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Le gouvernement désavoue Serigne Guèye Diop sur la dette
Le ministère des Finances a sèchement réagi aux propos du ministre de l'Industrie, qui théorisait ouvertement une restructuration de la dette nationale, qualifiant cette sortie d'« opinion personnelle »
 
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1005943
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(SenePlus) - Le ministère de l'Économie, des Finances et du Plan a publié ce mardi 23 juin 2026 un communiqué de presse pour désavouer publiquement les déclarations de son collègue de l'Industrie et du Commerce sur la restructuration de la dette. Une mise au point rare, qui révèle une fracture au sein même de l'exécutif.

Dans ce texte, le MEFP indique avoir « pris connaissance » d'un article de presse relayant des propos tenus par le ministre de l'Industrie et du Commerce lors d'une émission télévisée. Le ministère est catégorique : ces déclarations constituent une « opinion personnelle » qui « ne reflète aucunement la position officielle de l'État du Sénégal ».

Le MEFP rappelle également qu'il « demeure le canal officiel de communication sur tout sujet relatif aux finances publiques et aux relations avec les partenaires financiers internationaux ». 

Pour comprendre la réaction du MEFP, il faut revenir aux propos tenus par Serigne Guèye Diop dans l'émission Point de Vue dimanche 21 juin sur la RTS. Le ministre avait assumé sans ambages l'option d'une restructuration de la dette, usant d'une métaphore bancaire volontairement simple : si un emprunteur ne peut plus tenir le rythme de ses remboursements, il retourne à sa banque pour étaler les échéances. De quoi libérer ainsi des ressources pour investir dans l'agriculture ou l'éducation.

Il avait également mis en avant le rôle du FMI comme levier stratégique : un accord avec l'institution permettrait d'accéder à des financements à taux concessionnels — contre environ 6 % actuellement sur le marché régional — et de débloquer des investisseurs étrangers qui conditionnent leur venue à un tel signal. Il avait cité des investisseurs japonais, chinois et allemands rencontrés à Washington. Sur les éventuelles conditions imposées par le FMI, il s'était voulu pragmatique : « si elles sont raisonnables, il n'y a aucune raison de ne pas le faire », tout en précisant que c'est le Sénégal qui choisirait in fine les termes, et non le FMI.

Au-delà du recadrage politique, le communiqué du MEFP vise à rassurer les marchés. Le ministère réaffirme que « l'État du Sénégal reste pleinement engagé dans le respect de l'ensemble de ses obligations financières et dans l'exécution régulière de ses engagements » vis-à-vis de ses créanciers, de ses partenaires techniques et financiers, ainsi que des investisseurs.

Un signal clair envoyé en pleine période de négociations avec le FMI, dans un contexte où la soutenabilité de la dette sénégalaise fait l'objet d'un débat public de plus en plus vif.

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