiel, Aliou Sall, lui, veut faire preuve de «réalisme» politique. «Khalifa Sall n’est pas un petit candidat et ne sera pas facile à battre», reconnaît-il. Avant d’ajouter : «L’Apr devrait présenter un candidat, mais cela veut dire qu’il faut se donner les moyens politiques pour conquérir la mairie de Dakar.» Il croit, en tout cas, que l’Apr devra s’atteler à s’assurer la victoire aux prochaines Locales parce que «c’est tout à fait réalisable». Le frère du Président se dit convaincu que «ce sera périlleux, si on se pose comme objectif unique d’aller ensemble aux élections locales. Je pense qu’il vaut mieux (y) aller seul et faire peut-être des coalitions locales entre partis politiques». Même s’il est d’avis que les ressorts d’une élection locale «ne sont pas les mêmes» que ceux d’une élection présidentielle, M. Sall croit savoir que le fait d’avoir le président de la République comme chef de parti «donne du poids» à l’Apr.
Militantisme : «Fatick, c’est gagner d’avance ; je préfère la banlieue de Dakar»
Il était attendu, comme d’ailleurs l’a fait son frère, Macky Sall, pour faire de son Fatick natal, son fief naturel. Mais Aliou Sall préfère la banlieue. «Logiquement et très facilement, je devais aller militer à Fatick, mais très franchement, je ne vois pas aujourd’hui, à Fatick, de grands enjeux. C’est gagner d’avance», a-t-il dit. Il a un rêve pour la périphérie de Dakar, un grenier électoral et décisif dans toutes les élections. Il poursuit : «J’ai une vraie passion pour la banlieue de Dakar où je milite déjà, mais je ne me fixe pas de date ; je ne me fixe pas d’objectifs pour les Locales non plus. Mon militantisme doit être économique et durable.»